Des femmes entrepreneures, des jeunes, des territoires isolés, des structures de l’économie sociale et solidaire : un tiers des 1.350 projets accompagnés par la plateforme bretonne Kengo.bzh en dix ans sont portés par ceux qui se freinent ou ne sont pas suivis par les banques.« Venez comme vous êtes » invite la publicité d'une célèbre marque de burgers. C'est aussi un peu la devise de Kengo.bzh. Quand les banques disent non ou hésitent, cette plateforme bretonne de financement participatif prend le relais. Fondée il y a dix ans avec le soutien du Crédit Mutuel Arkéa et du groupe Le Télégramme, elle s'est distinguée d'autres plateformes orientées vers des projets d'entreprises plus structurées telles Gwenneg, son homologue régionale ou Ulule, par un positionnement résolument solidaire voire plus égalitaire.
En dix ans, elle revendique avoir permis à 1.350 projets, de 5.000 euros en moyenne, de voir le jour en Bretagne et en Loire-Atlantique, et de créer 2.500 emplois pour un montant total de collecte de 5,5 millions d'euros, en don avec contrepartie et prévente.
Ses centres d'intérêt sont territoriaux : des activités souvent hyper-locales, à l'impact social ou culturel, et avec une forte capacité à activer les solidarités régionales. Un café librairie ouvert dans un village, une médiathèque ou un festival itinérant sont autant de projets qui redonnent vie à un bourg, à un quartier, voire animent une communauté.
18,5 millions d'euro de valeur ajoutée produite localement
« Kengo.bzh, c'est en quelque sorte de la finance populaire territoriale. 84.500 contributeurs ont joué le jeu avec un ticket moyen de 60 euros. Un tiers des projets que nous accompagnons profitent à des publics mal desservis par les banques. Notre rôle est d'ouvrir des portes et de créer de la valeur », assure son fondateur, Serge Appriou, à l'heure du bilan.