Cartage sécurise le partage de véhicules
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Faciliter le partage de voiture, c'est bien, mais Cartage, une jeune pousse incubée à Station F et lancée en 2022 par deux ingénieurs des Mines, Oscar Bourgeois et Raphaël Toledano, veut plus.
« Il s'agit de passer de deux voitures par foyer à deux foyers par voiture », déclare d'entrée de jeu Oscar Bourgeois. Une révolution écologique et sociétale, donc, qui requiert des outils comme ceux que propose la start-up de l'assurtech, et surtout induit un nouveau relationnel.
« Notre solution se fonde sur la relation entre voisins, dans un immeuble ou un village, entre amis ou entre membres d'une famille. L'assurance que nous proposons permet de clarifier le flou des responsabilités et de lever les freins pour le partage de voiture », explique-t-il. En cas d'accident, Cartage protège en effet l'emprunteur, en remboursant les frais restants après intervention de l'assureur du propriétaire. Le tout via un contrat d'assurance à la journée, pris sur l'application de Cartage, et qui ne s'élève qu'à 5 euros. Un seuil - financier mais aussi psychologique - que les deux jeunes ingénieurs s'étaient fixé et qu'ils ont réussi à tenir. Les souscriptions ne cessent d'augmenter et se situent actuellement autour de 3 000 à 4 000 par mois. « Depuis que nous l'avons lancée, quelque 20 000 personnes ont utilisé notre assurance », indique ainsi Oscar Bourgeois. L'application permet aussi de regrouper les participants en communauté et, si nécessaire, de calculer un 'juste prix' pour une location, du fait de l'usure du véhicule.
Les co-fondateurs de Cartage s'intéressent aussi au profil de leurs clients. Leur âge moyen est de 29 ans. « Ils n'ont donc pas, à l'inverse de leurs parents, un attachement statutaire à la voiture », analyse Oscar Bourgeois et de ce fait, ils se prêtent entre eux les véhicules disponibles... Une approche que Cartage veut étendre en favorisant le partage intergénérationnel. De même, l'entreprise cherche à dynamiser le partage de véhicules électriques pour des raisons environnementales - « sachant qu'un véhicule électrique coûte cher et que les propriétaires sont moins enclins à partager »... Pour ces deux cas, les co-fondateurs réfléchissent à un coup de pouce financier, via l'application. Quant à la co-possession d'une voiture - objectif ultime à leurs yeux - « elle est aujourd'hui juridiquement impossible, ne serait-ce que parce qu'il faut toujours un seul conducteur principal », soupire Oscar Bourgeois.
Pour l'heure, les deux start-uppers mettent l'accent sur le développement de partenariats, en particulier avec des collectivités situées dans des territoires où la mobilité est difficile. Les premiers ont été noués avec le Pré-Saint-Gervais, en Seine-Saint-Denis, et la Communauté d'Agglomération Privas Centre Ardèche. « Les habitants peuvent se regrouper et nous proposons aux mairies de participer aux frais d'assurance à hauteur d'un euro la journée », explique Oscar Bourgeois, qui annonce que Grenoble sera le prochain partenariat de ce type. Enfin, la jeune pousse s'est rapprochée d'une autre, Ynstant, spécialisée dans le covoiturage instantané courte distance. Le but est de créer des synergies, et, bien sûr, de favoriser de nouveaux comportements.
Un rapprochement qui a pu se faire grâce au programme Propulse, de l'Agence de l'innovation pour les transports (AIT), puisqu'Ynstant a été lauréat en 2023 et que Cartage l'a été en 2024.
« Faire partie du programme Propulse ouvre un grand réseau, se félicite Oscar Bourgeois. C'est très stimulant de participer à l'écosystème de la mobilité. » Stimulant, mais aussi très précieux.
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« Le fait que Propulse donne à chaque lauréat un référent est très important, enchaîne-t-il. Dans notre cas, il s'agit de la personne chargée de l'auto-partage, un nouveau poste, au sein du ministère chargé des Transports, et elle nous tient au courant des projets législatifs sur ce dossier, selon la philosophie des pouvoirs publics et des élus, qui évolue. » Sans oublier qu'elle a invité les co-fondateurs de Cartage à participer à des groupes de réflexion et permis des contacts avec des assureurs. Dans un seul but : faire bouger les lignes en matière d'assurance auto, pour favoriser l'auto-partage, la lutte contre le dérèglement climatique et le bien-être des citoyens.
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