wever implique les usagers dans les politiques de transports publics
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Il n'ose pas aller jusqu'à dire qu'il œuvre pour la démocratie locale... Mais c'est pourtant le cas ! Thomas Côte, fondateur (en 2015) et dirigeant de wever, une société basée à Sophia Antipolis (Alpes Maritimes), a digitalisé le travail des bureaux d'étude au service des mobilités pour les municipalités. Mais pas n'importe comment...
Au-delà de l'outil technologique, l'idée a en effet été d'inclure les usagers, qui répondent à quelques questions sur la plateforme ou sur une application.
« On peut parler d'intelligence artificielle (IA) frugale, au sens où l'on réussit, avec très peu d'informations au départ, à éclairer les politiques de mobilité », sourit Thomas Côte. Grâce à un questionnaire très rapide à remplir par les usagers, wever recueille en effet assez d'informations - sur leurs habitudes, leur ressenti, leurs difficultés et leurs souhaits en matière de mobilité - pour établir un diagnostic, puis proposer une stratégie et des initiatives aux autorités. « Les actions qui en découlent ont donc, en quelque sorte, été validées en amont par les usagers, et les investissements nécessaires sont perçus comme pertinents et légitimes », développe le dirigeant de wever.
Pour les administrés, le fait de participer à l'élaboration d'un plan de mobilité et de se rendre compte que leur voix compte est satisfaisant, mais en plus, à l'heure où de plus en plus de citoyens ressentent de la lassitude, voire de la défiance vis-à-vis de la chose publique, cet outil participatif est de nature à les réconcilier avec la politique locale - pour le plus grand bien de la démocratie à l'échelon de base... Thomas Côte, lui, préfère simplement parler de démarche participative citoyenne. « En accompagnant les acteurs sur la durée, nous sommes également capables de mesurer l'impact des choix effectués », ajoute-t-il.
C'est ce double aspect - analyse d'une situation à partir d'un nombre restreint de données, puis établissement d'un diagnostic et d'une stratégie de mobilité adéquate, d'une part, et de l'autre, intérêt marqué des usagers et co-construction de la mobilité locale - « nous avons un taux de participation très élevé », relève Thomas Côte - qui constitue une avancée inédite, reconnue par l'Agence de l'innovation pour les transports (AIT). De fait, le jury de Propulse a sélectionné wever parmi les lauréats 2024 de ce programme d'accompagnement. Et alors que la jeune pousse a déjà plusieurs clients en France, dont les villes de Saclay, Bordeaux et Caen, ainsi que d'autres, en Suisse et au Vietnam, et a atteint l'équilibre économique et la rentabilité, « les experts de l'AIT, très dynamiques et très réactifs, nous ont ouvert la voie pour d'autres usages de notre plateforme, au-delà de la mobilité, se félicite l'entrepreneur. Cela va de la gestion des déchets à celle de l'eau, en passant par l'énergie et l'alimentation. Nous allons vers de nouvelles communautés et d'autres appropriations, dans le cadre, notamment, d'une transition énergétique et environnementale participative. » Et, là encore, si certains citoyens perçoivent cette transition comme le fruit d'une politique punitive, « en faisant l'intermédiation pour un dialogue constructif, nous pouvons espérer les réconcilier avec cette transition afin qu'ils accomplissent les efforts nécessaires », avance Thomas Côte.
L'accompagnement des porteurs de projet via Propulse n'a beau durer que neuf mois, « nous en profitons encore après la fin du programme, souligne-t-il. Il y a non seulement les anciens lauréats, avec qui nous sommes en contact, mais aussi des acteurs de l'IA for good, sans oublier le dossier en vue d'obtenir des fonds de France 2030, pour lequel les experts de l'AIT nous ont également soutenu », indique le lauréat 2024. Autant dire qu'être inclus dans le programme Propulse va au-delà de la reconnaissance officielle des projets récompensés, « nous appartenons à un écosystème et nous préparons les prochaines propulsions », résume Thomas Côte. En outre, dit-il, « les salons sur lesquels l'AIT a invité wever et les autres lauréats à présenter leurs solutions ont été d'un très grand intérêt et ont généré beaucoup de visibilité. »
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La route est donc toute tracée pour wever. Elle est en harmonie avec la vision large de Thomas Côte : l'innovation technologique pour le bien de la société civile. L'entrepreneur entend capitaliser sur ses succès (avant l'AIT, wever avait été sélectionnée par le ministère de la Transition écologique dans le cadre de son programme Greentech Innovation), et dynamiser, avec son apport, les capacités d'innovation de la France.
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