Ce 19 mai, le décorum du château de Versailles a accueilli le 8e sommet Choose France, une tribune où Emmanuel Macron promeut la France en tant que futur hub mondial de l'intelligence artificielle. Plus de 200 dirigeants internationaux convergent sous la bannière « France, terre de créativité », une scène orchestrée pour mettre en avant les dernières annonces ou confirmer les engagements déjà pris lors du Sommet sur l'IA en février. L'Élysée clame avec insistance un volume d'investissements record, dont plus de 17 milliards d'euros uniquement sur l'intelligence artificielle.
Les centres de données, véritables colonnes vertébrales de l'économie numérique, occupent une place centrale dans ces annonces. Parmi les grandes annonces : l'américain Prologis investira 6,4 milliards d'euros dans un réseau d'entrepôts à travers le territoire ; le canadien Brookfield confirme un engagement de 10 milliards pour un méga projet à Cambrai ; tandis que l'américain Digital Realty s'engage à hauteur de 2,3 milliards d'euros.
Certes, de nouveaux data centers vont fleurir partout en France. Mais sont-ils vraiment une victoire pour la souveraineté technologique du pays ?
Contactée par La Tribune, la société Data4, détenue par le géant Brookfield, estime qu'un data center installé en France constitue un triple atout en matière de souveraineté. Le premier enjeu concerne la localisation des données pour l'intelligence artificielle. « Aujourd'hui, une grande partie des informations utilisées par les IA se trouvent aux États-Unis. Les programmes développent donc naturellement un prisme américain. Disposer de data centers en France permettra de structurer une filière IA nationale et d'entraîner les programmes avec une logique européenne », souligne Jérôme Totel, le directeur de la stratégie et de l'innovation.