La France peut-elle devenir un leader de l'IA face aux Gafam et aux BATX  ?

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« Beaucoup de Français ont encore peur de l'IA. Ils ne sont qu'un tiers à la voir positivement, contre 80% en Chine. Et 20% de nos concitoyens ne savent pas utiliser une interface numérique. Ceux-là doivent être notre priorité ».
« Beaucoup de Français ont encore peur de l'IA. Ils ne sont qu'un tiers à la voir positivement, contre 80% en Chine. Et 20% de nos concitoyens ne savent pas utiliser une interface numérique. Ceux-là doivent être notre priorité ». (Crédits : DR)
La France peut-elle devenir un leader mondial de l'intelligence artificielle ? Pour la vingtaine d'intervenants réunis jeudi 8 février lors de la première Nuit de l'IA, c'est possible. À condition d'assouplir certaines barrières administratives et de convaincre le grand public.

Une salle pleine et beaucoup de gens debout. La Nuit de l'lA qui a eu lieu jeudi 8 février au Palais de Tokyo a réussi son pari malgré des conditions météo difficiles : réunir l'écosystème français de l'intelligence artificielle, qui sera sans conteste le sujet chaud de 2018. Les organisateurs, l'agence Artefact et l'association France is AI (soutenue par France Digitale), veulent faire de la France un hub mondial de cet ensemble de technologies qui, selon le Forum de Davos, constitue le moteur de la quatrième Révolution Industrielle.

Un objectif pour le moins ambitieux, vu l'avance prise par les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) et IBM, et les investissements considérables programmés par le gouvernement chinois (50 milliards de dollars d'ici 2025) et les BATX (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi).

Pour Damien Gromier, président de France is AI, « l'écosystème français de l'intelligence artificielle existe, mais il faut le rendre plus visible », grâce par exemple à une cartographie qui met en valeur les 280 startups, les 100 laboratoires de recherche publics et privés et les diverses communautés qui travaillent sur des projets liés à l'IA. Et selon Jean-David Chamboredon, coprésident de France Digitale et investisseur avec le fonds ISAI, il faut jouer collectif et « lever le pied sur le RGPD (1), qui, sous couvert de protection des consommateurs, fait le jeu des GAFA ».

Pour ce zélateur de l'entrepreneuriat, si la messe est dite concernant l'exploitation des datas consommateurs - les GAFA ont déjà gagné - il reste des niches (mobilité, santé, énergie, sécurité) pour lesquelles le jeu reste ouvert pour les entreprises françaises.

Le RGPD, cadeau aux GAFAM ?

Cette manifestation a aussi réussi un exploit : faire prononcer un discours positif par le docteur Laurent Alexandre (fondateur de DNAVision et actionnaire minoritaire de la Tribune) sur les politiques français et les instances européennes en matière d'IA, lui qui a plutôt l'habitude de les juger sévèrement.

« Il se passe quelque chose. L'État commence à comprendre qu'il faut cesser de changer les lois sans arrêt et d'essayer de fabriquer un Monopoly industriel en subventionnant les canards boiteux. Même à Bruxelles, des gens se rendent compte de l'absurdité du RGPD et de la directive e-privacy, qui sont des cadeaux faits aux GAFAM et risquent de tuer l'écosystème ».

L'auteur de la « Guerre des Intelligences » (JC Lattes) salue l'annonce par Cédric Villani d'un investissement de 30 milliards d'euros dans l'IA à l'échelle européenne, mais il estime que cette somme devrait être plutôt de 200 milliards.

« L'IA a besoin de temps long : il faudra des années et des milliers de sociétés pour créer des champions européens. Tencent (géant de l'Internet chinois), c'est 250 fois OVH (leader européen du cloud) ! » rappelle Laurent Alexandre, pour qui l'IA nécessite d'énormes masses de data, et donc une réglementation plus souple sur leur usage.

Illustration avec la startup Cardiologs. Pour créer sa base de données de 700.000 ECG (électro cardiogrammes), la startup a dû aller se fournir en data aux États-Unis, en Chine et en Inde.

« La France ne peut être compétitive dans le domaine de la santé en matière d'IA, car l'accès aux données est impossible. Donc le futur leader de ce secteur sera certainement américain » regrette Yann Fleureau, fondateur de Cardiologs.

Rassurer les Français

Malgré ses réserves, Laurent Alexandre voit apparaître « une fenêtre d'opportunité pour l'IA française, grâce à un écosystème dynamique et un gouvernement qui veut avancer ». Le secrétaire d'État chargé du Numérique, Mounir Mahjoubi était présent pour présenter la vision de l'État sur l'intelligence artificielle. Pour le ministre, il faut trouver un équilibre entre performance et humanité :

« beaucoup de Français ont encore peur de l'IA. Ils ne sont qu'un tiers à la voir positivement, contre 80% en Chine. Et 20% de nos concitoyens ne savent pas utiliser une interface numérique. Ceux-là doivent être notre priorité ».

Ce jeudi 8, l'Assemblée Nationale a débattu du futur RGPD, et selon le Secrétaire d'État, les députés sont inquiets et prêts à interdire tout usage des données personnelles de santé, énergétiques, etc.

« J'ai entendu de la peur. La condition absolue est donc de susciter un engagement autour de l'IA, qui présente de nombreuses opportunités, et ce dès le plus jeune âge » a conclu Mounir Mahjoubi.

Une des manières de rassurer le grand public est d'augmenter la sécurisation des données utilisées par les algorithmes des IA. C'est l'objectif de Dathena, fondée par Christopher Muffat, venu spécialement de Singapour pour présenter sa société. Embauché en 2008 par HSBC Suisse en pleine affaire des Swiss Leaks (blanchiment de fraude fiscale, procédure juridique toujours en cours, Ndlr), il décide de trouver une méthode simple pour mieux organiser les données.

La troisième vague de l'IA

Après cinq ans de R&D, Dathena propose une solution à base de traitement naturel du langage et de machine learning pour retrouver, auditer et organiser ses datas, et ainsi aider les sociétés à se mettre en conformité avec le RGPD. Pour que l'IA française compte au plan mondial, il faudra également produire des talents. Or, selon Bernard Ourghanlian, CTO de Microsoft France, seuls 1087 data scientists ont été diplômés en 2016, très loin des besoins évalués par Lionel Touati, Cloud Platform Sales Engineer chez Google, a un million de data scientist et 21 millions de développeurs à l'échelle mondiale.

La France est pourtant capable d'engendrer des champions mondiaux, comme elle l'a prouvé avec Aldebaran et ses robots Pepper et NAO, racheté par le japonais Softbank. Bruno Maisonnier, fondateur d'Aldebaran, a présenté son nouveau projet Another Brain, qui veut dépasser les réseaux de neurones et le deep learning pour surfer sur la troisième vague de l'IA avec des « circuits intégrés d'IA bio inspirés pour un apprentissage autonome et non supervisé ».

« Certains expliquent qu'il faudra des années pour atteindre cette troisième vague. Nous disons que nous le ferons d'ici vingt mois » affirme Bruno Maisonnier, qui a levé 10 millions d'euros et vise les marchés de l'IoT, de la robotique, de la défense et des voitures autonomes.

Finalement, l'IA du futur pourrait bien être made in France.

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(1) Le Règlement Général pour la Protection des Données entrera en vigueur le 25 mai prochain. Il instaure de nouvelles obligations pour toute entité qui gère des volumes massifs de données personnelles. La directive e-privacy, toujours en discussion, traite du consentement des internautes à recevoir des cookies

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ENTRETIEN AVEC...

MOUNIR MAHJOUBI, Secrétaire d'État auprès du Premier ministre chargé du Numérique

JEAN-DAVID CHAMBOREDON, co-Président de France Digitale et CEO de ISAI

VINCENT LUCIANI, Artefact Créateur de AI Night 2018

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Commentaires
a écrit le 12/02/2018 à 17:35 :
Ne laissons pas passer le train !
http://up-magazine.info/index.php/intelligence-artificielle/intelligence-artificielle/7358-intelligence-artificielle-ne-laissons-pas-passer-le-train
Les Français plébiscitent l'intelligence artificielle dans le domaine de la santé
http://www.doctissimo.fr/sante/news/Les-Francais-plebiscitent-l-intelligence-artificielle-dans-le-domaine-de-la-sante
Pourtant, santé, BioTech, industrialisation des brevets et programmes d'essais-tests, la France prend du retard !
a écrit le 12/02/2018 à 16:58 :
Les gens fantasment. Ils ne faut pas oublier que la santé connectée comme les payements sans contact ne décollent pas en France à cause de l'excellence des infra structures . La visite d'un généraliste à l'étranger frise les 100 dollars .... donc on va voir orange bank et la santé connectée. Quand aux ecg, il est étonnant qu'avec des maladies comme l'hyperthyroidie et d'autres affections longues durées, on ait pas 700000 ecg numérisés . C'est à mourir de rire...
La chine a mis en place un gigantesque firewall
a écrit le 12/02/2018 à 13:21 :
A Alain D :
"Outscale, la filiale cloud de Dassault Systèmes, compte disposer de 35 datacenters en 2025
https://www.usine-digitale.fr/article/outscale-la-filiale-cloud-de-dassault-systemes-compte-disposer-de-35-datacenters-en-2025.N617238"

Vous êtes de bonne foi et c'est tout à votre honneur mais il faut analyser les différents fournisseurs de Cloud selon différents axes.

Prenons votre exemple : CloudScale va investir 350 millions en 8 ans ... 8 ans quand même.

Maintenat prenons A, G, et M:
https://www.usine-digitale.fr/article/le-cloud-porte-l-investissement-d-amazon-microsoft-et-google-a-30-milliards-de-dollars-en-un-an.N458452

30 milliards en un an pour les 3, en UN AN. Vous voyez ?

Quand à OVH ils sont sympatiques mais leur portefeuille de service ne peut se comparer avec AWS, ni en largeur ni en profondeur.

Donc il y aura quelques acteurs français, petits, sur des niches, les autres mourront.
La presse oublie souvent d'ailleurs qu'aller sur le Cloud ce n'est pas juste comparer le prix des VMs mais analyser un portefeuille de service et en tirer le meilleur prix avec le max de valeur : cela peut aller jusqu'à la suite bureautique et aux synergies avec le Cloud.
Réponse de le 12/02/2018 à 20:18 :
Outscale ne vise pas la quantité mais la qualité et la sécurité.
Le Cloud de Microsoft est lié à la vente de ses logiciels.
Le Cloud d'Amazon à son commerce.
Ces deux là ne sont pas effectivement pas dans des niches, ce sont les discounteurs du Cloud !
Les niches conviennent très bien à la France, Elles concernent une grande partie de l'ossature de son économie.
Free était, il y a encore si peu de temps, un nain, à l'époque du minitel avec son forfait 50H/mois, pourtant il a bien fait sa place. Idem pour Ponant, Sigfox, Wiko, Thomson Computing, Capgemini, AHG, Figeac-Aéro, Lectra, Fives, Legrand, CMA CGm, Verescence, Verallia, Raja, Devialet, Décathlon, Guimbal, etc.
Ceux-ci étaient des nains, ce sont maintenant des leaders.
Numérique ou traditionnel, rien n'est jamais définitif dans les paniers de crabes !
a écrit le 11/02/2018 à 18:37 :
Je serais bref , le modèle des GAFAs se base sur des financements privés massifs que nous n'avons pas en France , sans compter l'incompétence des élites françaises dans le domaine ...
a écrit le 11/02/2018 à 16:27 :
Attention ! Vous dîtes que concernant l'exploitation des datas consommateurs la messe est dite, les GAFA ont déjà gagné. Oui on pourrait dire que concernant les voitures de luxe les Allemands ont déjà gagné, mais c'est pas vrai. On aurait pu dire il y a quelques années que pour les téléphones portables Nokia avait déjà gagné, mais Apple est arrivé avec un produit révolutionnaire...En 1945 on disait que l'Europe était finie, en 2017 l'UE est encore la première puissance économique du monde.
Les prédictions c'est souvent à mourir de rire après coup. En tout cas une chose est sûre Mr Majouhbi mouille sa chemise pour faire avancer la tech dans son pays. Bravo !
Réponse de le 11/02/2018 à 20:05 :
Peut-être y a t-il de l'espoir du côté européen, je le crois, je le souhaite... mais en revanche je ne parierais pas un sou là-dessus.

Le marché européen est, en principe, le plus vaste du monde mais vous oubliez de dire que les États européens sont en extrême concurrence l'un avec l'autre, d'Est en Ouest et du Nord au Sud, tant sur le plan socio-économique et de la nature et de l'ampleur du filet social, mais surtout, et surtout, sur le plan de la fiscalité.

Les Nokia et les Blackberry de ce monde, notamment, ont eu à faire face à des concurrents déterminés et innovateurs, mais aussi détenants des capitaux absolument colossaux... ça aussi vous oubliez de le mentionner.

Le nerf de la guerre de l'IA c'est, d'un côté, qui détient le Big Data et, d'un autre côté, qui détient les capitaux nécessaires pour l'exploiter... je suppose que vous êtes aussi d'accord avec cela.

Pour terminer, et pour votre information, en 1947, le Plan Marshall a permis au Royaume-Uni et à la France de ramasser 44% de l'enveloppe budgétaire pour aider à leur ''reconstruction''... l'Allemagne (RFA) a reçu la moitié de l'enveloppe française... pour vraiment se reconstruire.
Réponse de le 11/02/2018 à 20:20 :
Peut-être y a t-il de l'espoir du côté européen, je le crois, je le souhaite... mais en revanche je ne parierais pas un sou là-dessus.

Le marché européen est, en principe, le plus vaste du monde mais vous oubliez de dire que les États européens sont en extrême concurrence l'un avec l'autre, d'Est en Ouest et du Nord au Sud, tant sur le plan socio-économique et de la nature et de l'ampleur du filet social, mais surtout, et surtout, sur le plan de la fiscalité.

Les Nokia et les Blackberry de ce monde, notamment, ont eu à faire face à des concurrents déterminés et innovateurs, mais aussi détenant des capitaux absolument colossaux... ça aussi vous oubliez de le mentionner.

Le nerf de la guerre de l'IA c'est, d'un côté, qui détient le Big Data et, d'un autre côté, qui détient les capitaux nécessaires pour l'exploiter... je suppose que vous êtes aussi d'accord avec cela.

Pour terminer, et pour votre information, en 1947, le Plan Marshall a permis au Royaume-Uni et à la France de ramasser 44% de l'enveloppe budgétaire pour aider à leur ''reconstruction''... l'Allemagne (RFA) a reçu la moitié de l'enveloppe française... pour vraiment se reconstruire.
Réponse de le 12/02/2018 à 19:58 :
@Wemopachi : est ce que vous vous écoutez parler ? On dirait un déballage de poncifs et patati et patata ! Oui c'est clair vous aimez vous écouter. LOL !
L'Europe est foutue, l'Europe est dépassée, etc.
Libre à vous de le croire. Moi je pense que c'est le contraire. Si un petit état comme Israël, ou un plus gros comme la Corée du Sud arrivent à tirer leur épingle du jeu alors un bloc de 700 millions de consommateurs le peut éventuellement? Car oui il faut englober l'Ukraine, la Biélorussie, la Norvège, la Suisse et les pays des Balkans. Voire même la Russie why not ? Quand à l'IA pas besoin de milliards et de milliards, mais de QI et de QI pour concevoir les algorithmes...
a écrit le 10/02/2018 à 23:51 :
Les scénaristes de SF passent pour des imbéciles avec leurs distopies sur l'IA. La réalité est tellement plus sinique et déplorable... Je crois que la SF de l'IA va devenir de plus en plus interessante. A moins qu'elle ne soit écrite par des IA...

Les IA appartiennent à des entreprises qui ont leurs propres besoins de publicité, il y a aussi surement celle d'état qui servent à mieux controler leurs populations.

Il y a les donnés collectés a notre insue, le besoin de reproduire le système existant de l'état ou de l'entreprise, le besoin de rendre tout ça moins cher et avec moins de main-d'oeuvre etc...

Dans la distopie de SF, l'IA est toujours l'ennemi. Dans la réalité elle l'est par sont remplacement de l'être humain. Que ce soit pour le travail ou pour l'utilisation de son cerveau pour obtenir ce qu'il veut.

Demain, tout sera gèré par des IA, nous n'aurons ni travail ni besoin de notre cerveau. Les IA et les dirigeants des GAFAM non plus n'en auront pas besoin.

Demain, vous ne servirez plus a rien. Alors, donnons leurs notre argent tout de suite!

Nous sommes a l'aube d'une explosion exponentiel de la capacité de calcul de tout ce qui est programmable et avec une miniaturisation constante. A 10 ou 20 ans, nous prierons devant nos IA google ou Mc Do des solutions que nous avons sous le nez.

Vive le futur, vive les idiots que nous seront!
Réponse de le 11/02/2018 à 22:56 :
Intéressant réquisitoire, et très lyrique... mais êtes-vous si sûr que nous allions vers le passé du futur du subjonctif avec 1984 dans le rétroviseur ?
a écrit le 10/02/2018 à 22:24 :
Je préférerais qu'on nous parle d'abord de la multitude de projet fondés sur la technologie BLOCKCHAIN que l'on couplera ou non avec des services d'IA selon les opportunités.

En essayant d'imiter les GAFAM et les BATX je suis convaincu que nous perdons notre temps !

La logique économique du monde anglo-saxon, c'est la conquête : prendre des parts de marché partout en cassant les prix, et la logique de domination pour durer !

La logique de la BLOCKCHAIN c'est de gérer de façon transparente toutes les parties prenantes. J'imagine d'ailleurs que plutôt d'avoir un seul "Grand Journal de transactions" comme avec le BITCOIN on verra de développer de multiples plateformes autour de cet outil, donc autant de "Grands Journaux spécialisés" par services ou une industries, exactement comme c'est déjà le cas avec les crypto-devises concurrentes du BITCOIN.

Je suis convaincu que les limites de l'intelligence artificielle sont strictement les mêmes que celles qu'on rencontre dans l'éducation humaine. En clair les machines économiserons de la mains d'oeuvre, de l'intelligence, mais resterons faillibles, même si le pourcentage d'erreurs s'avère minime.
a écrit le 10/02/2018 à 21:13 :
Vous remarquerez que ce genre d'articles sont rarement signés... probablement qu'ils sont ''construits'' par des robots à partir de dépêches qui proviennent d'un peu partout.
a écrit le 10/02/2018 à 20:16 :
Le millionième article sur le potentiel de la France ?
La millionième incantation de politiques qui "veulent" mais bien souvent ne maîtrisent pas les sujets : au passage connaissant par des tiers le ministre de l'économie numérique, il n'a jamais aucune compétence sérieuse dans l'IT mais un gros réseau, c'est pourquoi il est en politique sinon, il serait quelque part dans une boîte à la CRITEO.
Je rappelle juste un ordre de grandeur : quand OVH annonce un plan de plusieurs milliards pour développer son Cloud, on se rend compte en comparant que cela correspond à un trimestre d'investissement similaire pour Microsoft.
Les salaires sont également de plusieurs ordres de grandeur supérieurs pour un travail évidement passionnant.
Donc allons-y continuons à prendre les GAFAM de face tout en s'interdisant des méthodes protectionnistes : c'est la meilleur façon de perdre et en plus en gaspillant de précieuses ressources financières et humaines.
Réponse de le 10/02/2018 à 21:16 :
Je dois dire que vous apportez des arguments intéressants... surtout dans le dernier paragraphe.
Réponse de le 10/02/2018 à 23:59 :
Entièrement d'accord, je ne suis pas un fan du protectionnisme mais sur l'économie numérique c'est la seule façon de se faire une place alors il faut s'assoir sur les dogmes libéraux qui sont bien quand on fait partie des gagnants.
Réponse de le 11/02/2018 à 4:25 :
A Mounir de rire
Réponse de le 11/02/2018 à 18:25 :
Arrêtez de critiquer ! La France va être sauvé par le management new age. J'ai vu une émission ou un "expert" français expliquait qu'il fallait changer une équipe qui gagne car statistiquement elle finirait un jour par perdre (une lapalissade). Logique shadok : il n'a pas dû comprendre que c'était ça la vie - on fini tous par perdre... C'est donc ce qu'on fait aujourd'hui en France en récompensant ceux qui ont de trop bon résultats en les virant ou en délocalisant. Apple avait tenté l'expérience en virant Jobs, puis en le ré-embauchant suite à des résultats calamiteux.
Réponse de le 11/02/2018 à 19:49 :
En 2011, avec son 5ème Datacenter, OVH était quasiment inconnu.
OVH en 2012 était Rikiki, il avait du bagarrer longuement avec les pouvoirs publics, toujours aussi nuls, pour obtenir un terrain.
https://www.usinenouvelle.com/article/ovh-va-embaucher-500-personnes-sur-3-ans.N176472
https://www.ovh.com/fr/a1141.datacenter-ovh-gravelines
Le Campus d’OVH est lui aussi assez récent.
Fin 2017 c’était déjà 27 Datacenter.
https://www.usine-digitale.fr/article/ovh-veut-doubler-son-infrastructure-cloud-a-50-datacenters-dans-quelques-annees.N601873
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Pas certain que le petit poucet, même parti avec du retard, et freiné dans ses débuts, ne fasse pas sa place dans le marché mondial.
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Autres sur le sujet :
ASP Serveur, le bras armé d’Econocom dans le cloud, veut jouer dans la cour des grands
https://www.usinenouvelle.com/article/asp-serveur-le-bras-arme-d-econocom-dans-le-cloud-veut-jouer-dans-la-cour-des-grands.N647108
Outscale, la filiale cloud de Dassault Systèmes, veut quintupler de taille d’ici 2025
https://www.usinenouvelle.com/article/outscale-la-filiale-cloud-de-dassault-systemes-veut-quintupler-de-taille-d-ici-2025.N617143
Outscale, la filiale cloud de Dassault Systèmes, compte disposer de 35 datacenters en 2025
https://www.usine-digitale.fr/article/outscale-la-filiale-cloud-de-dassault-systemes-compte-disposer-de-35-datacenters-en-2025.N617238
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C’est aussi à l’Etat français de faire l’effort, et d’entrainer l’Allemagne dans la bagarre.
Y’aura pas de souveraineté française ou européenne, sans une IA forte, et ça passe par une indépendance dans l’électronique haut de gamme, dans le Cloud et dans la réalité augmentée, avec la possession de supercalculateurs. Si on n’a pas la même puissance de calcul que les américains ou les chinois, et nos propres Datacenter, quelque soit la qualité de nos équipes de R&D, on finira irrémédiablement par être largué.
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Octave Klaba : "Macron a bien compris les enjeux de la souveraineté numérique"
http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/octave-klaba-ovhmacron-a-bien-compris-les-enjeux-de-la-souverainete-numerique-1367761.html
Ca reste encore à démontrer physiquement en € !
a écrit le 10/02/2018 à 19:13 :
Peut-être si l'Etat ne s'en mêle pas, et favorise juste la mise la à disposition de moyens financiers pour le développement du secteur, sinon cela finira en plan calcul de sinistre mémoire.
Réponse de le 11/02/2018 à 14:49 :
Et voila ,on retombe dans le négativisme a la française!....au contraire,unissons nos forces pour développer l'AI grace aux nombreuses structures compétentes(CCI,Régions,Départements,Métropoles et communautés de commune)Toutes ont une expertise et des moyens,qui une fois mis en commun,pèseront dans la compétition mondiale.Jouons sur nos forces!
a écrit le 10/02/2018 à 18:38 :
Et pourquoi pas laisser faire le travail par les autres et faire une récupération de technologie le moment venue? L'Europe n'est pour l'instant qu'un continent avec un appareil administratif dogmatique qu'est l'UE de Bruxelles, une monnaie sans patrie et sous domination étrangère avec l'OTAN!
a écrit le 10/02/2018 à 16:23 :
Si je compte bien... Google a lui tout seul doit investir 2000 fois plus en AI que le gouvernement Francais.
Ca va quand meme etre difficile .
a écrit le 10/02/2018 à 16:19 :
C'est simple, il faut du fric, c'est le nerf de la guerre, inutile de chercher plus loin.
A l'échelle de la France, ce n'est pas possible de rivaliser, à l'échelle de l'UE oui.
Il faut donc investir, convaincre nos alliés européens d'investir .
Il faut investir dans le matériel en priorité: data center, superordinateurs, déploiement de la fibre, satellites.
Développer un OS européen également, pourquoi payer des licences windows dans les administrations alors que linux est fonctionnel?
Deuxième point être pragmatique: contrarier les gafam et les chinois , leur mettre des bâtons dans les roues, l'affrontement numérique Chine-USA à venir est une occasion unique pour casser le monopole de rente numérique US.
a écrit le 10/02/2018 à 15:56 :
La France a toutes ses chances à condition de bien définir comment elle veut utiliser l'IA, qui n'est quand même qu'un outil. Si c'est pour nous envoyer toujours plus de pubs et nous transformer en robots, qu'elle passe son chemin. Tout est dans la finalité et attention à ne pas se faire aliéner par une technologie, aussi brillante soit elle.
a écrit le 10/02/2018 à 15:21 :
La France, et notamment Paris, possède probablement un des meilleurs écosystèmes du monde pour l'IA . Le nombre et le montant des levées de fond pour nos startup vient de dépasser la GB, trois fois plus que l'Allemagne, et continuent a augmenter. Les fonds sont la, les ingénieurs aussi donc go.
Deux problèmes restent a régler, que les GAFA paient des impôts comme les autres et que Bruxelles aident a la constitution de mastodontes européens au lieu de leur faire la guerre.
Réponse de le 10/02/2018 à 17:38 :
On sent que vous vous bombez le poitrail d'un patriotisme débridé, bien que je respecte le principe et le geste, il reste que celui-ci est totalement irrationnel et dénué de tout fondement.

Non seulement la France n'est même pas à l'aube d'être un concurrent moindrement sérieux dans l'univers de la robotique ou de l'IA, mais elle manque cruellement de moyens et d'expertise... et ceux-sont à des années lumières des gigantesques moyens dont disposent les USA.

Non seulement les GAFAM investissent des dizaines de milliards par année dans l'IA et la robotique et ce, depuis des années, mais en plus, l'armée américaine en fait tout autant mais depuis encore plus longtemps.

Les seuls budgets de Caltech ou de Berkeley dépassent de plusieurs fois toutes les institutions universitaires et techniques françaises mais aussi tous les centres de recherche en entreprise qui sont encore capables d'investir, de façon substantielle, dans l'avenir.

Ce qui est désolant et triste c'est que l'article laisse croire que la France pourrait éventuellement être un quelconque joueur dans cet univers qui évolue à la vitesse de la lumière... ce qui est totalement faux. La France s'est totalement déclassée du numérique depuis 20 ans.

La France ne dispose même pas de 1% des moyens et des budgets qui sont nécessaires pour laisser penser qu'elle pourrait tirer son épingle du jeu et combler quelque peu ses années de retard.

La vérité est que le retard de la France sur le plan technologique est dors et déjà insurmontable.
a écrit le 10/02/2018 à 13:34 :
Mais c’est ridicule!!! La France n’est même pas dans les 20 premiers pays les plus avancés sur le plan numérique selon le dernier classement de l’OCDE... Comme par hasard, les médias français n’en parlent pas.
Réponse de le 10/02/2018 à 17:58 :
@ Ardisson

C'est tout à fait juste, la France est totalement déclassée sur le plan du numérique, comme l'Europe l'est aussi, par ailleurs. Ce qui explique aussi le gigantesque déficit commercial Français.

Je déplore aussi cette façon que les médias ont d'occulter des réalités qui fâchent (mais qui sont bien connus à l'extérieur de la France) et ceci est d'autant plus pernicieux que cela encourage et promeut la désinformation.
a écrit le 10/02/2018 à 13:22 :
Comment monsieur Mounir compte-t-il intégrer de l'humanité dans l'IA alors qu'il y en a de moins en moins dans l'organisation du travail, dans l'action sociale, dans l'éducation, dans la politique en générale. Avant d'inventer l'IA en France, il faudrait donc inventer l'humanisme...
a écrit le 10/02/2018 à 12:19 :
La France n’a tout simplement aucune chance parce qu'elle ne dispose que de très peu de budget et encore moins d’une expertise suffisante. Par contre, une coentreprise européenne du type Airbus mais pour l’IA... m’apparaît un projet plus plausible et envisageable. Mais là, j’y crois pas trop.
a écrit le 10/02/2018 à 11:54 :
La France a déjà perdu la course à l'IA. Elle risque d'avoir encore une guerre de retard. Il faudrait qu'elle investisse dans le tueur d'IA, tout comme la NSA a investi massivement dans le malware. L'objectif serait de d'influencer, de prendre le contrôle ou de détruire l'IA adverse. Microsoft a démontré sans le vouloir la vulnérabilité de son IA, malgré sa performance reconnue. L'avenir est donc dans la manipulation des IA, car il y en aura de plusieurs types.

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