La deeptech française à la conquête de l'Amérique (2/3)

Quelque 14 start-up innovantes françaises ont été sélectionnées dans le cadre du programme Deeptech North America – NETVA. Leur objectif lors d'un séjour d'une semaine, au printemps prochain, aux Etats-Unis ? Explorer les opportunités de développement sur place. SurgAR et VeriQloud font partie de l'aventure.

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Nicolas Bourdel, chirurgien gynécologue et co-fondateur de SurgAR.
Nicolas Bourdel, chirurgien gynécologue et co-fondateur de SurgAR. (Crédits : DR)

Les dirigeants de 14 start-up françaises sélectionnées dans le cadre du programme Deeptech North America - NETVA, lancé en 2010 et porté par le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, s'embarqueront pour les Etats-Unis au printemps 2021. Et d'entrée de jeu, les lauréats du concours i-Lab ont eu un avantage. En effet, ce label d'excellence leur a permis d'être présélectionnés d'office, grâce à la passerelle établie entre le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères et celui de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, qui porte le concours i-Lab. C'est ainsi le cas du professeur Nicolas Bourdel, chirurgien gynécologue et co-fondateur, en octobre 2019, de SurgAR, lauréat du concours i-Lab la même année, et de Marc Kaplan, co-fondateur de VeriQloud, en 2017, et lauréat du concours i-Lab 2019.

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Quelle que soit leur spécialité - SurgAR propose des logiciels de réalité augmentée en chirurgie cœlioscopique, VeriQloud des logiciels pour la future informatique quantique, ces deux start-up et les autres comptent sur les spécialistes, à l'ambassade de France ou dans les consulats, pour les aider à aborder le marché américain.

Accéder aux Gafa pour SurgAR

« Nous travaillons sur l'être humain, relève d'emblée Nicolas Bourdel, en expliquant comment le logiciel de réalité augmentée conçu par SurgAR permet d'ajouter les données de l'imagerie pré-opératoire à la vue du chirurgien en temps réel, et d'accroître ainsi l'efficacité des procédures chirurgicales. Cela ne peut pas se limiter à un seul pays... ». S'il a travaillé à l'hôpital de l'université Johns-Hopkins, sur la côte Est, il a l'intention d'explorer l'énorme marché de la santé américain par la côte Ouest, dans la région de San Francisco. Car outre les hôpitaux, il souhaite avoir accès, via NETVA, à tout ce qui touche à la computer vision et à l'intelligence artificielle, deux domaines de prédilection des Gafa. « Pourquoi ne pas tenter de rencontrer Elon Musk, voire Bill Gates ? », dit-il.

Après tout, la technique qu'il a mise au point avec Adrien Bartoli, professeur de sciences de l'informatique à l'université de Clermont Auvergne et responsable du laboratoire de recherche EnCov UCA/CNRS (laboratoire d'endoscopie et de vision assistée par ordinateur) est unique au monde sur les organes les plus profonds ! Avec la création de SurgAR, son ambition est de rendre disponible une innovation de rupture pour le plus grand nombre de chirurgiens, partout dans le monde, afin notamment de réduire le fossé entre les super-experts et les autres. Lancer une start-up était donc une évidence, comme l'est l'expansion internationale. Et bien sûr, puisque SurgAr a la ferme intention de se déployer aux Etats-Unis, Nicolas Bourdel compte aussi sur le programme NETVA pour se familiariser avec la chaîne du dispositif médical sur place et rencontrer des spécialistes de la propriété intellectuelle, des brevets et du parcours qui mène aux agréments et aux certifications de la Food and Drug Administration. « Et nous avons aussi besoin de nous frotter aux investisseurs américains », ajoute-t-il.

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D'autant que SurgAR a l'intention, en intégrant davantage de machine learning à ses logiciels, de doter, dès 2025, les chirurgiens d'outils encore plus performants. « Dans dix ans, nous voulons être le leader mondial dans notre domaine », déclare tranquillement Nicolas Bourdel.

Comprendre la stratégie américaine dans le quantique pour VeriQloud

Quant à Marc Kaplan, co-fondateur de VeriQloud avec Elham Kashefi (directrice de recherche au CNRS, Sorbonne Université et université d'Edimbourg) et Joshua Nunn, de l'université de Bath (Royaume-Uni), il s'établira pendant une semaine à Washington grâce à NETVA

Le but principal de la start-up parisienne est d'en savoir plus sur le plan stratégique de développement d'un réseau informatique quantique, publié en février dernier par la Maison Blanche. « Nous voulons pouvoir entrer en relation avec les agences fédérales ainsi qu'avec des laboratoires, comme le NIST (National Institute of Standards and Technology) et la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency), notamment », explique-t-il.

Et Marc Kaplan compte bien sur l'attaché science et technologie de l'ambassade de France pour lui ouvrir les portes et lui faire rencontrer également d'autres parties prenantes, des opérateurs potentiels aux utilisateurs finaux. Il a de bons arguments : VeriQloud a en effet adopté une approche à forte valeur ajoutée, qui consistera à développer des applications pour de nouveaux usages des réseaux de communication quantique, notamment dans la cybersécurité.

Certes, l'avènement de l'informatique quantique et de l'Internet du même nom n'est prévu que pour les années 2050, « mais nous avons l'ambition de devenir leader du monde quantique, et ce, à l'échelle de la planète », déclare Marc Kaplan. Dans ces conditions, les Etats-Unis, avec la Chine, acteur de poids dans le domaine, sont des destinations incontournables... Déjà, VeriQloud fait partie d'un projet européen, la Quantum Internet Alliance, et travaille avec Airbus à une étude de faisabilité portant sur un réseau de communication quantique Européen. L'Internet quantique, auquel VeriQloud entend bien participer à l'avenir, prend forme dès aujourd'hui.

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