Nvidia se heurte au stress des marchés
François Manens
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Nvidia est devenue le baromètre de l'IA, et maintenant tout le monde s'inquiète de sa santé.
Dado Ruvic
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Nvidia est devenue le baromètre de l'IA, et maintenant tout le monde s'inquiète de sa santé.
Dado Ruvic
C'est devenu une rengaine. Depuis près d'un an, Wall Street retient sa respiration avant les résultats financiers trimestriels de Nvidia, hissé au rang de baromètre de l'intelligence artificielle. Le nouvel exercice fiscal, présenté mercredi soir à la fermeture des marchés (après 22 heures en France), n'a pas échappé à la règle : Dan Ives, analyste de Wedbush poussait cette fois l'hyperbole jusqu'à parler du « jour le plus important de la tech depuis des années. » Alors que l'euphorie caractérisait les précédentes échéances, la présentation d'hier s'annonçait plutôt sous le signe de l'inquiétude.
Pourtant, il était couru d'avance que l'entreprise communiquerait des performances économiques hors du commun. D'ailleurs, elle s'est exécutée, avec un chiffre d'affaires de 30 milliards de dollars pour la période allant de fin avril à fin juillet, largement au-dessus des 28,7 milliards de dollars attendus par les analystes. Ce montant traduit une croissance de 122% par rapport à l'an dernier, accompagnée d'un bénéfice net de 16,6 milliards de dollars, en augmentation de 168%. Mais ce n'était pas suffisant pour satisfaire les investisseurs de Wall Street : le titre perdait jusqu'à 7,42% dans les échanges électroniques postérieurs à la clôture de la Bourse.
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Cette réaction des marchés traduit le doute de plus en plus prégnant sur la capacité de Nvidia à poursuivre sa trajectoire exceptionnelle. « Il ne s'agit plus de dépasser les attentes, mais de les exploser » diagnostique Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown, auprès de l'AFP. L'entreprise a plus que doublé son chiffre d'affaires trimestriel par rapport à 2023. Sauf qu'en 2023, elle l'avait triplé par rapport à 2022, ont souligné plusieurs experts. Un constat quelque peu injuste, puisqu'en valeur nominale, la croissance reste évidemment supérieure cette année. Mais aussi un symbole des attentes démesurées pour le vendeur de processeur, dont la croissance devra bien un jour se tasser.
François Manens