22 milliards d’euros de pertes cumulées sur cinq ans : la Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs (Cisac) a publié la « toute première étude mondiale » sur l’impact économique de l’IA générative dans les contenus musicaux et audiovisuels à l'horizon 2028. Elle presse les décideurs politiques de se mobiliser au niveau international.L'auteur-compositeur suédois, musicien, chanteur, guitariste, Björn Ulvaeus ne s'emploie pas seulement à préserver l'image et les droits du groupe ABBA dont il est membre et producteur. En tant que président de la Confédération internationale des sociétés d'auteurs et compositeurs (Cisac), il défend aussi le métier des auteurs et musiciens menacés par l'émergence de l'IA générative.
Représentant cinq millions de créateurs, ce réseau mondial de sociétés d'auteurs et d'organisations de gestion collective (227 membres dans 116 pays) vient de publier une étude « coup de poing » qui chiffre, pour la première fois à l'échelle mondiale, l'effet économique de l'IA sur les revenus des artistes de la musique et de l'audiovisuel. Objectif : peser pour faire changer les réglementations au moment où le débat sur l'intelligence artificielle agite le secteur culturel, de plus en plus favorable par exemple à des clauses de non-participation (opt-out).
Perte de 22 milliards d'euros sur cinq ans
À l'horizon 2028, les revenus «risquant d'être perdus» à cause de l'effet de substitution de l'IA sur les «œuvres des créateurs humains» s'élèveraient à «24 % dans le secteur musical et à 21 % dans le secteur audiovisuel», mesure la Cisac.
Cela représenterait une perte cumulée de 22 milliards d'euros sur cinq ans, à raison de 10 milliards d'euros dans le secteur musical et 12 milliards d'euros dans le secteur audiovisuel, détaille l'étude réalisée par PMP Strategy.
Dans la seule création audiovisuelle, les traducteurs et adaptateurs actifs dans le doublage et le sous-titrage - métiers qui, en France, ont déjà interpelé le CNC et le ministère de la Culture - seront « les plus durement touchés, avec un risque de perte de 56 % de leurs revenus ». Les scénaristes et réalisateurs, pourraient quant à eux « voir leurs revenus amputés de 15 à 20 % » décrit la Cisac.