Après Google et Apple, Amazon coupe les ponts avec le réseau conservateur Parler

 |  | 650 mots
Lecture 3 min.
(Crédits : Reuters)
L'entreprise de Seattle, qui héberge les données de Parler sur son cloud, va suspendre son compte lundi. Le réseau social, où la désinformation et les propos haineux sont moins régulés, ne devrait donc plus pouvoir fonctionner, le temps de trouver un autre hébergeur. Google et Apple ont, quant à eux, retiré Parler de leur plateforme de téléchargement d'applications respective.

Après Google et Apple, Amazon prévoit de couper les ponts avec Parler, le réseau social prisé des partisans de Donald Trump mais aussi accusé de relayer des menaces de violence, ce qui devrait rendre la plateforme temporairement inaccessible.

Dans une lettre adressée au site conservateur, Amazon dit avoir "observé récemment une augmentation persistante de contenus violents".

"Compte tenu des événements malheureux qui se sont produits cette semaine à Washington, il existe un risque sérieux que ce type de contenus incite davantage à la violence", est-il ajouté dans la missive, publiée dans un premier temps par BuzzFeed et dont le contenu a été confirmé par une porte-parole d'Amazon.

Parler inaccessible temporairement dès lundi

Parler est devenu un refuge pour certains internautes ulcérés par la politique de modération des réseaux grand public comme Twitter, qui a définitivement fermé le compte de Donald Trump vendredi.

Lire aussi : Donald Trump: ses tweets les plus fous...

Des messages de soutien aux émeutiers qui ont fait irruption au Capitole mercredi y ont notamment fleuri tandis que d'autres appellent à de nouvelles manifestations.

Aussi Amazon a-t-il décidé de suspendre le compte de Parler à partir de 08H00 GMT lundi. Comme le groupe héberge les données de Parler sur son service de cloud, cela devrait empêcher au moins temporairement le fonctionnement du réseau social.

 L'appli déjà retirée par Google et Apple

 Le fondateur de Parler, John Matz, a confirmé sur son profil qu'il était "possible que le réseau social ne soit pas accessible sur internet durant jusqu'à une semaine". "Nous allons tout faire pour trouver un nouveau fournisseur rapidement", a-t-il ajouté.

Google et Apple ont déjà retiré Parler de leur plateforme de téléchargement d'applications respective. Ces décisions avaient toutefois des conséquences moindres: elles ont rendu plus compliqué l'accès à l'application Parler sur les appareils mobiles mais les abonnés peuvent toujours y accéder s'ils l'avaient déjà téléchargée ou aller directement sur internet.

Pour justifier sa décision vendredi, Google avait mentionné la présence de messages "incitant à la violence". Apple a suivi son exemple samedi en regrettant la "prolifération" de "menaces de violence et d'activités illégales".

"Amazon, Google et Apple ont fait cela dans un effort coordonné en sachant que nos options seraient limitées et que cela nous infligerait le plus de dommages possibles au moment où le président Trump est banni par les entreprises de la tech", a déploré le patron de Parler.

Appli la plus téléchargée samedi

Samedi, son application était la plus téléchargée sur l'App Store avant qu'elle ne soit suspendue. De nombreux fans du président américain se sont en effet rués sur les plateformes conservatrices comme Parler ou Gab suite à la décision prise par Twitter de fermer définitivement le compte de Donald Trump.

D'autres réseaux grand public comme Facebook, Instagram, Snapchat ou Twitch ont aussi suspendu le profil du locataire de la Maison Blanche après les événements de mercredi.

John Matze a aussi regretté qu'Apple interdise le réseau social "jusqu'à ce qu'on abandonne la liberté d'expression, qu'on mette en place des politiques (de modération) très larges et invasives comme Twitter et Facebook et que nous devenions une plateforme de surveillance en jugeant par avance coupable les utilisateurs de Parler".

Désinformation et propos haineux

Le réseau social Parler était surtout à ses débuts en 2018 l'apanage de franges extrémistes. Mais il attire désormais des voix conservatrices plus traditionnelles, y compris des parlementaires républicains. Comme d'autres plateformes alternatives, Parler régule moins la désinformation et les propos haineux que les réseaux établis.

Lire aussi : «Les théories du complot, comme les religions, permettent de s'extraire de l'inconfort du hasard»

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 11/01/2021 à 9:37 :
Sans etre un chaud partisan de Parler, nous sommes au pays de Voltaire. "Même si je ne suis pas d'accord avec vos opinions, je me battrai pour que vous puissiez les exprimer". Parler de désinformation quand nous voyons la pensée unique sur tous les réseaux dit "acceptable" par nos gouvernants fait rire. Les journaux n'ont fait que hair Trump sans un début de sens critique pour, notamment, les aspects économiques.
Que les GAFA s'occupe d'interdire la pédophilie sur leurs réseaux, les propos haineux de certains djhadistes comme avec ce pauvre professeur, etc... mais n'interdisent pas des opinions comme la triche possible des élections américaines. La France a interdit le vote par correspondance il y a 40 ans pour cette raison mais,bien sur, un américain ne pourrait pas être soupconné de tricherie, ce serait de la désinformation. Que de vrais commissions d'enquête se mettent en place, indépendantes et nous verrons, comme avec Al Gore qui avait gagné dans l'autre sens contre Bush.
a écrit le 10/01/2021 à 19:39 :
Snwoden l'explique très bien: les GAFA substituent la loi des pays par leur popre loi.
Chaque pays a des lois pour dire ce qui est acceptable ou pas: anit sémitisme, incitation à la haine, ...
Mais les GAFA ont leur propre standard souvent alignés sur la doctrine progressiste: racialisation des problèmes de société, le rejet de toutes les traditions au profit de l'individu, réécriture de l'histoire, discrimnation systématique des conservateurs, ...
C très clair dans l'affaire de Parler: c'est de la censure pure et simple, soit le site viole la loi et alors il doit s'y conformer, soit il ne la viole pas, et il doit pouvoir diffuser ses idées.
Les GAFA ne devraient pas avoir la possibilté de se substituer à la justice des pays: ils n'ont aucune légitimité démocratique.
a écrit le 10/01/2021 à 19:31 :
Des gens crachent leur haine ( et leurs insultes) sur les réseaux sociaux ouverts à tout public comme certains médias en ligne en France , mais les plateformes de modérateurs jugent que «  c’est de la liberté d’expression » point barre , pas de censure... supportez cette violence ou quittez le réseau


Si la haine est punie , pourquoi les adhérents du RN = front national ont le droit de véhiculer des messages violents ? Humiliants et dès fois haineux ? Qui jugent , qui collent des étiquettes ...

C’est vrai le mieux est d’arrêter tous les réseaux sociaux et laisser les GAFA représenter l’opinion des populations du monde ?

Le danger est justement «  de politiser les GAFA » ou sont les limites des politiques sur les réseaux ? Ou est la limite entre discrimination ? Violence verbale ? Insulte ? Haine ou liberté d’expression ?

Le respect des différences d'opinions n’existent plus sur les réseaux , c’est la fin de la démocratie. Coller des étiquettes
Et juger sans connaitre est la règle sur ces réseaux publics.
a écrit le 10/01/2021 à 18:50 :
VK et Telegram seront bientôt les derniers réseaux libres. Parler pourrait être suspendu dès ce lundi. Amazon menace de suspendre Parler de ses services d'hébergement Web. La plateforme pourrait être hors ligne à 23 h 59 dimanche, heure du Pacifique -08h59 heure de Paris lundi-.

La plateforme Gab est également menacée, hébergée par le réseau Cloudfare qui pourrait également suspendre la plateforme.

Les plateformes VK et Telegram pourraient devenir rapidement les derniers réseaux libres, étant Russes, et le Président Poutine ayant redit récemment son attachement au maintien de la liberté d'expression sur internet..
Réponse de le 11/01/2021 à 11:22 :
"Président Poutine ayant redit récemment son attachement au maintien de la liberté d'expression sur internet."
serieux ? Pourquoi ne dire que seul Tik TOK reste libre car Xi est pour la liberté d expression ?

Poutine a tente de censurer telegram dont le fondateur a du fuir son pays (la russie).
a écrit le 10/01/2021 à 15:59 :
Les Gafam, bras armé du nouvel ordre mondial, et du contrôle des populations. C'est comme pour le covid : même réponse, au même moment, avec les mêmes arguments, pour notre bien à tous évidemment, dans un belle unanimité qui ne s'est jamais vue dans l'histoire humaine...
a écrit le 10/01/2021 à 12:17 :
Bref on a le droit de harceler une gamine de 13 ans qui finira par se suicider mais pas les dirigeants du monde qui eux ne se suicident jamais, volontairement du moins. Ca commence à être difficilement défendable leur position aux gafa la...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :