La start-up Tellux veut révolutionner la dépollution des friches indusrielles
Nathalie Jourdan
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En sortie du démonstrateur, les terres polluées tombent d'un côté, les saines de l'autre.
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En sortie du démonstrateur, les terres polluées tombent d'un côté, les saines de l'autre.
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Chaque année en Europe, des centaines de milliers de tonnes de terres salies par des hydrocarbures ou des substances chimiques sont extraites de sites industriels à l'abandon ou en reconversion. Le coût du nettoyage ou de l'élimination des dites terres est prohibitif. Suivant les cas, il oscille entre 50 et 600 euros la tonne. De quoi hypothéquer la réutilisation de beaucoup de friches. Face au mur de dépenses, les collectivités ou les entreprises hésitent souvent à réinvestir des terrains pollués... quand elles n'y renoncent pas.
C'est ce qui fait tout l'intérêt de la solution mise au point par l'équipe de Tellux. En trouvant le moyen d'opérer in situ un tri sélectif des terres excavées, elle ouvre la voie à une réduction drastique des coûts de dépollution. Pour bien comprendre, il faut savoir qu'aujourd'hui les lots contaminés dirigés vers les filières de traitement sont très hétérogènes. Parce qu'ils sont catégorisés à partir d'échantillons de quelques kilos, ils renferment des portions fortement polluées et d'autres qui ne le sont pas ou peu.
L'approche alternative de la start-up normande, qui emploie neuf collaborateurs, change la donne. Logée dans un conteneur, l'installation mobile qu'elle a conçue sous le nom d'Hyperscan EcoProbe permet de séparer, à la source, les terres saines des terres contaminées. Composée d'un convoyeur et d'un module d'imagerie à haute résolution, sa machine calibrée au préalable par l'IA analyse en temps réel leur teneur en polluants puis déclenche un tri automatique. Le bon d'un côté, le mauvais de l'autre.
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« On met fin à un gaspillage massif de ressources. Grâce à cette technologie, on réduit de 30 à 80% le volume des terres à dépolluer tandis que les sols sains peuvent être réutilisés sur place », fait valoir Antonin Van Exem, fondateur de Tellux. Utilisée il y a peu par la firme allemande Nukem Technologies sur un site nucléaire belge, l'équipement a même permis d'aller au-delà de ce ratio. « Nous avons réussi à sortir 95% de terres non polluées », témoigne Mhedi Tbatou, chef de projet en ingénierie chez Nukem.
Nathalie Jourdan