Le pari de l'hydrogène

Ce projet lauréat de l'appel à innovations mobilités Jeux olympiques et paralympiques 2024 réunit trois acteurs : NepTech, pour la conception de navires passagers à propulsion hydrogène, EODev pour le développement de solutions hydrogènes maritimes, et Toyota comme producteur de piles à combustibles et partenaire des JOP 2024 en charge de la mobilité.

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(Crédits : DR)

Une innovation déjà reconnue - et mise au point par des professionnels aguerris... « Au cours de notre carrière, nous avons déjà conçu plus d'une vingtaine de navires qui voguent dans le monde », précise ainsi Tanguy Goetz, l'un des trois fondateurs de NepTech, une société créée à Aix-en-Provence en mai 2020 et regroupant une équipe d'ingénieurs et d'architectes navals. Et déjà, la jeune pousse a lancé un prototype qui fonctionne dans le sud de la France. Ce sont des mois de recherche, une levée de fonds auprès des banques et d'investisseurs privés, des subventions de Bpifrance et de la Région Sud qui ont permis cette prouesse : un catamaran conçu avec une coque effilée et le développement de briques technologiques permettant d'utiliser le moins de carburant possible - « nous sommes arrivés à 40% de consommation énergétique en moins », souligne le dirigeant - c'est de l'hydrogène qui le propulse, via une batterie et des piles à combustible.

« Mariniser » la technologie

« Mais pour répondre à l'appel à innovations mobilités Jeux olympiques et paralympiques 2024, nous avons monté un consortium », enchaîne-t-il. EODev, une structure industrielle, est chargée de « mariniser » les solutions hydrogènes terrestres et Toyota de produire les piles à combustible comme pour ses voitures. En outre, « Toyota, partenaire exclusif pour la mobilité des JOP 24, fait partie de la 'famille olympique', relève Tanguy Goetz. Son rôle est aussi de promouvoir l'hydrogène et notre solution auprès de nouveaux acteurs. Nous cherchons à combiner l'innovation technologique, le respect de l'environnement et la viabilité économique. »

Les Jeux de 2024 représentent aussi une vitrine et un tremplin, d'autant qu'ils sont, selon la volonté des autorités, fondés sur la lutte contre le réchauffement climatique, l'inclusivité et bien sûr, les innovations tricolores. Ils devraient aussi servir de déclencheur pour une mobilité navale plus propre et une expansion des technologies à base d'hydrogène à travers le monde.

« Nos bateaux sont généralement en exploitation pendant 25 ans, poursuit Tanguy Goetz, les Jeux auront donc un héritage. Et nous espérons bien que parmi les bateaux qui participeront à la cérémonie d'ouverture sur la Seine, nous aurons certains de nos catamarans à hydrogène ! » D'autant que NepTech a reçu un prix pour son innovation au CES en début d'année, et rencontré des exploitants américains sur place. L'entreprise a également sillonné l'Europe du Nord avec Business France et participera à la Semaine de l'océan dans le cadre de l'exposition universelle, à Dubaï. Enfin, elle vient d'être sélectionnée pour le programme Propulse - lancé par l'Agence de l'innovation pour les transports, rattachée au ministère des Transports.

Chantiers navals français

Epaulée par Voies navigables de France, membre associé à l'appel à innovations, NepTech compte sur son parrain afin d'obtenir les autorisations et les certifications nécessaires à l'usage des bateaux à hydrogène, sur la Seine comme à Marseille, où se dérouleront les épreuves de voile. Pour avoir un bateau à l'eau dès le début de l'année 2024, NepTech a déjà établi un rétroplanning. L'entreprise, associée à des exploitants privés, finalise le plan de financement des navires pour ensuite lancer une commande, à la fin 2022, dans un chantier naval français, au plus proche des lieux d'exploitation. « La France est compétitive dans ce domaine et nous le sommes aussi, puisqu'avec nos innovations, nous réduisons les besoins énergétiques, ce qui a un impact positif sur le coût du bateau », explique-t-il. NepTech a également développé une plateforme commune, pour multiplier les usages, notamment dans le transport de marchandises. En somme, les JOP 2024 ne sont que le début d'une grande course mondiale, qui carbure à l'hydrogène !

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