Santé : La startup française Theraclion construit son rêve chinois

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L'Echopulse est utilisé par deux centres français: l'Hôpital Américain de Paris et le groupe hospitalier Diaconesses Croix Saint-Simon.
L'Echopulse est utilisé par deux centres français: l'Hôpital Américain de Paris et le groupe hospitalier Diaconesses Croix Saint-Simon. (Crédits : Theraclion)
La société, qui propose un système pour exciser des tumeurs sans cicatrice, a levé 1,8 million d'euros. Le laboratoire pharmaceutique chinois Furui entre dans le capital de Theraclion et lui offre une perspective de développement dans un marché géant.

Nouvelle levée de fonds pour Theraclion. Et nouvel investisseur. La startup française, qui développe l'Echopulse, une alternative à la chirurgie permettant de détruire une tumeur bénigne du sein ou de la thyroïde grâce la thérapie par ultrasons, a annoncé lundi 2 mai une levée de fonds de 1,8 million d'euros, après celle de 5,1 millions d'euros réalisée en 2015. Furui, un laboratoire pharmaceutique chinois, fait son entrée dans le capital de la startup française. Le chinois détient désormais 8,1% des actions de Theraclion et devient ainsi son deuxième actionnaire, derrière Truffle Capital et devant Aviva, Natixis et Deutsche Bank.

"La majeure partie du capital fourni par cette nouvelle levée de fonds émane de Furui", rapporte à La Tribune David Caumartin, directeur général de la startup française, sans donner de chiffres précis. Si l'arrivée de Furui va "accompagner la croissance de Theraclion", la société attend beaucoup plus de cette nouvelle collaboration.

"Un partenariat précis reste à définir avec cet acteur stratégique. Furui apporterait à Theraclion un accès au marché chinois, de la crédibilité et un cadre", note le directeur général de la startup française.

Un pied en Asie

Car, selon Theraclion, le marché chinois est le plus conséquent en termes de nombre de procédures d'ablations de tumeurs du sein et de la thyroïde. Cela représente "des centaines de milliers de patients potentiels pour nous", estime David Caumartin.

Il juge que son Echopulse, qui permet d'éviter les anesthésies générales et de ne pas laisser de cicatrice permettrait de désengorger les hôpitaux chinois "d'opérations classiques et facile à faire". Un argument de poids, alors que la Chine cherche à moderniser ses hôpitaux et accélère dans la e-santéEt selon McKinsey & Co, les dépenses de Pékin atteindront mille milliards de dollars en 2020 contre 357 milliards de dollars en 2011. A voir néanmoins si la Chine trouve la technologie de Theraclion suffisamment efficace et peu coûteuse pour qu'elle ne se heurte pas à la volonté de Pékin de rationaliser les coûts des hôpitaux. Pour l'instant, Theraclion explique "poursuivre l'enregistrement de l'Echopulse auprès des instances réglementaires chinoises".

A  noter que la startup a déjà un pied en Asie puisque le groupe dispose de filiales à Hong Kong, à Taïwan et en Corée du Sud, pays où il espère une approbation rapide des autorités pour y diffuser sa technologie.

Difficultés de développement en France

Ces envies de se développer en Chine mettent en exergue les difficultés pour la startup de se développer en France. L'Echopulse n'est utilisé que par deux centres français: l'Hôpital Américain de Paris et le groupe hospitalier Diaconesses Croix Saint-Simon. A l'étranger, 18 Echopulse ont été vendus ou loués, dont 8 en Allemagne.

Néanmoins, cela pourrait changer rapidement. Theraclion espère obtenir rapidement le forfait innovation (prise en charge dérogatoire et transitoire de technologies de santé innovantes lorsqu'elles sont en phase précoce de développement clinique) pour distribuer son Echopulse à une douzaine de sites en France. Le groupe a bon espoir puisqu'il explique à La Tribune que son dossier a été jugé "recevable" par la Haute Autorité de santé.

Une étape importante pour Theraclion, qui réalise 1,8 millions d'euros de chiffre d'affaires (contre 800.000 en 2014) et attend un doublement du revenu annuel sur les années à venir.

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Commentaires
a écrit le 03/05/2016 à 2:09 :
Es-ce que ça pourrait fonctionner sur les tumeurs au cerveau ?

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