Hugo Mercier, le marchand de sable digital
Patrick Cappelli
Patrick Cappelli
Hugo Mercier n'a que 25 ans mais il empile déjà les diplômes les plus prestigieux : bac scientifique à 14 ans, puis ISAE Supaéro, l'université de Berkeley en Californie et Polytechnique. Le jeune homme, distingué récemment par le MIT comme un des dix meilleurs entrepreneurs français de moins 35 ans, passe deux ans à Supaero avant de découvrir que l'innovation et l'entrepreneuriat l'intéressent plus que l'espace. « En 2013, Polytechnique a créé un double diplôme avec Supaero, avec des cours plus orientés business. J'ai fait une demande sur dossier qui a été acceptée », raconte Hugo Mercier. Son intérêt pour l'entrepreneuriat s'exprime en parallèle de ses études : le jeune ingénieur de 22 ans développe ainsi des projets comme la création de l'incubateur de Supaero, ou le conseil aux entreprises dans le cadre du Numa.
Le futur cofondateur de Dreem avec Quentin Soulet de Brugière arrive dans l'univers des neurosciences par le biais de sa famille :
Il se tourne alors vers son oncle Stéphane Charpier, professeur de neurosciences à l'Université Pierre-et-MarieCurie (Paris VI), et découvre une équipe qui travaille depuis 2006 sur ce concept d'amélioration de la qualité du sommeil grâce à la stimulation cérébrale auditive.
« L'idée de base est relativement simple : le cerveau régule notre sommeil. Si on arrive à changer son activité par des biais externes, il est possible d'améliorer la manière dont on dort », explique le polytechnicien.
En janvier 2014, Hugo Mercier se rend compte que son projet de transposer les outils de la recherche (40 électrodes sur le crâne) dans un produit grand public ne va pas être simple, car il n'existe rien de comparable. Ce qui n'empêche pas les deux cofondateurs de créer Rythm en juillet de la même année, et de lever des fonds grâce à la rencontre avec Laurent Alexandre (fondateur de Doctissimo, de DNAVision et actionnaire de La Tribune) qui les soutient et investit une somme conséquente dans le projet. En trois ans, Rythm lève 20 millions d'euros, dont une partie par Xavier Niel à titre personnel et une autre par le fonds de la Maif.
Rythm développe d'abord plusieurs prototypes avant de fabriquer en juillet 2016 une version bêta du bandeau Dreem.
Plus de 7.000 personnes s'inscrivent en quelques semaines sur le site de la société et Rythm en sélectionne 500 qui vont utiliser Dreem durant près de dix mois.
Un programme qui a permis de valider cette technologie capable de répliquer les niveaux de performance des équipements de laboratoire avec un produit miniaturisé (seulement six capteurs), léger (80 grammes) et surtout qui fonctionne tout seul. « C'est le bandeau qui lit et analyse l'activité cérébrale en temps réel, et déclenche les stimulations audio, alors qu'en laboratoire ce sont les chercheurs qui le font », précise le cofondateur de Rythm.
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À l'époque, Dreem augmente la qualité de sommeil profond de 32 % en moyenne, d'après Hugo Mercier. L'équipe développe ensuite un produit un tiers plus petit et un tiers plus léger, le perfectionne (mesure du rythme cardiaque et de la fréquence respiratoire) et élargit la gamme de ses fonctionnalités.
En plus de l'induction de sommeil profond et du réveil optimisé, Dreem propose désormais quatre techniques qui réduisent le temps d'endormissement de 45 %, par exemple en jouant des sons ou en prononçant des mots.
Pour pouvoir personnaliser les programmes, Rythm doit stocker les données pour effectuer du machine learning. « Nous avons une politique de transparence et un engagement éthique : ces données ne seront jamais vendues à des tiers », affirme l'ingénieur.
Garanti deux ans, le bandeau Dreem est disponible en précommande sur le site https://dreem.com/fr/ pour 399 euros. Le prix à payer pour s'endormir en mode 3.0...
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