CES 2019 : Gyrolift, le fauteuil qui permet de se déplacer autant assis que debout

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Conçu sur la base d'un véritable gyropode façon Segway, cet engin, plus léger qu'un fauteuil électrique classique et qui dispose d'une plus petite empreinte au sol, pourrait bien devenir un outil indispensable pour le quotidien des personnes à mobilité réduite.
Conçu sur la base d'un véritable gyropode façon Segway, cet engin, plus léger qu'un fauteuil électrique classique et qui dispose d'une plus petite empreinte au sol, pourrait bien devenir un outil indispensable pour le quotidien des personnes à mobilité réduite. (Crédits : DR)
LES STARTUPS STARS / ILE-DE-FRANCE. Premier dispositif de mobilité basé sur un gyropode, Gyrolift permet aux personnes à mobilité réduite la possibilité de se déplacer debout ou assis. Mis au point par le docteur en robotique Lambert Trénoras, ce fauteuil verticalisateur devrait permettre d'ouvrir de nouvelles perspectives sociales, professionnelles et quotidiennes.

Bienvenue dans l'ère de la "mobilité augmentée".  La startup francilienne Gyrolift, lauréate en 2018 du Prix 10.000 startups pour changer le monde organisé par La Tribune, présente au CES 2019 de Las Vegas son fauteuil roulant passe-partout, qui permet de se déplacer sur deux roues parallèles avec les mouvements du buste.

Conçu sur la base d'un véritable gyropode façon Segway, cet engin, plus léger qu'un fauteuil électrique classique et qui dispose d'une plus petite empreinte au sol, pourrait bien devenir un outil indispensable pour le quotidien des personnes à mobilité réduite. Une application permet même à son pilote de passer d'une position assise à une position verticale pour se tenir quasiment debout, pratique pour attraper un objet en hauteur ou accéder à des plans de travail « conventionnels ».

Une aide au maintien et à la réinsertion sociale

« Permettre aux personnes à mobilité réduite de se lever, c'est leur redonner une autonomie », explique Maxime Giraux, directeur financier de Gyrolift. A l'origine de cette idée innovante, Luc Soubielle, président de l'association Handipode et Eric Monacelli, professeur à l'Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, qui ont mis au point et confié un sujet de thèse en 2011 à Lambert Trénoras, alors doctorant en robotique. Rapidement, des premiers prototypes sont créés et des premiers brevets sont déposés. En mai 2017, Lambert Trénoras crée son entreprise à Paris, qui emploie aujourd'hui cinq personnes pour développer ce fauteuil capable de se faufiler partout et doté d'une autonomie d'une quarantaine de kilomètres pour une utilisation « normale ». Selon Maxime Giraux, le poids, « élément important pour les déplacements en voiture, par exemple » du dernier modèle est estimé entre 50 et 60 kg et peut aller jusqu'à 10km/h.

Dans une logique d'accessibilité universelle, Gyrolift affirme par le biais de son dispositif pouvoir réduire dans une certaine mesure les coûts de mise aux normes en termes d'accessibilité. Dans le monde du travail, il permet de la même façon aux utilisateurs du fauteuil, de se sentir égal à égal avec leurs collaborateurs qui ne sont pas en situation de handicap et mobilité réduite.

« Nous avons adapté le fauteuil pour que les personnes puissent l'utiliser dans le cadre professionnel, en perturbant le moins possible l'activité normale. Le fait que Gyrolift ait une largeur assez réduite lui permet de passer des portes qui ne sont pas aux normes ou de se faufiler dans n'importe quel ascenseur », précise Maxime Giraux.

Selon les derniers chiffres publiés par l'Agefiph (Association de gestion du fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées), près de 510.000 demandeurs d'emploi sont en situation de handicap, soit 8,6% des demandeurs d'emploi tout public. Pour rappel, tout employeur occupant au moins 20 salariés est tenu d'employer des travailleurs handicapés dans une proportion de 6% de l'effectif total de l'entreprise.

Facile d'utilisation et maniable pour les personnes âgées

L'avantage de ce fauteuil, qui offre une possibilité de "se verticaliser", est également d'ordre psychologique. Être à la même hauteur que son interlocuteur lors d'une discussion permet d'effacer la visibilité du handicap, contrairement aux fauteuils plus classiques dans lesquels l'utilisateur reste en position assise.

Si Gyrolift se destine d'abord aux personnes à mobilité réduite dont le haut du corps reste fonctionnel, il peut aussi très bien convenir comme moyen de locomotion pour d'autres profils, comme les personnes âgées. Le dispositif se veut d'ailleurs facile d'utilisation et beaucoup plus maniable qu'un fauteuil roulant, car il n'y a pas d'angle de braquage. Les utilisateurs peuvent effectuer des manœuvres à 360 degrés. Pour se déplacer, comme sur un gyropode, il faut se pencher vers la direction voulue pour diriger son déplacement.

« Il faut un petit temps d'adaptation. C'est en tout cas beaucoup plus simple à manœuvrer que les mono-roues qu'on peut voir ces derniers temps dans la rue. Lorsqu'on est assis, on a d'ailleurs beaucoup moins de problèmes d'équilibre, notre centre de gravité est plus bas », explique Maxime Giraux

Levée de fonds en vue, commercialisation au printemps 2019

La commercialisation du fauteuil est prévue pour le printemps 2019. Actuellement en cours de levée de fonds, Gyrolift souhaite proposer son dispositif à la vente aux alentours de 14.000 euros, tandis que le prix d'« un fauteuil roulant électrique qui donne la possibilité de se redresser peut aller jusqu'à une cinquantaine de milliers d'euros », rappelle Maxime Giraux. La startup envisage également de mettre son fauteuil en location longue durée sur 36 mois à partir de 350 euros par mois, « ce qui rendrait le dispositif encore plus accessible », selon Maxime Giraux,  ajoutant qu'à terme ce type de matériel pourrait prétendre à des aides de financement en provenance de la Sécurité sociale, de structures régionales ou encore de mutuelles.

Des premières commandes ont été passées par des entreprises qui souhaitent améliorer l'accessibilité sur leurs lieux de travail, telles que le gestionnaire du réseau d'électricité, Enedis, qui a d'ailleurs été le premier à soutenir l'idée et à financer le développement, ou encore Thalès et Dassault Systèmes. Gyrolift, qui fait partie de la délégation Paris Régions Entreprises, compte sur sa présence au CES 2019 à Las Vegas pour asseoir davantage sa présence dans le marché de la santé.

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Commentaires
a écrit le 08/01/2019 à 10:32 :
Benhalla fait du segway. Pas pu resister. Je sors.

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