Pourquoi l'application Nextdoor, le "Facebook des voisins", mise sur la vie de quartier

Implantée en France depuis un an, la licorne américaine Nextdoor permet via son application de mettre en relation les habitants d'un même quartier. Alors que la version française revendique 6.300 quartiers actifs, la startup souhaite développer plus de partenariats avec des entités locales en 2019.
Anaïs Cherif
Créée en 2011 en Californie, Nextdoor revendique 220.000 quartiers actifs dans huit pays - dont la France.
Créée en 2011 en Californie, Nextdoor revendique 220.000 quartiers actifs dans huit pays - dont la France. (Crédits : DR)

17% des Français ne connaissent aucun de leurs voisins par leur prénom*. C'est pour "renouer au-delà du simple bonjour" que Nextdoor s'est implanté dans l'Hexagone il y a un an, explique Karim Bassiri, responsable France de l'application. Créée en 2011 en Californie, Nextdoor permet de mettre en relation les habitants d'un même quartier. Le but ? S'échanger le contact d'un baby-sitter fiable, emprunter des outils de bricolage, échanger sur les derniers travaux de la municipalité, ou organiser des événements solidaires. Ce qui lui vaut le surnom du "Facebook du voisinage".

"Nous sommes pourtant aux antipodes de Facebook. Nextdoor ne mise pas sur la quantité, mais sur la qualité des relations", affirme Karim Bassiri. "Il y a une prise de conscience forte sur le fait que nous avons moins de relations de voisinage qu'avant. Nous voulons que la technologie permette de faire le premier pas pour encourager les gens à se rencontrer et répliquer les échanges dans la vraie vie."

Nextdoor a levé plus de 285 millions de dollars depuis sa création, notamment auprès de Google Ventures et Jeff Bezos, Pdg et fondateur d'Amazon. La startup est valorisée 1,5 milliard de dollars, selon CB Insights. Présent aujourd'hui dans huit pays (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Allemagne, Pays-Bas, Italie, Espagne et Australie), Nextdoor revendique 220.000 quartiers actifs. L'application ne communique pas sur son nombre d'utilisateurs.

Pas d'anonymat sur Nextdoor

En France, l'application est présente dans 2.400 villes via 6.300 quartiers - soit "plusieurs centaines de milliers d'utilisateurs", chiffre Karim Bassiri. "Notre croissance est organique car le principal canal de croissance est l'invitation des voisins entre eux." Le responsable assure également qu'il n'y a aucun profil type, les usagers allant de "20 à 80 ans". Pour constituer un quartier, qui se limite aux 100 mètres aux alentours du domicile, il est nécessaire d'avoir au moins 10 membres dans le groupe. Les utilisateurs doivent inscrire leur véritable adresse, vérifiée par la plateforme... Et l'anonymat n'existe pas sur Nextdoor.

"Nous misons sur l'ultra-local pour apporter une dynamique de quartier. Pour s'assurer qu'il s'agit de "vrais" échanges, les utilisateurs doivent communiquer sous leur véritable identité. Comme lorsque que vous allez chez votre boulangère, vous ne vous cachez pas derrière un pseudo", estime Karim Bassiri.

La modération des conversations appartiennent aux membres fondateurs des quartiers ou à des "ambassadeurs" bénévoles. Parmi les règles de conduite, Nextdoor incite à "ne pas diffuser des idées personnelles ou parler de problèmes extérieurs à la communauté, dont la portée peut être controversée (ndlr : comme la politique nationale ou la religion). Si tout un quartier considère qu'un sujet local suscite trop de controverses, il est possible de créer un groupe pour en parler plus librement", selon Karim Bassiri.

Vers des publicités très ciblées

Courant 2019, la startup souhaite passer davantage de partenariats avec des associations locales, des conseils de quartier ou encore des mairies. "D'un côté, il y a ces organismes qui souhaitent accroître leur auditoire et de l'autre, nous remarquons que les habitants souhaitent participer davantage à leur vie de quartier", souligne Karim Bassiri. En 2018, Nextdoor a déjà passé des partenariats avec Entourage, application qui promeut le lien social pour les sans-abris, et Astrée, association de lutte contre
l'isolement social.

L'application est gratuite pour les utilisateurs. Depuis plus d'un an et demi, Nextdoor a lancé sa monétisation aux Etats-Unis grâce à des annonces sponsorisées à destination des commerçants du quartier. Grâce aux précieuses données, l'application va être en mesure de proposer des publicités ciblées très finement pour attirer l'attention des consommateurs du coin de la rue. Ce modèle devrait ensuite être répliqué en France.

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*Sondage IFOP / Nextdoor, janvier 2018

Anaïs Cherif

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Commentaires 2
à écrit le 28/02/2019 à 9:31
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Le fait qu'il n'y ai aucunement besoin d'anonymat peut être attractif en effet maintenant les gens avec les réseaux sociaux se sont déjà bien habitués à parler avec leur identité dévoilée. Ce n'est pas idiot mais pas révolutionnaire non plus.

à écrit le 27/02/2019 à 16:22
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Les voisins ne sont pas si éloignés que cela pour qu'il soit question d'utilisé un téléphone!

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