Camille Thérond-Charles : objectif indépendance

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Camille Thérond-Charles.
Camille Thérond-Charles. (Crédits : DR)
Que ce soit dans le conseil aux services de banques ou aux bateaux volants de SeaBubbles, le but de Camille Thérond-Charles a toujours été l'indépendance. Elle l'a atteint avec sa startup Client Addict, spécialisée dans la relation client.

L'indépendance : c'est ce qu'a toujours recherché Camille Thérond-Charles dans sa vie professionnelle. Elle l'a obtenue avec sa startup Client Addict, qui conseille les marques en matière de relation client. Mais avant de travailler en solo, la mère de trois enfants a eu une longue carrière dans le conseil et le secteur bancaire. Après avoir obtenu son diplôme de l'ESC Lille (aujourd'hui Skema) en 2000, avec une spécialité audit et expertise, elle débute chez Andersen Consulting (devenu Accenture) au Luxembourg. Jeune consultante, elle travaille sur des projets CRM au Benelux et en France, auprès d'institutions financières. « Mon premier chantier a été l'implantation du logiciel Siebel (racheté par Oracle) pour la banque néerlandaise ING. Ça m'a plu et je me suis appliquée à développer une expertise dans ce domaine », explique la jeune femme.

En 2007, Barclays Bank la recrute pour développer une des premières banques à distance du marché, avec comme priorité une réduction des coûts en gérant à distance et hors agence les clients les moins rentables. Tout juste trentenaire à l'époque, Camille Thérond-Charles s'occupe de tout : trouver l'outsourceur [prestataire de services, ndlr], le logiciel de CRM, recruter l'équipe en externe et interne, faire la communication et le marketing.

Au-delà du secteur bancaire

Quatre ans plus tard, elle part chez American Express pour prendre en charge les partenariats bancaires pour les cartes premium Platinum et Centurion. « Je m'occupais d'une trentaine de comptes sur Paris, Monaco et les DOMTOM, que je devais animer pour qu'ils vendent ces cartes haut de gamme. J'ai créé un serious game, des miniséries vidéos, et j'ai même proposé les cartes Centurion - qui s'obtiennent uniquement sur invitation et coûtent 6000 euros la première année - aux joueurs du PSG », raconte Camille Thérond-Charles.

Elle reste quatre ans chez Amex avant de rejoindre John Paul, la conciergerie pour VIP, comme directrice commerciale. Une manière de satisfaire son appétence pour la relation client au-delà du secteur bancaire et financier. « J'étais en charge des nouveaux contrats, et ce qui me plaisait le plus était de délivrer des conseils aux prospects. Mais après un an, j'ai dit à David Amsellem, le PDG, que j'avais envie de retourner dans le conseil », se souvient Camille Thérond-Charles. Le fondateur de John Paul lui propose alors de monter sa propre société pour travailler sur le budget Chanel, qui la réclamait expressément. Client Addict naît en 2016, avec Chanel comme premier client, suivi par la Société Générale et Bénéteau.

Alerte jaune

« Je me suis rendu compte que je connaissais des gens également sous statut d'indépendant qui avaient envie de travailler avec moi et j'ai enchaîné les projets à la fois pour des grands groupes et des startups, dont SeaBubbles », résume-t-elle. La société fondée par Alain Thébault, l'inventeur de l'Hydroptère, veut révolutionner le transport fluvial urbain. Camille Thérond-Charles est embauchée pour monter le business plan, puis devient directrice générale adjointe, tout en conservant sa société.

« Juste avant SeaBubbles, j'ai aussi racheté avec une amie entrepreneure Le Livre bleu, un ouvrage qui existe depuis 1962, distribué gratuitement dans les maternités, que nous sommes en train de dépoussiérer et de digitaliser », ajoute la maman de jumeaux grands prématurés, nés à moins de six mois en mars 2012. La fille souffre d'une maladie rare, une atrésie des voies biliaires. « En plus, pour accueillir les jumeaux, nous faisions à mon domicile des travaux, qui se sont très mal passés. J'ai perdu quinze kilos et j'étais vraiment au bout du rouleau », se rappelle la quadra. Heureusement, l'opération (qui ne réussit que dans un tiers des cas) se passe bien, mais la petite fille reste hospitalisée trois mois de plus pour un angiome (malformation des vaisseaux sanguins) sur la cuisse.

À l'issue de cette période difficile, la fondatrice de Client Addict contacte l'association AMFE (Association Maladies Foie Enfants), dont elle prend la vice-présidence, puis la présidence en mars 2017. L'AMFE a trois missions : soutien aux enfants, au personnel soignant et aux familles, dépistage et aide à la recherche.

« Nous avons monté la campagne "La minute blonde pour l'alerte jaune" avec l'actrice Frédérique Bel, pour faire connaître la maladie », précise Camille ThérondCharles, qui, depuis cette épreuve, « voit encore plus le verre à moitié plein ». Un optimisme qu'elle met au service de ses projets de relation client et de développement business.

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MINIBIO

  • Juillet 1977 Naissance à Chalon-sur-Saône (71).
  • 1995 Bac S.
  • 2000 Diplômée de Skema (ex-ESC Lille).
  • 2000-2007 Accenture Luxembourg.
  • 2007-2011 Barclays Bank.
  • 2011-2015 American Express.
  • Mars 2012 Naissance de ses jumeaux.
  • Juillet 2012 Opération réussie de sa fille.
  • 2015-2016 John Paul.
  • 2016 Création de Client Addict.
  • Janvier 2016 Rachat du Livre Bleu.
  • Février 2016-décembre 2016 SeaBubbles.
  • Mars 2017 Présidente de l'AMFE.

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Commentaires
a écrit le 26/02/2018 à 8:33 :
Ma petite entreprise fonctionne parfaitement. Je n'ai jamais eu besoin de demander "conseil" a qui que ce soit. J'ai pris tous les risques qu'ils soient financiers et societaux sans aides aucunes. La seule demarche importante ou j'etais totalement ignorant a ete celle de l'immigration, draconienne, ne supportant pas la moindre improvisation. Les chambres de commerces existent pour cela et sont gratuites. Ces pseudos "services" ne servent qu'a faire cracher du fric pour des clous. A eviter absolument.
a écrit le 25/02/2018 à 19:08 :
LE problème est que nous avons tellement d'indépendants dépendants indirectement de gros groupes qu'il est difficile de mesurer le taux d'indépendance de tel ou tel acteur économique.

Et ce qui est étrange c'est que là ou il y a le plus d'indépendants dépendants c'est dans les secteurs louches comme l'agro-industrie, le secteur pétrolier et chimique, le nucléaire et surtout la finance dont une somme colossale de curés indépendants nous assènent pourtant les mêmes messes que celles des actionnaires milliardaires.

Comment rendre un acteur dépendant indépendant ? Simple, marteler, des milliers de fois s'il le faut, dans les médias qu'ils sont indépendants.

Bref, hélas au sein d'acteurs économiques et politiques aussi corrompus que grotesques il va falloir trouver de nouveaux outils garantissant réellement l'indépendance des uns et des autres et surtout de ceux qui le brandissent tel un étendard.

D'exprimer ses analyses sur internet peut être un bon moyen, Santi nous a démontré plusieurs fois qu'il ne se laissait pas influencer par les uns ou les autres d’où la qualité exceptionnelle de ce qu'il produit, ne le protégeant pas de l'erreur mais même une erreur, formulée en toute objectivité a une grande valeur et est donc aussi productive.

C'est tout notre système économique qui bondirait d'un pas en avant s'il se sortait enfin de cette compromission permanente le condamnant à la médiocrité, au mieux, a perpétuité.

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