Moins d'argent venu des banques et hausse des taux, moins de campagnes de financement participatif (crowdfunding) parce que les critères ont changé : pour les jeunes pousses de la tech, ce sont autant de guichets d'investissement en moins. Et plus de difficultés à réunir des fonds.
L'heure de l'argent facile et de l'économie de haut de bilan est révolue : les jeunes entreprises doivent davantage convaincre par leur croissance et des chiffres réels que sur un potentiel ou un concept. « Cela a du bon, cela oblige les startups à être plus responsables de leurs résultats » jugeait en janvier dernier Hugues Meili, président-directeur général de Niji, spécialiste des services numériques, lors d'une discussion du club ETI Bretagne sur la collaboration avec les startups. « On a laissé croire que l'innovation ne pouvait être qu'hors-sol. L'économie de bas de bilan s'avère plus saine » ajoute-t-il. Au-delà du développement technologique et de la preuve de concept, le passage compliqué à la rentabilité peut aussi inspirer des modèles alternatifs.
Au sein de la French Tech Rennes Saint-Malo, où une entreprise sur deux se sent fragile financièrement, Steeple (10 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2023), fait ainsi figure de cas atypique. Grâce à son outil de communication interne phygital par abonnement, la scale-up en hypercroissance se finance par les ventes et n'a levé aucun fonds depuis sa création en 2015 car rentable dès le premier jour. Un
«
gage de stabilité »
selon son dirigeant Jean-Baptiste de Bel Air.