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Facebook dévalue sa monnaie virtuelle

Delphine Cuny

Publié le 20 juin 2012 à 17:50

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Le réseau social, qui avait rendu obligatoire l'utilisation de sa propre monnaie, les crédits Facebook, aux développeurs de jeu, revient en arrière. Il privilégie la facturation en monnaie locale désormais mais maintient son système de paiement et ses commissions de 30%.

« Facebook devient-il une banque centrale ? » s'était interrogé de façon provocatrice le magazine américain « Forbes » en janvier dernier. Le réseau social avait en effet lancé en 2009 sa propre monnaie virtuelle, les Crédits Facebook. D'une valeur faciale de 10 cents (1 dollar = 10 Crédits) mais que l'on achète par « liasses » de 50 par carte bancaire ou via un compte PayPal, ces crédits sont « comme des jetons d'une salle d'arcade ou d'un parc de loisirs » explique Facebook : ils sont « un moyen sécurisé pour jouer à des jeux et acheter des biens virtuels et numériques». Ils ont ensuite fait leur entrée dans le monde physique, dans la grande distribution, sous la forme de cartes prépayées à offrir, à l'image des cartes iTunes d'Apple, et même dans des cinémas aux Etats-Unis à l'occasion d'opérations promotionnelles de Warner Bros notamment. Le réseau social aux 900 millions de membres prélevant une commission de 30% sur les transactions réalisées en Crédits Facebook, ces derniers sont vite devenus un business très lucratif : 577 millions de dollars en 2011, et 15% de son chiffre d'affaires au premier trimestre 2012. Alors pourquoi arrêter les Crédits Facebook « d'ici à la fin de l'année », comme le groupe californien l'a annoncé mercredi soir sur le blog destiné aux développeurs ?

Un retour en arrière mais pas d'impact sur le chiffre d'affaires
« C'est un changement cosmétique, un rebranding » relativise Julien Codorniou, le responsable des partenariats chez Facebook en France et en Belgique. « La marque Facebook Crédits n'existera plus mais la plateforme de paiement demeure et nous continuerons de prélever une commission de 30% » explique-t-il. Sans impact donc sur le chiffre d'affaires. C'est tout de même un retour en arrière et un revirement symbolique fort : en juillet dernier, Facebook avait rendu obligatoire aux développeurs l'usage de sa monnaie. Ce qui n'avait pas été sans douleur : le français IsCool (ex-Weka Entertainment), connu pour son jeu éponyme des kiwis, avait souffert en 2011, du fait de « la mise en place de la devise unique, le Facebook Credit [qui] avait eu pour conséquence une baisse de la marge, un risque de change, une modification du besoin en fonds de roulement et du mode calcul du revenu », avait-il expliqué dans ses comptes annuels.

Dans les faits, les Facebook Crédits se superposaient à d'autres monnaies virtuelles: en particulier Zynga, le leader des jeux pour réseaux sociaux, avait créé les siennes propres, du Farm Cash pour acheter une ferme virtuelle dans FarmVille par exemple. Mais le prix était malgré tout fixé en Facebook Crédits. L'idée initiale était d'« assurer une liquidité entre les jeux. » Facebook n'excluait pas d'étendre cette obligation d'utiliser les Crédits Facebook à d'autres domaines, comme les contenus en VOD.

S'abonner aux jeux et payer en monnaie locale
Désormais, les choses seront plus simples. Il sera possible dans quelques mois pour les développeurs de fixer les prix directement en monnaie locale, en euros, en dollars US, en yen etc, soit par exemple 4 euros pour 4 Farm Cash, ou des prix psychologiques plus attractifs (le fameux 0,99 euro). Et dès le mois prochain, les développeurs de jeu pourront proposer des abonnements mensuels, en monnaie locale là aussi, « par exemple un nombre de vies illimité pour 9,99 euros sur Diamond Dash de Wooga. C'était une demande forte des développeurs » explique Julien Codorniou.

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De quoi donner aux éditeurs de jeu une plus grande souplesse dans la grille tarifaire. A la différence d'un Apple qui fixe les paliers de prix sur iTunes, Facebook devrait laisser la tarification libre et la transition se fera sur plusieurs mois, d'ici à la fin de l'année. Le groupe de Mark Zuckerberg continuera de prélever ses 30%, y compris sur ces abonnements (sans engagement), ce qui devrait lui assurer des revenus plus récurrents et prévisibles. Les cartes prépayées, actuellement en vente à la Fnac en France, devraient également perdurer, sans doute rebaptisées en Facebook tout court. Et régler via la plateforme sécurisée de paiement Facebook restera plus que jamais une option pour acheter des contenus en ligne. Ainsi Zynga, qui a lancé son propre site de jeux, utilise le système d'identification et de paiement du réseau social dont il dépend encore tellement.

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