Google est bel et bien pris de court par l'offensive de Microsoft Bing
François Manens
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Google n'a pas réussi à s'aligner sur le démarrage brutal de Bing Chat.
Dado Ruvic
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Google n'a pas réussi à s'aligner sur le démarrage brutal de Bing Chat.
Dado Ruvic
Lorsqu'un journaliste du Wall Street Journal demande à quel point les annonces de Microsoft et OpenAI ont bousculé les plans de développement de Google, Matt Brittin, le président EMEA du groupe, botte en touche : il assure qu'elles n'ont causé aucun changement de calendrier. Pourtant, ce n'est pas l'impression qui se dégage de la conférence tenue ce mardi par le géant de la tech dans ses locaux parisiens.
Au lendemain de l'annonce en grande pompe de Bing Chat par Microsoft, avec de nombreuses démonstrations à l'appui, la défense de Google se fait bien discrète. L'entreprise s'est contentée de présenter l'ébauche d'un projet similaire à celui de son concurrent, qui s'appuiera sur son chatbot maison, nommé Bard. Ce dernier, fraîchement introduit en début de semaine, n'est pour l'instant accessible qu'à une poignée d'individus. De même, les contours de la nouvelle fonctionnalité du moteur de recherche restent extrêmement flous, tout comme sa date de sortie. D'ailleurs, les dirigeants de Google présents à la conférence assument d'être encore dans une phase d'expérimentation. De quoi dresser un constat : Google a bel et bien été pris de court par Microsoft Bing. Mais ce n'est pas pour autant qu'il est battu, loin de là.
En novembre, OpenAI a bousculé le marché de l'IA avec le lancement de ChatGPT, une killer app dans le jargon, car elle a ouvert la manipulation des puissants modèles de génération de texte au grand public. Plus qu'une révolution technologique, ChatGPT a été une révolution de l'expérience utilisateur. L'entreprise OpenAI, dont Microsoft s'est attaché l'exclusivité d'une partie de ses technologies, s'est donc imposée grâce à la sortie d'outils concrets.
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A l'inverse, Google n'arrive pas à sortir de la théorie. L'entreprise rappelle à juste titre que sa technologie est à la pointe du marché, et qu'elle a grandement contribué à l'évolution de l'état de l'art des modèles de langage naturel (NLP). Le problème, c'est qu'elle n'a pour l'instant aucun outil pour concrétiser ce discours. Bard -son agent conversationnel équivalent de ChatGPT bâti sur le modèle LaMDA- n'est accessible qu'à un nombre restreint de testeurs, et son intégration au moteur de recherche en est quant à lui à un stade extrêmement précoce. « Nous en sommes aux premiers jours du travail sur l'interface utilisateur (UI) et nous conduisons de très nombreux essais », explique Liz Reid, vice-présidente ingénierie de Google.
François Manens