Roland-Garros recourt pour la première fois au "cloud computing"

 |   |  521  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : Reuters)
Le monceau de données informatiques transmises durant les matchs sera stocké et analysé aux États-Unis, dans trois "datacenters" appartenant à IBM, partenaire du tournoi de tennis.

Le"cloud computing", cette informatique à distance qui fait tant parler d'elle depuis moins de deux ans, n'est pas un simple effet de mode mais bien une véritable révolution industrielle. La preuve avec Roland-Garros. Dans le cadre de son édition 2011, qui se tiendra à Paris du 22 mai au 5 juin, le célèbre tournoi de tennis fera appel pour la première fois à la technologie de " l'informatique dans le nuage". Vitesse de service des joueurs, nombre de balles de break gagnées, d'aces, de doubles fautes... Le monceau de données informatiques traitées dans le cadre du tournoi, et nécessaires entre autres aux quelque 250 chaînes de télévision qui retransmettent les matchs, ne sera plus stocké et traité sur les serveurs de la Fédération française de tennis (FFT), mais dans trois immenses centres de données situés aux États-Unis et appartenant au géant de l'informatique IBM, partenaire de Roland-Garros depuis vingt-six ans.

La FFT aura accès à ces données via Internet, selon le principe de base du "cloud computing". Quelques serveurs subsisteront sur le site même de Roland-Garros, pour collecter et analyser les données devant être transmises en temps réel. Au total, l'informatique de l'édition 2011 de Roland-Garros reposera sur 6 serveurs seulement, contre... 60 en 2007.

"Le recours au "cloud computing" permettra d'allouer des ressources informatiques à la demande, en fonction des besoins, des pics de fréquentation du site Internet (www.rolandgarros.com), ce qui entraînera une diminution des coûts opérationnels (pour la FFT, Ndlr)", explique Didier Barbé, vice-président du marketing d'IBM France.

Le choix de serveurs dédiés

En 2008 déjà, grâce à la virtualisation, une technique consistant à stocker plusieurs applications sur un même serveur et qui est un élément fondateur du "cloud computing", le nombre de serveurs avait été ramené à neuf. Ce qui avait réduit de près d'un quart la consommation d'énergie, par rapport à 2007. Si la FFT a décidé cette année de convertir Roland-Garros au "cloud computing", c'est parce que "les innovations technologiques mises en place pour le tournoi nécessitent des ressources informatiques de plus en plus importantes", poursuit Didier Barbé. De fait, le site Internet du tournoi est passé d'un modèle statique à son lancement, en 1996, à une version dynamique avec animation d'une communauté Web, interaction avec les réseaux sociaux Facebook et Twitter, etc., ce qui avait débouché sur 333 millions de pages vues en 2010, soit un bond de 30 % en l'espace de deux ans.

À noter que le « cloud » de Roland-Garros ne sera pas public. Il bénéficiera de serveurs dédiés, qui ne stockeront pas les données informatiques d'autres entreprises ou organisations. Les « clouds » privés sont souvent choisis par des sociétés qui tentent pour la première fois l'expérience de l'informatique à distance, et qui redoutent que leurs données ne soient perdues ou volées dans ce « nuage » informatique. De fait, "nous sommes systématiquement la cible de hackers (pirates informatiques) durant les deux semaines du tournoi", reconnaît Didier Barbé. La rançon du succès.
 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :