Les GAFAM ont toujours autant d'influence à Bruxelles

Sur 612 entreprises tentant d'influencer les décisions prises par les responsables politiques européens, 20% d'entre elles sont basées aux Etats-Unis, selon une étude qui pointe aussi les connivences avec des think tank et certains partis politiques.

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Comme l'an passé, Google domine ainsi le classement des dépenses de lobbying avec 5,75 millions d'euros investis, selon l'étude CEO.
Comme l'an passé, Google domine ainsi le classement des dépenses de lobbying avec 5,75 millions d'euros investis, selon l'étude CEO. (Crédits : REUTERS FILE PHOTO)

Nouvelle régulation de l'Internet avec le "Digital Services Act", protection de la vie privée, droits d'auteur, taxation, cryptomonnaies... les Gafam sont régulièrement dans le collimateur des régulateurs européens et des nouvelles législations. Aussi, jamais le besoin d'influencer les politiques publiques votées à Bruxelles n'aura été aussi pressant en 2020. Comme l'an passé, Google domine ainsi le classement des dépenses de lobbying avec 5,75 millions d'euros investis, suivi par Facebook (5,5 millions), Microsoft (5,25 millions), Apple (3,5 millions), selon l'étude menée par l'ONG Corporate Europe Observatory (CEO) publiée mardi 31 août. L'autre fait notable est cette année la cinquième place du Chinois Huawei, avec 3 millions d'euros dépensés.

En 6e position se trouve Amazon avec 2,75 millions d'euros, suivi par IBM, Intel, Qualcomm et Vodafone Belgium (ayant dépensé 1,8 million d'euros chacun). Au total, 20% des entreprises pratiquants le lobbying à Bruxelles sont basées aux Etats-Unis, selon cette étude qui précise que les firmes se regroupent parfois sous le statut d'autres entités, telles des associations, pour porter leurs intérêts auprès des décideurs.

A eux seuls, les GAFAM ont pesé 22,9 millions d'euros dépensés en lobbying en 2020, selon CEO.

Tandis que les lobbyistes sont parvenus à s'immiscer dans les trois-quarts des 270 réunions tenues par des membres de la Commission européenne, les dépenses des Big tech en matière de lobbying surpassent celles des grands laboratoires, des entreprises pétrolières et chimiques qui dominaient traditionnellement ce classement, précise l'étude.

Trois mois avant la présentation du "Digital Services Act", le texte fondateur censé intervenir sur les maux de l'Internet (désinformation, haine en ligne...) ou les distorsions de concurrence créés par les Gafam, le Financial Times révélait que Google préparait une campagne agressive à l'encontre du Commissaire européen Thierry Breton visant notamment à affaiblir ses soutiens.

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Les connivences avec les think tank

Google, Huawei, Microsoft ont réagi en rappelant leur souhait de partager ces données. « Nous cherchons à être un partenaire constructif et transparent avec les responsables des politiques publiques européens », a commenté ce dernier cité par l'agence Reuters. Facebook, Apple et Amazon n'ont, eux, pas immédiatement réagi.

De même, l'étude pointe des connivences entre des associations, des think tanks (dont les fonds perçus ne sont pas toujours précisés par les GAFAM) et même des partis politiques à promouvoir le même discours. La Commission européenne a rejeté cette critique, note l'étude.

En 2019, les Gafam (avec Microsoft) avaient dépensé 21 millions d'euros (avec des données de 2018 transmises par Google), indiquait l'ONG. Les meetings et les actions menés auprès de politiques, mais aussi au travers de think tanks, tentaient alors notamment d'infléchir le RGPD (le Règlement pour la protection des données) en préparation.

Basée à Bruxelles, Corporate Europe Observatory est financée par des dons privés, "ainsi que par les subventions de fondations", explique-t-elle sur son site. Elle précise toutefois refuser des fonds émanant d'institutions européennes.

Au total, 612 entreprises, groupes et associations ont dépensé plus de 97 millions d'euros (114 millions de dollars) sur l'année jusqu'à la mi-juin 2021.

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Commentaires 2
à écrit le 01/09/2021 à 11:53
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On veut encore nous faire croire que sans ces "influences néfastes", l'UE de Bruxelles aurait encore un avenir!

à écrit le 31/08/2021 à 22:45
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Margarethe Vestager s'est bien enrichie grâce aux GAFAM... c'est un peu la Nancy Pelosi européenne ou la gauche caviar qui fait semblant de détester les riches tout en faisant partie de cette minorité de privilégiés.

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