Pas encore mature, mais déjà stratégique : les entreprises face au dilemme du quantique
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Thales
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« Rien ne sert de courir, il faut partir à point », affirmait malicieusement La Fontaine. D'après le dernier livre blanc du cabinet de conseil Bain & Company réalisé avec Le Lab Quantique, que La Tribune dévoile en exclusivité, c'est un peu pareil pour l'informatique quantique. Contrairement à l'IA générative, dont l'adoption est devenue un sprint pour les entreprises après l'apparition subite de ChatGPT, « l'informatique quantique est une course de fond, un marathon qui se prépare dès maintenant pour ceux qui veulent être prêts quand la bascule technologique arrivera », alerte Laurent-Pierre Baculard, associé senior chez Bain & Company et co-auteur de l'étude.
D'après le consensus des experts consultés — les start-up phares du secteur dont Pasqal, Alice & Bob ou Quandela, les grands groupes en pointe comme Thales, des spécialistes comme Olivier Ezratty —, ce fameux « point de bascule technologique » pourrait arriver dès 2028-2029. Ce serait le moment où les opérateurs de calcul quantique réussiront à créer 100 qubits logiques, c'est-à-dire des qubits corrigés des erreurs.
À partir de ce seuil, le calcul quantique pourrait résoudre des problèmes aujourd'hui inaccessibles aux machines classiques, comme la simulation moléculaire, l'optimisation combinatoire, ou encore la fixation d'un prix financier complexe. Selon Laurent-Pierre Baculard, « ce seuil fera enfin passer le quantique d'un sujet de laboratoire à un levier de compétitivité industrielle », estime-t-il.
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Mais attention : ce n'est pas parce que l'industrie atteindrait un point de bascule dans les quatre prochaines années, que les entreprises pourront en profiter facilement. « Il n'y aura pas dans le quantique l'émergence subite d'un usage révolutionnaire comme ChatGPT, qui a changé la donne du jour au lendemain », prévient Laurent-Pierre Baculard.