Cybersécurité : Microsoft et les autorités alertent sur l’arnaque au faux support technique

Bogdan Bodnar

Photo d'illustration
La Tribune

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L'un des plus vieux pièges d'Internet continue de faire des ravages. L'arnaque au faux support technique fait l'objet d'une campagne de prévention lancée ce 10 juillet par Microsoft, en collaboration avec l'organisme public Cybermalveillance.gouv.fr et le parquet de Paris. Le géant américain, régulièrement usurpé par des cybercriminels, souhaite sensibiliser les utilisateurs de Windows à cette escroquerie aussi basique qu'efficace.
Le procédé est rôdé : un faux message d'alerte surgit à l'écran, prétendant qu'un virus a compromis le système. L'ordinateur semble bloqué — un simple appui sur la touche Échap suffit pourtant souvent à fermer l'onglet frauduleux — et un numéro d'assistance s'affiche, présenté comme celui du fameux support technique de Microsoft. Au bout du fil, un escroc joue le rôle du technicien et explique à la victime comment résoudre le prétendu problème... moyennant paiement immédiat pour un service inexistant.
Ce type d'arnaque, aussi grossier soit-il, continue de piéger de nombreuses personnes. Selon des données communiquées par le parquet de Paris, 585 plaintes ont été enregistrées en 2023 par la section de lutte contre la cybercriminalité. Le montant total du préjudice pour les faits constatés l'an dernier s'élève à 374 000 euros. Un chiffre qui ne prend pas en compte les sommes plus importantes encore qui, grâce à l'intervention des banques, n'ont pas pu être débitées. La justice appelle donc les victimes à ne pas hésiter à porter plainte, afin d'enrichir les données disponibles pour les enquêteurs. Des modèles de lettres de plainte préremplies sont d'ailleurs mis à disposition sur le site Cybermalveillance.gouv.fr.
« Le préjudice financier, qui s'élevait autrefois à quelques centaines d'euros, peut désormais atteindre plusieurs milliers, voire des dizaines de milliers d'euros », alerte Jérôme Notin, directeur général de Cybermalveillance.gouv.fr. Des fiches pratiques détaillant les bons réflexes à adopter en cas d'arnaque seront également publiées sur le site, dans le cadre de la campagne.
Cette escroquerie ne cible pas uniquement les particuliers. Les entreprises, elles aussi, peuvent être piégées, notamment lorsqu'elles utilisent des ordinateurs sous Windows et pensent à tort que leur système est attaqué. « On peut tous devenir victime. C'est pourquoi il est absolument nécessaire de mettre en garde contre ce mode opératoire spécifique », ajoute Johanna Brousse, cheffe de la section de lutte contre la cybercriminalité du Parquet de Paris, dans le communiqué conjoint.
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Microsoft, omniprésent dans l'environnement numérique mondial, figure logiquement parmi les marques les plus usurpées par les cybercriminels. Il est pourtant utile de rappeler qu'un véritable service d'assistance ne s'invite jamais à l'écran de manière spontanée. En cas de doute, mieux vaut fermer la page suspecte et contacter soi-même un prestataire de confiance, plutôt que de répondre à un numéro inconnu ou d'interagir avec un site douteux.
Bogdan Bodnar