Semi-conducteurs : Nvidia visé par une enquête de l'Autorité française de la concurrence
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Aux États-Unis aussi des soupçons planent sur Nvidia ainsi que sur certains de ses concurrents, Microsoft et OpenAI.
Dado Ruvic
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Aux États-Unis aussi des soupçons planent sur Nvidia ainsi que sur certains de ses concurrents, Microsoft et OpenAI.
Dado Ruvic
Nvidia est bien dans l'œil de l'Autorité française de la concurrence pour soupçons de pratiques anticoncurrentielles. Une enquête est en effet en cours sur le fabricant américain de puces, comme l'a confirmé l'institution à l'AFP ce mercredi. Son président, Benoit Coeuré, avait déjà validé l'information en début de semaine auprès de Reuters, précisant que la société recevrait une communication des griefs « si l'enquête est fructueuse ». « Oui, il y aura une notification de griefs, mais pas immédiatement (...) Il faut laisser le temps », a-t-il détaillé.
Contacté par l'AFP, Nvidia n'a pas souhaité faire de commentaires. L'entreprise a déjà fait l'objet de perquisitions en septembre dernier de la part du gendarme français de la concurrence. Ce serait toutefois la première fois qu'elle serait poursuivie pour pratiques anticoncurrentielles présumées.
L'Autorité de la concurrence a fait part en juin de ses préoccupations dans le domaine de l'intelligence artificielle.
Outre-Atlantique aussi, des soupçons planent sur Nvidia ainsi que sur certains de ses concurrents, Microsoft et OpenAI. Début juin, le gouvernement américain a annoncé ouvrir des enquêtes pour déterminer si les trois géants se sont, ou non, rendus coupables de pratiques anticoncurrentielles, selon le New York Times. Dans un article, le quotidien explique que le ministère de la Justice va mener les investigations concernant Nvidia et l'Agence américaine de la concurrence (FTC) va se consacrer à OpenAI et Microsoft.
Depuis le lancement de l'interface ChatGPT par OpenAI, en novembre 2022, une course effrénée s'est engagée pour prendre l'ascendant dans l'IA dite générative. Or, le développement de cette technologie requiert des investissements colossaux, principalement dans des serveurs et des processeurs pour entraîner les logiciels, appelés modèles de langage, qui pourront répondre à des demandes en langage courant. Mais seule une poignée de géants technologiques ont la capacité de consacrer les sommes nécessaires pour devenir un acteur légitime de cette technologie.
Dans cette optique, OpenAI est très bien positionné puisqu'il a été le premier acteur à proposer son interface d'IA générative. Microsoft a aussi pris de l'avance, grâce à un partenariat avec OpenAI, en déclinant cette technologie dans des produits et services grand public, ce qui lui a permis de commencer à monétiser ses investissements. Nvidia, lui, occupe une position centrale dans l'industrie des semi-conducteurs puisque ses puces, appelées cartes graphiques (GPU), sont, de très loin, les plus demandées pour développer l'IA générative. Son produit phare, le H100, vaut plusieurs dizaines de milliers de dollars pièce.
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Les autorités américaines vont désormais vérifier que ce développement s'est fait dans le respect des règles de concurrence.
Cette course à l'IA générative a en tout cas permis à Nvidia de passer de l'ombre à la lumière en quelques mois. La consécration ultime a eu lieu le 18 juin dernier, quand l'entreprise est brièvement devenue la première capitalisation mondiale en Bourse, à 3.352 milliards de dollars, dépassant alors Apple et Microsoft.
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Nvidia ne compte d'ailleurs pas s'arrêter en si bon chemin et mise sur de nouveaux produits liés à l'IA. Son patron, Jensen Huang, a annoncé, début juin, la sortie de Nvidia ACE, produit d'IA générative qui peut créer des avatars humains réalistes pour des secteurs comme le support client. Il a également expliqué comment certains clients utilisent les plateformes de Nvidia pour développer des robots autonomes alimentés par l'IA. Et alors que Nvidia vient juste de sortir sa plateforme Blackwell, famille de GPU présentée comme « la puce la plus puissante du monde », le PDG a annoncé des plans pour une version « ultra » en 2025 et dévoilé un code d'architecture GPU de nouvelle génération nommé Rubin.
(Avec AFP)
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