Huawei, Xiaomi, Lenovo : les téléphones chinois veulent s'exporter

 |   |  740  mots
Au premier trimestre 2015, les ventes de smartphones ont légèrement reculé en Chine. Ce qui pousse les fabricants à se tourner vers d'autres marchés.
Au premier trimestre 2015, les ventes de smartphones ont légèrement reculé en Chine. Ce qui pousse les fabricants à se tourner vers d'autres marchés. (Crédits : reuters.com)
Solidement implantés chez eux, les mastodontes chinois des smartphones misent plus que jamais sur les marchés étrangers pour écouler leurs produits. Explications.

Ils s'appellent Huawei, Xiaomi ou Lenovo, ils sont chinois, et font de plus en plus trembler la planète smartphone. Si par le passé, la Chine fut simplement considérée comme « l'usine du monde » pour les terminaux de dernière génération, ce temps est bel et bien révolu. Désormais, elle commercialise sa technologie avec des marques propres, et un appétit féroce. En Chine, le premier marché pour les smartphones, Xiaomi et Huawei ont écoulé respectivement 13,5 et 11,2 millions de terminaux au premier trimestre selon le cabinet IDC, contre 14,5 pour Apple. Surtout, ils ont relégué Samsung à la quatrième place. En grande difficulté sur ce marché, le géant coréen est d'ailleurs talonné par un autre mastodonte, Lenovo, avec 8,2 millions de smartphones vendus au compteur.

Bien enraciné chez eux, ces groupes chinois ont désormais le regard tourné vers l'international. Pourquoi ? « Parce qu'ils sont sous pression, explique Roberta Cozza, spécialiste du marché mobile chez Gartner. La Chine devient progressivement un marché saturé, un marché de remplacement. » De fait, au premier trimestre 2015, les ventes globales se sont situées à 98,8 millions d'unités, en recul de 4,3% selon IDC. Une première, qui montre que le marché a atteint une certaine maturité. Après avoir équipé une grande partie de la population, les fabricants chinois doivent donc changer progressivement de stratégie. A l'instar de ce qui se fait sur le Vieux continent ou au pays de l'Oncle Sam, ils sont désormais contraints d'offrir une bonne raison à leurs clients de changer de téléphone.

Montée en gamme

D'après Roberta Cozza, les fabricants chinois poussent donc deux leviers. D'une part, « il veulent s'imposer dans d'autres pays émergents » en jouant à fond la carte de l'entrée en milieu de gamme à des prix très attractifs. Parmi les pays les plus prometteurs, « il y a l'Inde, dont les besoins d'équipements vont aller crescendo, mais il y a aussi le Moyen-Orient et l'Afrique », poursuit la spécialiste de Gartner. D'autre part, Huawei, Xiaomi et Lenovo se sont lancés dans le haut de gamme pour concurrencer Samsung et Apple sur les marchés matures.

Avec cet objectif, Huawei est parti le couteau entre dents. Mi-avril, le groupe basé à Shenzhen, dans le sud de la Chine, a dégainé son nouveau fleuron, l'Ascend P8, pour faire de l'ombre aux iPhone 6 et Galaxy S6. Son principal argument ? Le prix, qui se situe sous les 500 euros. A l'image de sa très forte croissance, le géant chinois affiche de grandes ambitions. Ce lundi, le groupe a fait état d'un chiffre d'affaire en hausse de 30% de janvier à juin, à 175,9 milliards de yuans (28,8 milliards de dollars). Après avoir écoulé près de 75 millions de smartphones en 2014, Huawei espère franchir la barre des 100 millions d'appareils en 2015. Ce qui lui permettrait d'affirmer sa place parmi les plus gros fabricants mondiaux. Une sacrée prouesse pour un groupe qui ne fabrique des téléphones que depuis... 6 ans.

Xiaomi teste le marché

Sur la scène internationale, Xiaomi pose aussi ses pions. Jusqu'alors focalisé sur l'Asie, le groupe a inauguré début juin un site pour vendre des accessoires de téléphonie mobile (des casques, des chargeurs...) en France, en Allemagne, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. D'après le site américain Techcrunch, une référence sur les nouvelles technologies, Xiaomi « est probablement en train de tester le terrain américain et européen avant d'apporter ses mobiles sur ces marchés ». Le mois dernier, le groupe a également débarqué au Brésil. Pour Hugo Barra, vice-président mondial de Xiaomi, le pays a vocation à devenir une « porte d'entrée pour l'Amérique latine ». Ces initiatives sont prises très au sérieux. De fait, Xiaomi est un géant qui ne perd pas son temps. Créé il y a 5 ans, il compte désormais parmi les plus gros industriels mondial du mobile. L'an dernier, il est notamment devenu numéro un des ventes en Chine, avec 61 millions de smartphones écoulés.

De son côté, Lenovo n'est pas en reste. Leader sur les PC, le mastodonte chinois a racheté Motorola à Google en 2014. Il dispose ainsi d'un porte-drapeau de choix pour développer ses produits premium et investir les marchés étrangers. De quoi donner un coup d'accélérateur au groupe, numéro trois mondial des smartphones l'an dernier, selon Gartner, avec 81 millions de terminaux vendus.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 22/07/2015 à 14:21 :
Article globalement intéressant, toutefois je suis choqué que l'équivalence du chiffre d'affaires en yuan soit faite en dollars et non en euros.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :