A la veille d’accueillir l’édition 2024 des « Journées hydrogène dans les Territoires », Dijon métropole inaugurait ce lundi, sa première station de production et de distribution d’hydrogène vert. Après deux ans de retard, cette inauguration marque une étape importante dans la stratégie de décarbonation de Dijon métropole. Son objectif est d’atteindre une diminution de 40% de ses GES d’ici 2030.C'est au moment du renouvellement de sa flotte de bus et de bennes à ordures, dès 2018, que Dijon métropole s'est posée la question de l'hydrogène pour ses mobilités. Fortement impliquée dans une stratégie de décarbonation - Dijon métropole fait notamment partie de la mission européenne « 100 villes climatiquement neutres et intelligentes d'ici 2030 - par et pour les citoyens » - elle a choisi de s'engager dans la filière hydrogène. « Nous visons un projet complet, de la production jusqu'à la consommation locale », souligne François Rebsamen, maire de Dijon et président de Dijon métropole.
100 millions d'euros engagés
C'est ainsi qu'un programme de 100 millions d'euros voit le jour, dont 30% pour la construction des deux stations d'hydrogène et 70% pour le renouvellement des bennes et des bus à hydrogène. Les subventions totales sur le projet représentent plus de 24 millions d'euros, dont 12,6 millions d'euros pour la construction des deux stations, répartis comme suit : 11, 6 millions d'euros pour l'Ademe, 2,6 millions d'euros pour la région Bourgogne-Franche-Comté, 9 millions d'euros de l'Union Européenne.
La banque des territoires soutient également le projet sous la forme de prêts à hauteur de 7 millions d'euros pour les deux stations, et 5 millions d'euros de la banque européenne d'investissement pour l'acquisition des bus.
Trois bornes pour les poids lourds et une pour les voitures
« La capacité quotidienne de production d'hydrogène est de 430 kg, soit l'avitaillement d'une vingtaine de véhicules lourds par jour », précise Guillaume Haudebert, directeur des opérations d'Inthy, société qui a assuré la conception et la construction de la station. Cette dernière dispose de trois bornes de distribution avec une pression de sortie de 350 bars pour les poids lourds et d'une borne de distribution à 700 bars pour les véhicules légers. « Il faut moins de 20 minutes de temps de recharge en hydrogène vert pour les véhicules lourds pour une autonomie de 300 km et entre 3 et 5 minutes de temps de recharge en hydrogène vert pour les véhicules légers pour une autonomie de 500 à 650 km d'autonomie », poursuit-il. Au total, la station devrait permettre d'éviter 1.200 tonnes de rejets de CO2 par an.