Le coronavirus, accélérateur d’un monde plus digital ?

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(Crédits : Aly Song)
Télémédecine, télétravail et e-commerce sortent grand gagnants de la crise du coronavirus en Chine. Des leçons pour le reste du monde. Par Chunyan Li, auteure du livre « Réussir sur le marché chinois » (Eyrolles)

Lors de la précédente épidémie du SRAS, en 2003, les sites de e-commerce comme Alibaba ou JD.com ont pu saisir « l'opportunité » de réaliser une expansion fulgurante et d'introduire leurs services dans la vie quotidienne des Chinois. En 2020, si les mesures de confinement dues au coronavirus ont en grande partie paralysé les activités économiques et sociales en Chine, elles ont toutefois stimulé le développement rapide de quelques nouveaux secteurs. Tout d'abord, l'éducation en ligne : depuis plusieurs semaines, les élèves de différents niveaux scolaires qui restent à la maison suivent des cours en ligne en direct avec leurs enseignants, ou interagissent avec eux de manière virtuelle, et utilisent aussi de nombreuses plateformes d'apprentissage comme Study.163, Xueersi ou Koolearn.

Des avantages non négligeables

Ensuite, le télétravail. Beaucoup de logiciels de ce genre ont vite gagné en popularité : DingTalk (Alibaba), WeChat Work (Tencent), Feishu (ByteDance), WeLink (Huawei)... Entre le 22 janvier et le 12 février, plus de 400 millions de Chinois ont utilisé des applications de télétravail, selon les données de MobTech. Le télétravail est longtemps resté marginal dans le pays, avec seulement 4,9 millions de télétravailleurs en 2018. La raison : il est relativement plus difficile de mesurer l'efficacité du travail et de créer une forte ambiance d'équipe à distance, surtout que la discipline et l'esprit communautaire sont très valorisés dans la culture chinoise.

Toutefois, dans cette période spécifique, ce nouveau mode de travail présente un fort potentiel grâce à ses avantages non négligeables : moins de risques de contamination, moins de contraintes liées à l'espace ou au temps, ainsi qu'une réduction des coûts de communication. D'ailleurs, dans les grandes villes comme Pékin ou Shanghai, les pertes de temps s'accumulent facilement dans les transports ou les embouteillages, notamment aux heures de pointe. Le déploiement prévu du réseau 5G dans tout le pays facilitera également la mise en place du télétravail.

Vers un monde encore plus digital

Puis, le e-commerce des produits frais ou pharmaceutiques (thermomètres, masques médicaux, désinfectants pour les mains...) a affiché une croissance rapide en peu de temps. La télémédecine permet aussi de répondre aux besoins qui s'accroissent vite face au coronavirus, en mobilisant les médecins de tout le pays, surtout du fait qu'il n'y a qu'environ 1,5 médecins généralistes pour 10.000 habitants en Chine. Pour exemple : la plateforme de Haodf rassemble plus de 220.000 médecins au total et peut traiter environ 200.000 consultations par jour. S'ajoutent à cette liste les divertissements en ligne (jeux, vidéos, musique, karaoké...) et les robots intelligents. Ces derniers assument une partie de la désinfection à l'hôpital ; livrent automatiquement des aliments ou des médicaments jusqu'à chaque chambre de patient ; surveillent la rue, rappellent aux passants de porter un masque et de prendre les mesures sanitaires nécessaires, etc. Le coronavirus, de façon inattendue, pousse les Chinois vers un monde encore plus digital. Et le monde entier, également confiné pour combattre l'épidémie, devrait suivre le même chemin.

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Commentaires
a écrit le 25/03/2020 à 18:13 :
C'est la qu'on voit le mépris des fai envers leurs clients, le débit descendant de Free chez-moi a été divisé par 3 alors que j'en attend 3 fois plus, ne pas croire qu'il ne le peut pas le NRA est installé depuis 2 ans et alimente la campagne.
Faut que je me décide à rameuter les voisins pour mise en danger d'autrui car nous sommes dans un spot d'orages sur un tallweg, la foudre adorant passer par les fils téléphoniques en cuivre, le tribunal il n'y a que ça que mr Niel comprend.
Heureusement que l'aîné ne vit plus chez-nous, avec les responsabilités informatiques de son entreprise il n'aurait pas pu assurer.
a écrit le 23/03/2020 à 14:20 :
Avec le confinement et le télétravail, la fiabilité des réseaux télécoms est plus que jamais un sujet. Des réseaux qui sont en grande partie utilisés à peu de frais par Google, Facebook, Apple, pour leur plus grand profit, et, depuis peu, par les éditeurs de vidéo à la demande qui diffusent en streaming, le plus emblématique étant Netflix. Tous utilisant énormément de bande passante sans vraiment rémunérer les réseaux des opérateurs, tout ça au nom du grand principe de la "neutralité du net". Ce qui peut paraître excessif, si l'on songe que les opérateurs investissent beaucoup dans leurs réseaux, et ne dégagent pas beaucoup de free cash-flow pour distribuer des dividendes, alors que les Gafa et autres se gorgent de cash. Le coronavirus, qui vient à point pour nous rappeler à quel point les réseaux sont vitaux, montre bien finalement le degré d'indécence économique auquel on est arrivé.
D'autres questions ?
a écrit le 23/03/2020 à 13:47 :
Pas forcément car ça montre « les limites » d’un système en mode survie et ça redore certains métiers de base de survie : commerces de proximité, métiers nobles comme boulangers et autres : artisanats ...
Notre système de santé était déjà très malade avant cette malheureuse pandémie mondiale .

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