États-Unis : le streaming tire la croissance de l'industrie musicale

 |   |  423  mots
La société suédoise Spotify est le leader mondial du streaming avec 50 millions d'abonnés payants depuis début mars 2017.
La société suédoise Spotify est le leader mondial du streaming avec 50 millions d'abonnés payants depuis début mars 2017. (Crédits : © Dado Ruvic / Reuters)
L'industrie musicale américaine a vu ses revenus augmenter de 11,4% en 2016 - contre 0,9% en 2015. L'origine de cette performance : l'explosion du streaming. Pour la première fois, il représente plus de la moitié des revenus de l'industrie de la musique.

Après une année 2015 décevante, l'industrie musicale américaine a vu ses revenus décoller en 2016 grâce au streaming. Le chiffre d'affaires global s'élève à 7,7 milliards de dollars, soit une augmentation de 11,4% par rapport à 2015. "Le principal moteur de cette croissance a été le doublement des abonnements payants à des plateformes de streaming musical, qui a aidé l'industrie américaine à connaître son plus grand gain depuis 1998", note le rapport annuel publié jeudi par la Recording Industry Association of America (RIAA).

Pour la première fois, le streaming représente 51,4% des revenus de l'industrie musicale américaine - contre seulement 9% en 2011. Le téléchargement en ligne génère 24,1% des revenus, suivi par les ventes physiques (21,8%). "2016 est l'année où le streaming a montré sa valeur et sa capacité à réinventer le business de la musique", explique au Financial Times Mark Mulligan, analyste à Midia Research.

L'année dernière, le streaming a généré 3,9 milliards de dollars (+68% par rapport à 2015) avec :

  • 2,5 milliards de dollars (+114%) grâce aux abonnements payants sur des plateformes comme Spotify, Apple Music ou encore Tidal,
  • 884.000 dollars (+10%) pour le streaming de radio sur des plateformes comme Pandora,
  • 469.000 dollars (+26%) pour les services gratuits reposant sur la publicité (YouTube, Vevo...).

Téléchargements et ventes de CD, toujours en baisse

Cette tendance observée aux États-Unis, le plus important marché musical dans le monde, s'est aussi confirmée aussi en France. Si l'année 2016 marque une "amélioration globale substantielle pour l'industrie, les revenus ne représentent encore qu'environ la moitié de ce qu'ils étaient en 1999, relativise la RIAA. Et les revenus provenant des ventes unitaires plus traditionnelles (produits physiques et téléchargements numériques) ont continué de diminuer de manière significative." Les téléchargements ont chuté de 22% à 1,8 milliard de dollars en 2016 - "une baisse plus rapide que les années précédentes" souligne le rapport. Les ventes de CD ont diminué de 21%. Exception notable : le vinyle signe toujours son petit retour, en générant 430 millions de dollars en 2016 (+4%).

Pour Cary Sherman, PDG de la RIAA, la performance de 2016 montre que le "marché naissant du streaming commence à payer", note-t-il dans une note de blog Medium. "Une année de croissance dans l'industrie de la musique aux États-Unis est une bonne nouvelle (...) Mais cela ne supprime pas les 15 années de déclin ou les incertitudes quant à l'avenir."

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :