La startup de la semaine : Share.Place, la solution tout-en-un pour la collaboration en entreprise

 |   |  753  mots
Illustration. Pour tirer son épingle du jeu sur un marché très concurrentiel, Share.Place mise sur une organisation plus claire des flux.
Illustration. Pour tirer son épingle du jeu sur un marché très concurrentiel, Share.Place mise sur une organisation plus claire des flux. (Crédits : Headway / Unsplash)
Toutes les semaines, La Tribune braque les projecteurs sur une pépite méconnue de la French Tech. Cette semaine, Share.Place. Lancée en 2017, cette plateforme collaborative mise sur la blockchain et le chiffrement de bout-en-bout pour se distinguer sur un marché très concurrentiel.

Une startup peut en cacher une autre. Lancée en juin 2017 depuis Paris, la plateforme collaborative Share.Place a germé dans l'esprit de Fabrice Bonan alors qu'il s'occupait de l'introduction en Bourse de sa première pépite, l'éditeur de logiciels Talend.

"Lors de notre processus d'introduction en Bourse en 2016, nous avons dû réaliser un travail préparatoire sur plusieurs mois pour l'audit. Cela faisait appel à beaucoup de services : les équipes tech, les ressources humaines, les services financiers et juridiques... C'était d'autant plus compliqué que nous avions des bureaux dans plusieurs pays. Je me suis rendu compte à quel point la collaboration pour de tels projets est difficile", affirme le PDG et co-fondateur de Share.Place.

Share.Place est un logiciel SaaS (logiciel en tant que service, reposant sur une logique d'abonnement et non de licence). Comme de nombreux outils collaboratifs - Slack, Microsoft Teams, Trello... - la plateforme permet aux salariés d'une même entreprise de communiquer et de partager toutes sortes de documents entre eux.

Lire aussi : Slack démarre en trombe en Bourse et vaut désormais 20 milliards de dollars

Blockchain et chiffrement de bout-en-bout

"Actuellement, la collaboration se structure autour de l'email, des services de partage et stockage en ligne comme Dropbox et Google Drive, des outils de messageries instantanées comme WhatsApp... Les employés sont obligés de jongler entre plusieurs outils, et bien souvent, ils se retrouvent dans un plat de spaghetti où il est difficile de connaître la bonne version d'un document et de comprendre le résultat final", estime Fabrice Bonan.

Sans oublier le sentiment d'être noyé sous les mails trop nombreux, pouvant engendrer une perte de productivité. Selon une étude du cabinet de conseil McKinsey, plus de 110 mails sont envoyés et reçus par jour en moyenne. Il faudrait environ 2 heures par jour pour les traiter.

Pour tirer son épingle du jeu sur un marché très concurrentiel, Share.Place mise donc sur une organisation plus claire des flux. La création de sujets se fait en arborescence, grâce à la création de sous-dossiers. La plateforme permet de consigner toutes les anciennes versions de documents et d'identifier rapidement les nouvelles. "Cela permet en un coup d'œil de connaître la progression d'un projet", précise le co-fondateur.

Share.Place conserve ces historiques grâce à la blockchain, cette technologie des chaînes de blocs pouvant être comparée à un gigantesque registre. "La blockchain nous permet de consigner et certifier tous les échanges : quelle personne a effectué quelle modification, verrouillé et envoyé telle version... Cela permet une traçabilité de toutes les actions", résume le cofondateur. Les documents et les textes transitant par Share.Place sont chiffrés de bout-en-bout, ce qui signifie qu'ils sont visibles uniquement par les correspondants. Le cryptage est disponible par défaut pour toutes les offres - là où des services comme Slack propose en option uniquement des clés de chiffrement pour ses abonnés payants.

Lire aussi : La galaxie Blockchain en France

Des notifications personnalisées grâce à l'IA

Dans une optique d'amélioration de la productivité, la plateforme propose également des notifications personnalisées grâce à l'intelligence artificielle.

"Un des risques avec les outils collaboratifs est de crouler sous les notifications incessantes. Nous analysons donc le comportement des utilisateurs pour identifier des processus récurrents. Par exemple, si un type de document est toujours créé par une équipe, modifié par X et validé par Z, alors nous préviendrons Z uniquement en fin de chaîne, lorsque le document sera déjà modifié par X", illustre le cofondateur.

Comme il est d'usage sur ce marché, Share.Place, qui n'est pas encore rentable, a opté pour un modèle "freemium". La startup propose donc trois offres. La première, qui est entièrement gratuite, dispose de fonctionnalités réduites. Deux abonnements sont ensuite proposés à 4 et 8 euros par utilisateur et par mois.

La startup d'une quinzaine de salariés cible aussi bien les TPE/PME, que les grands groupes. Six types de marchés sont particulièrement attractifs, selon Share.Place : le conseil, le marketing, les ressources humaines, la finance, l'éducation et le juridique. Parmi leurs clients, l'université Dauphine, mais aussi des groupes comme Air France, Cedrus Partners ou encore Fitness Park. Share.Place, qui vient de lancer son application mobile, vise 10.000 utilisateurs d'ici la fin de l'année. Déjà disponible en français et en anglais, la startup vise une expansion aux Etats-Unis courant 2020-2021.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :