Europe : vers la fin de l'obsolescence programmée ?

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Un homme utilisant un smartphone passe devant un mur de magasin électronique décoré d'anciens téléphones cellulaires.
Un homme utilisant un smartphone passe devant un mur de magasin électronique décoré d'anciens téléphones cellulaires. (Crédits : REUTERS/Kim Kyung-Hoon)
Un rapport, visant à allonger la durée de vie des appareils électroniques, vient d'être adopté par le Parlement européen. Une première étape législative qui semble importante, aussi bien pour les consommateurs que pour les industriels.

Et si nos tablettes, smartphones et ordinateurs vivaient plus longtemps ? Le Parlement européen a adopté mardi 4 juillet à une immense majorité (662 voix pour, 32 voix contre) un rapport d'initiative sur l'obsolescence programmée de nos outils intelligents. Les députés se sont intéressés pour la première fois à cette pratique industrielle qui vise à diminuer le temps de vie de nos télévisions, ordinateurs, réfrigérateurs ou encore smartphones, nous forçant ainsi à multiplier les achats.

Plus de prévention, moins de sanctions

Une semaine jour pour jour avant l'adoption du texte, Greenpeace publiait un rapport sur la réparabilité des appareils informatiques. L'association notait les cinquante produits les plus vendus ces deux dernières années, selon des critères basés sur la réparabilité de l'appareil, et constatait que la majorité d'entre eux contenait des composants irréparables. L'ONG pointait particulièrement du doigt l'absence de guides de réparation sur les sites constructeurs, favorisant presque toujours leurs services-clients.

Et si, depuis juillet 2015, l'obsolescence programmée est considérée comme un délit en France par la loi dite Hamon, le texte, qui a vocation à renforcer le droit des consommateurs, n'a jamais été utilisé à l'encontre des fabricants. Selon Pascal Durand, vice-président du groupe Europe Ecologie-Les Verts (EELV) au Parlement et auteur du rapport, l'origine de cette inefficacité réside dans la conception de la loi, visant "un élément marginal : l'obsolescence intentionnelle, c'est-à-dire le sabotage volontaire d'un appareil, ce qui reste assez rare".

L'ancien avocat milite lui pour une prévention plus contraignante. Il développe dans son rapport plusieurs mesures novatrices, comme le fait d'indiquer la durée de vie du produit à l'achat, ou l'introduction d'un "label réparabilité", qui soutiendrait les entreprises permettant la réparation des pièces détachées plutôt que l'échange intégral de l'appareil. Il souligne également le fait que les producteurs gagneraient la confiance des utilisateurs en favorisant cette transparence. Tout cela dans un souci d'économie d'énergie et de lutte contre "l'e-Gaspi".

Des produits et des hommes

L'eurodéputé s'est montré plutôt optimiste quant à l'adoption de ce rapport. "Il existe aujourd'hui un consensus sur ce sujet qui dépasse largement le périmètre écologiste", estime-t-il. En effet, la question de l'obsolescence programmée est désormais loin de se limiter au seul problème environnemental : l'adoption du texte pourrait ouvrir des pistes de réflexion autour de sujets bien plus larges. La Direction générale pour l'environnement de la Commission européenne a déjà déclaré que ce rapport "alimenterait les réflexions pour la préparation d'un paquet législatif consacré à l'économie circulaire pour la fin d'année 2017". De quoi faire vivre pendant longtemps nos indispensables outils.

> Lire aussi : L'économie circulaire, une solution à l'obsolescence programmée?

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Commentaires
a écrit le 09/07/2017 à 21:40 :
Si un appareil n'a plus de batterie disponible sur le marché (mon GSM Siemens a duré 9 ans puis a été noyé par un gros orage en montagne, j'avais remplacé la batterie une fois), son avenir est compromis. Même soudée, le SAV ne peut que remplacer si ça existe encore. Ils diront que le stock est réduit parce que le client préfère du nouveau donc ne garde les appareils que deux ans, et que trop de stock serait inutile (cercle vicieux mis en place : pas de batterie -> déchet & achat éventuel).
Mon imprimante HP LaserJet 5L a 20 ans, et j'ai encore réussi à trouver une cartouche de toner HP, ouf (6-7 ans d'usage en vue). Sais pas si les nouvelles sont aussi solides (à part un problème d'introduction du papier, il faut l'aider, mais vu son age.......).
Quand le marché propose une évolution, c'est pour créer le besoin, et remplacer du "pas encore obsolète" par du "tout moderne" en attendant la future version encore plus moderne, rapide, jolie, (chère donc indispensable)....
a écrit le 08/07/2017 à 15:17 :
Il est évident que cette magouille ne peut que faire exploser la production de déchets qui n'en a déjà pas besoin.

L'idée d'obliger les constructeurs de mettre la durée de vie de leurs produits est excellente étant donné qu'elle leur mettrait leur immense hypocrisie sous le nez.

M^me s'il est évident que l'obsolescence programmée répond d'abord à une logique financière plus qu'une logique industrielle on est un peu dans la même dérive qu'on prit les intérêts liés aux brevets et à tout ce qui implique la propriété intellectuelle.

Incapable de se renouveler, en manque exponentiel de talent et de créativité car ne se reposant que sur son passé, la finance est incapable de générer de la créativité du coup elle exploite sans fin des idées maintes fois rincées et se bat à coup de milliards subventionnés pour cela.

Pas facile d'évoluer sans intelligence.
a écrit le 08/07/2017 à 9:29 :
IL EST VRAIS QUE C EST DECOURANGENT D ACHETE UN BON APAREIL QUAND ON S EST QUE CETTE APAREIL AURAS UNE DURE LIMITE PARCEQUE PROGRAMME POUR S ARETTE AU BOUT D UN CERTAIN TEMPT D UTILISATION? MOI DERNIEREMENT A LA PLACE D E MA MACHINE A LAVER J EN ET ACHETE UNE LA MOINS CHERS DU MARCHE DONC PERSONNE N EST GAGNIENT DANS CE JEUX COMMERCIAL QUI TRONPE LES ACHETEURS? ILS EST TENPT DE REVENIR EN ARRIERE ? CAR REPAREZ PEUT CREE DE NONBREUX EMPLOIES? ET NOUS PERMETRAS DE MOINS CONSOMME DES MATIERES PREMIERE QUI BIENTOT VONT MANQUE? VUE QUE L ON VAS SUR LES NEUF MILLIARDS D HABITANTS SUR TERRE???
Réponse de le 08/07/2017 à 23:22 :
Empêcher les réparations freine le développement de l'économie locales. Nous vivons une guerre économique mondiale. La création de valeur doit être maîtrisée par les leader pour empêcher les autres pays d'avoir les moyens de devenir des concurrents. Une solution consisterait à obliger les pays exportateurs à rapatrier les déchets chez eux...
a écrit le 07/07/2017 à 22:49 :
L'obsolescence programmée décourage le client de consommer quand il voit son achat inutilisable après un court temps d'utilisation. Avec les mises à jour obligatoires, le client n'est plus dans l'absolu propriétaire de son bien : on va vers une négation du droit de propriété et une rente pour les multinationales. Cela compense un manque patent d'innovations.

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