Des smartphones capables de détecter la dépression

Mégane Chiecchi

Mégane Chiecchi
Si les smartphones pouvaient déjà nous informer sur notre activité physique, ils sont désormais capables de déterminer notre humeur. La corrélation est là : plus on utilise son smartphone, plus on est susceptible de développer des symptômes de dépression.
Les personnes déprimées passent environ 68 minutes par jour sur leur téléphone contre 17 minutes pour celles en bonne santé.
Pour parvenir à ce résultat, des chercheurs de l'université de Feinberg ont réalisé une étude deux semaines sur 40 adultes, en leur demandant d'utiliser l'application "Purple Robot".
Âgés de 18 à 59 ans, les participants ont rempli un questionnaire sur la dépression avant de commencer l'étude. Sur l'ensemble, la moitié possédait des troubles dépressifs. Au cours des 15 jours qui ont suivis, l'application a posé quotidiennement des questions aux utilisateurs sur leur humeur.
"Purple Robot" n'enregistrait pas seulement leurs réponses, elle collectait aussi des données. Notamment sur le temps d'utilisation du smartphone, la mobilité des usagers et la durée de leurs déplacements, grâce au GPS du téléphone.
Après avoir mis en relation les données collectées et les questionnaires réalisés en début d'étude, les chercheurs ont diagnostiqué les symptômes des utilisateurs avec justesse dans 86,5% des cas. Mais pour obtenir des informations encore plus pertinentes, les scientifiques rappellent qu'il faudrait réaliser une étude à plus grande échelle.
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En attendant la perspective clinique est enthousiasmante : les smartphones pourraient bien devenir des outils efficaces pour surveiller continuellement les personnes dites "à risque". La dépression est une maladie qui touche 350 millions de personnes dans le monde, et, selon le chercheur David Mohr, son traitement est "un échec crucial des politiques de santé publique pour l'instant".
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