Tout savoir sur Wiz, le spécialiste de la cybersécurité que s'offre Google

Agathe Perrier

Google est déjà passé à l’attaque l’été dernier en proposant à Wiz 23 milliards de dollars (21 milliards d’euros) pour la racheter.
Steve Marcus

Agathe Perrier

Google est déjà passé à l’attaque l’été dernier en proposant à Wiz 23 milliards de dollars (21 milliards d’euros) pour la racheter.
Steve Marcus
[Article publié le mardi 18 mars 2025 à 12h37, mis à jour à 15h37]
Elle a été fondée en 2020 par un quatuor d'anciens officiers de l'armée israélienne, pays réputé pour ses compétences en cybersécurité : Assaf Rappaport, qui la dirige toujours aujourd'hui, Yinon Costica, Roy Reznik, et Ami Luttwak. Basée à New York, elle compte environ 900 employés aux États-Unis, en Europe, en Asie et en Israël.
Wiz déploie des solutions de sécurisation pour l'informatique dématérialisée (plus communément appelé « cloud »). Leur rôle : « détecter, répondre et enquêter » sur les cybermenaces qui visent les environnements cloud des entreprises. Car, avec la migration massive des données de haute valeur vers le cloud (des serveurs placés dans de grands data centers), de nouvelles problématiques de sécurité sont apparues, notamment dans la gestion des flux de données. Il ne s'agit donc plus pour les entreprises de seulement protéger les postes de travail de leurs employés : elles doivent également se soucier de ces espaces numériques à distances où se trouvent des volumes colossaux de données. Ce que se propose de faire Wiz. Selon son site internet, elle compte la moitié des 100 plus grosses compagnies des États-Unis parmi ses clients.
La start-up a ciblé le bon filon. Elle a rapidement dépassé la barre symbolique des 100 millions de dollars (91,4 millions d'euros) de chiffre d'affaires récurrent (à peine 18 mois après sa création). Nouveau seuil symbolique franchi à l'été 2024 : 500 millions de dollars (457,2 millions d'euros). Et autre preuve de l'engouement que suscite la jeune pousse : lors de sa dernière levée de fonds en mai 2024, elle a obtenu 1 milliard de dollars (910 millions d'euros) pour une valorisation de 12 milliards de dollars (près de 11 milliards d'euros).
Car Alphabet, la maison mère de Google, veut justement se renforcer dans le cloud. Wiz deviendrait alors une brique essentielle pour sécuriser cette offre et un argument de vente de taille face à ses concurrents, Amazon Web Services (AWS) et Microsoft Azure, solides numéros 1 et 2 du marché actuellement.
Le géant américain est d'ailleurs déjà passé à l'attaque l'été dernier. Il avait proposé à Wiz la coquette somme de 23 milliards de dollars (21 milliards d'euros) pour la racheter. Mais a reçu, en guise de réponse, une fin de non-recevoir. « Bien que nous soyons flattés par les offres que nous avons reçues, nous avons choisi de poursuivre notre chemin pour construire Wiz », avait expliqué Assaf Rappaport dans un courriel adressé à son personnel. Objectif : attendre afin de maximiser les chances d'une prochaine introduction en Bourse de la start-up.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité tech.

L'une des autres raisons derrière ce refus était de ne pas prendre le risque de voir l'opération être retoquée. Car l'accord aurait dû être validé par les régulateurs américains et la start-up craignait qu'il ne franchisse pas les obstacles antitrust — d'autant plus que Google a déjà deux procédures en cours avec la justice américaine au sujet de son monopole sur le marché de la recherche en ligne et dans le cadre d'accusations de pratiques déloyales dans son marché publicitaire.
Alphabet a conclu un « accord définitif » pour le rachat de Wiz, selon un communiqué publié ce mardi. Pour un montant bien plus élevé que celui proposé huit mois en arrière : 32 milliards de dollars (29,3 milliards d'euros). Confirmant ainsi des informations relayées la veille par le Wall Street Journal, qui a été le premier à rapporter la reprise des discussions entre les deux parties. Cette prise de contrôle se fera entièrement en numéraire et devrait être finalisée en 2026.
À lire également
Reste que la situation au niveau réglementaire n'a pas changé depuis l'été et les régulateurs américains pourraient faire capoter le projet. Si l'opération se concrétise, il s'agira en tout cas de la plus importante acquisition de l'histoire d'Alphabet, loin devant le rachat en 2012 de Motorola Mobility, qui lui avait pourtant coûté pas moins de 12,5 milliards de dollars (11,4 milliards d'euros).
Agathe Perrier
Chez Meta, la responsable de l’IA au travail part en pleine contestation interne
Tibi 3 : les investisseurs institutionnels débloquent 13 milliards d'euros sur 7 ans pour financer la tech
Musique : l'inégale répartition des 319 millions d’euros versés par Spotify aux artistes français
W, le réseau social européen qui compte défier X