La deeptech française à la conquête de l'Amérique (3/3)

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Alexandre Guenoun et Romain Serres, co-fondateurs de la start-up Byond, récemment rebaptisée Kiro.
Alexandre Guenoun et Romain Serres, co-fondateurs de la start-up Byond, récemment rebaptisée Kiro. (Crédits : DR)
Dans le cadre du programme Deeptech North America – NETVA, 14 start-up innovantes françaises exploreront au printemps prochain les opportunités de développement aux États-Unis. C'est ainsi le cas d'Alexandre Guenoun, co-fondateur de Kiro (ex-Byond), déjà lauréat du concours i-Lab. L'entrepreneur dévoile ses ambitions américaines.

Ce sera au printemps prochain ! Crise sanitaire oblige, le séjour d'une semaine, à l'automne 2020, dans le cadre du programme Deeptech North America - NETVA, lancé en 2010 et porté par le Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, a dû être reporté au printemps 2021. Mais les 14 start-up sélectionnées* n'auront que plus de temps pour se préparer... Alexandre Guenoun, qui a co-fondé, en mai 2019, avec Romain Serres, la start-up Byond, récemment rebaptisée Kiro, sera du voyage. Lauréat du concours d'innovation i-Lab 2019, il a, à ce titre, bénéficié d'une présélection au programme NETVA, grâce à la passerelle entre le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères et celui de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, qui porte i-Lab.

Reste que si la start-up a ensuite été retenue, ce n'est pas par hasard. Les experts de NETVA ont été convaincus par son potentiel. Kiro développe des solutions d'intelligence artificielle pour la biologie médicale. Le grand marché américain de la santé ne peut être qu'une terre de conquête...
« Nombre de start-uppers caressent le rêve américain, mais nous savons que le marché est complexe, d'autant que la santé a un coût élevé aux Etats-Unis, tempère d'entrée de jeu Alexandre Guenoun. Nous sommes cependant décidés à faire aboutir nos ambitions sur place ».

Donner des « super-pouvoirs » aux praticiens

La première ambition qui a guidé Alexandre Guenoun, CEO de Kiro, diplômé de l'ESSEC (avec une spécialité en data science et en stratégie) et de l'université de Berkeley (où il y a mûri son projet de start-up) et Romain Serres, CTO, diplômé de l'École National Supérieure d'Arts et Métiers et de l'université Columbia (New York), c'est « la volonté d'améliorer l'expérience du parcours de soin en fournissant des informations plus pertinentes aux médecins et plus compréhensibles aux patients », déclare Alexandre Guenoun. En partant du constat que la biologie est essentielle dans le diagnostic. « Nous voulons, en ajoutant de l'intelligence artificielle aux analyses, accompagner les professionnels de santé dans l'utilisation et l'interprétation des examens », poursuit-il. Références scientifiques, graphiques interactifs, algorithmes d'aide à la décision, plateforme de résultats : l'outils développé par Kiro « n'est pas là pour décider du diagnostic, mais pour aider les utilisateurs et améliorer les interactions », prévient cependant le jeune entrepreneur.

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Le praticien sera certes toujours celui qui décidera, in fine, de la marche à suivre, mais pourquoi ne pas lui faire gagner du temps en lui donnant, comme Alexandre Guenoun aime à le dire, « des super pouvoirs » ? Autrement dit, en fournissant les bonnes informations, de façon fluide et intelligible rapidement, l'outil développé par les experts de Kiro permet au praticien de détecter tous les signaux, même les signaux faibles, pour établir son diagnostic et agir vite en conséquence. Quant aux patients, eux aussi ont besoin, pour véritablement s'approprier leur traitement, de mieux comprendre les résultats de leurs analyses. La guérison passe aussi par cela...

Quant au développement de Kiro, il passe par la France et l'Europe, évidemment, mais aussi par les Etats-Unis. « Et ce n'est pas parce que nous avons fait une partie de nos études là-bas que nous savons tout du système de soins américain et de l'écosystème start-up. C'est un atout indéniable certes, mais tout évolue aussi très vite », relève le CEO. Il compte donc sur les experts liés à NETVA sur place pour l'accompagner à mieux appréhender ce paysage. C'est à Boston, fief de la biotech, qu'il posera ses valises pendant une semaine au printemps prochain. Il souhaite y rencontrer des start-up - des jeunes pousses françaises, par exemple - pour partager leurs expériences, sur la création d'une filiale et le parcours réglementaire, et des entreprises locales, évidemment. Et bien sûr, Alexandre Guenoun cherchera à rencontrer des praticiens, dans les laboratoires et les hôpitaux de la région. Coopération, partenariats, « et pourquoi pas, discussions avec des investisseurs potentiels », sont à son programme. « Tous les acteurs qui voudront faire avancer les choses avec nous seront les bienvenus », dit-il. Et il a des arguments de poids pour les séduire, puisque l'outil développé par la start-up française dispose d'atouts uniques ! « Il existe sans doute d'autres idées qui lui ressemblent ou des solutions qui pourraient être complémentaires, et c'est une excellente chose ! Mais nos objectifs sont clairs : nous avançons vite et voulons être les premiers à accomplir cette vision pour mettre notre produit à disposition des utilisateurs », assure-t-il. Il attend d'échanger et de partager avec ses interlocuteurs outre-Atlantique avec impatience.

Entre temps, Kiro poursuit sa route. Nouveaux développements, embauches, deuxième levée de fonds : la start-up, qui veut être leader dans son domaine, celui de la biologie personnalisée, à horizon 2025-2030, fourbit ses armes pour partir à la conquête du marché - où qu'il soit.

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