Télétravail, garde d'enfants, télémédecine : les solutions des startups face au coronavirus

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Une centaine d'entreprises de la tech se sont manifestées pour offrir ou pratiquer des réductions sur leurs services pendant la crise du coronavirus.
Une centaine d'entreprises de la tech se sont manifestées pour offrir ou pratiquer des réductions sur leurs services pendant la crise du coronavirus. (Crédits : iStock)
La fermeture brutale des crèches et des écoles jusqu'aux universités, et le recours massif au télétravail, nécessitent une réorganisation rapide des citoyens et des entreprises pour limiter la propagation du virus Covid-19. Tour d'horizon des solutions proposées -gratuitement ou à tarif réduit- par les startups françaises pour travailler, communiquer, étudier ou encore se soigner à distance.

La tech se mobilise face au coronavirus. Mardi dernier, Cédric O, le secrétaire d'Etat au Numérique, a lancé un appel aux startups pour qu'elles mettent à disposition, gratuitement ou à des tarifs réduits, leur innovation au service de l'intérêt général. L'objectif : aider les hôpitaux et les médecins à gérer les flux, déployer la téléconsultation et le suivi à distance, faciliter le télétravail pour freiner la propagation du virus, la garde d'enfants pour les parents concernés par la fermeture des crèches et des écoles, ou encore permettre aux étudiants de communiquer à distance avec leurs professeurs.

Sur BFMTV, le ministre a déclaré ce vendredi 13 janvier que plus d'une "centaine d'entreprises" se sont manifestées. Une liste complète sera publiée par Bercy en début de semaine prochaine. En attendant, voici un tour d'horizon des solutions offertes par les startups françaises.

Lire aussi : Coronavirus : la tech au secours du gouvernement français ?

Télétravail : portail sécurisé à distance, outils collaboratifs, visio-conférences en accès gratuits

Les annonces d'Emmanuel Macron sur la fermeture de toutes les structures éducatives (crèches, écoles, collèges, lycées, universités) et la nécessité de contenir la propagation du virus poussent la plupart des entreprises à basculer massivement et brutalement dans le travail à distance. Mais si beaucoup ont déjà négocié des accords, peu sont vraiment préparées en terme de sécurité et d'infrastructure informatique. D'où la mobilisation de plusieurs acteurs du télétravail, qui y voient aussi l'opportunité de populariser leur service.

  • Systancia pour accéder de manière sécurisée au réseau interne de l'entreprise

Suite à l'appel de Cédric O, l'éditeur de solutions de cybersécurité Systancia a annoncé mettre à disposition gratuitement, pour une durée de trois mois prolongeable si la pandémie perdure, sa solution de télétravail Systancia Gate, grâce à l'aide de l'hébergeur cloud lillois OVH.

Autoproclamée "seule solution de télétravail certifiée par l'ANSSI", Systancia Gate propose un accès distant sécurisé aux postes de travail et aux applications de l'entreprise situées dans leur réseau interne. Le portail est accessible depuis n'importe quel navigateur web, sur n'importe quel poste -personnel ou professionnel, portable, mobile ou fixe- du collaborateur. La solution assure aussi à l'entreprise de rester conforme aux directives de sécurité, en éliminant le risque d'une ouverture trop importante de son réseau pour un accès depuis l'extérieur.

  • Klaxoon ouvre ses outils de réunion, d'ateliers de travail et de gestion de projets à distance

Leader français des outils collaboratifs en entreprise, Klaxoon a lancé le 10 mars le lancement d'un programme gratuit d'aide à la mise en place du travail à distance. Une réponse à la "très forte demande d'équipes ayant besoin de télé-travailler immédiatement, soit 90% de demandes en plus", d'après la startup. Ses outils collaboratifs permettent de réaliser des réunions, des ateliers de travail, de gérer des projets à distance depuis n'importe quel appareil numérique. Klaxoon offre trois mois d'essai et créé une équipe en interne pour un accompagnement dédié à distance.

  • Livestorm pour faciliter les réunions à distance

Du côté de la vidéo conférence, qui devrait se généraliser avec le télétravail, la startup française Livestore met sa fonctionnalité de visio-conférence Livestorm Meet en accès "entièrement gratuit et illimité jusqu'à ce que l'épidémie se résorbe". L'autre fonctionnalité du logiciel, le webinar, est accessible avec une réduction de 20% sur l'abonnement.

Lire aussi : Comment Klaxoon veut imposer le management collaboratif en entreprise

Télémédecine, suivi à distance des patients malades : Doctolib, Qare, Covidom ou Medicam sur le pont

  • Covidom, l'appli de télésuivi du coronavirus à domicile des Hôpitaux de Paris pour les patients "sans signe de gravité"

Pour désengorger les hôpitaux déjà surchargés avant même le pic de contaminations, le réseau Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), a fait appel à la startup lyonnaise Nouveal e-santé pour sa solution Covidom. "Opérationnelle" depuis lundi, l'appli Covidom a d'abord été déployée dans les hôpitaux Bichat et Pitié-Salpêtrière, établissements de référence pour le Covid-19, et s'apprête à être étendue "largement". Il s'agit d'une application smartphone de télésuivi à domicile pour les patients "porteurs ou suspectés" d'infection par le coronavirus, mais "qui ne nécessitent pas d'hospitalisation". Elle se destine aux patients "sans signe de gravité" et "en complément de mesures de confinement" d'après l'AP-HP.

Disponible gratuitement sur l'AppStore et Google Play, l'inscription est toutefois réalisée par le médecin, en charge de renseigner les données médicales utiles. Le patient doit ensuite répondre "une ou plusieurs fois par jour" à un "questionnaire simple". L'application doit "générer des alertes", notamment "en cas de forte fièvre ou de gêne respiratoire importante".

Autre initiative : Le Groupement des Hôpitaux de l'Institut Catholique de Lille a décidé d'élargir son offre de soins en utilisant la plateforme de téléconsultation Medaviz, avec pour objectif de mieux suivre le retour à domicile des patients infectés par le coronavirus après leur séjour aux urgences.

  • Doctolib, Qare et Medicam pour la téléconsultation

Par un décret publié le 10 mars, le gouvernement a assoupli jusqu'au 30 avril les conditions pour réaliser des actes de télémédecine, dans le but de répondre à la crise sanitaire. Pour désengorger les cabinets médicaux et éviter la propagation du virus dans les salles d'attente, Doctolib fait un geste à destination des médecins. Depuis le 5 mars, la plateforme met gratuitement à disposition la consultation vidéo pour tous les médecins de France. "La société financera intégralement les coûts d'équipement, de formation et de gestion de ce service", indique l'entreprise, qui revendique une progression de 40% des demandes d'adhésion à son service de télé-consultation depuis le début de l'épidémie Covid-19. Habituellement facturé 79 euros par mois, il sera remboursé pour les 3.500 médecins déjà clients.

De son côté, Qare, startup spécialisée dans la téléconsultation, a annoncé une explosion des inscriptions depuis le début de l'épidémie. La plateforme permet l'échange sécurisé de documents, avec la délivrance d'ordonnance avec QR code.

Initialement destinée aux praticiens libéraux d'Occitanie, la plateforme de téléconsultation publique Medicam s'ouvre ainsi à tout le territoire français, que ce soit pour les médecins libéraux mais aussi pour les Ehpad. L'outil permet aux praticiens le désirant de proposer des consultations à distance, de transférer des prescriptions médicales et de procéder au paiement en ligne et au remboursement de l'acte médical par l'Assurance maladie.

Lire aussi : Téléconsultation : dans l'ombre de Doctolib, la startup Qare lève 20 millions d'euros

Garde d'enfants : les sites à connaître

"Face à la crise du Covid-19, nous avons besoin de la solidarité de tous. Il faut que les étudiants se proposent pour garder les enfants de ceux qui travaillent, que ceux qui ont déjà une nounou proposent d'accueillir d'autres enfants. La technologie peut être une solution" a déclaré Cédric O sur RMC ce vendredi.

Effectivement, il existe une multitude de plateformes où trouver des babysitters de fortune ou du personnel spécialisé dans la petite enfance. Citons Aladom (plateforme d'emplois dédiée aux services à la personne), les nombreuses plateformes de mise en relation entre parents et babysitters (BabySittor, Kids place, Bsit, HappySitters, KidSitter, Kinougarde, Nounoutop, Youpies...), les réseaux sociaux de voisinage comme Gens de confiance, Nextdoor ou Lulu dans ma rue, ou encore les sites d'entraide entre parents tels que Un jeu d'enfant ou Yoopala.

Education à distance

La fermeture des établissements scolaires est un vrai défi pour les écoliers, collégiens, lycéens et étudiants. Pour assurer la continuité de l'enseignement, de nombreux outils existent, du carnet de liaison virtuel au cours en visio-conférence, en passant par les traditionnels liens envoyés par courriel ou SMS vers du contenu pédagogique en ligne. "On ne peut pas, du jour au lendemain, remplacer 6 heures de cours par jour par 6 heures de travail autonome des élèves à distance avec des interfaces qu'ils ne connaissant pas, ou pas bien", nuance Stéphanie de Vancey, membre du syndicat d'enseignants Union nationale des syndicats autonomes (UNSA).

  • Ma classe à la maison pour la "classe virtuelle" et les exercices

Créé par le Centre national d'enseignement à distance (Cned), Ma classe à la maison est une plateforme d'enseignement à distance dotée d'une double vocation : vérifier les connaissances déjà acquises avec des exercices à effectuer ; et proposer une "classe virtuelle" dispensée par le professeur en visio-conférence.

Jusqu'à présent appliqué dans quelques zones du territoire, le dispositif sera mis en place dans toute la France à partir de lundi. La plateforme s'adresse aux élèves de la grande section jusqu'à la terminale, mais le ministère de l'Education Nationale souhaite qu'elle s'étende à la petite et à la moyenne section de maternelle. 15 millions de connexions simultanées peuvent être supportées par le site.

  • Klassroom, Educartable : les outils de liaison parents-profs-élèves

Depuis le début de la crise du coronavirus, la startup Klassroom, qui propose un carnet de liaison numérique, est débordée. "De nombreux enseignants, compte tenu de la situation, souhaitent pouvoir échanger dans l'urgence avec les familles et se tournent vers notre application" raconte Philippine Dolbeau, la vice-présidente de l'entreprise. Qui a décidé d'ouvrir gratuitement l'accès à l'application le temps de la fermeture des établissements scolaires.

Lire aussi : Klassroom, le Facebook de la relation parents-prof, à l'assaut des écoles primaires

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Commentaires
a écrit le 15/03/2020 à 16:45 :
Décidément, tout est à refaire dans ce pays: dans notre hâte à "protéger" les faibles des horreurs de la vie, nous avons raté toutes les opportunités de demain, car cet argent que nous distribué généreusement nous manque cruellement pour l'investir dans ce qui sera le présent pour nos enfants. Y a-t-il un secteur où nous sommes précurseurs? La faute à notre Enseignement et à ses ministres?
a écrit le 14/03/2020 à 9:25 :
Toutes ces applications étaient boudées «  avant » le coronavirus «  maintenant en phase de devenir incontournable, ce qui va vraiment «  ancré » ce nouveau monde
Car avant le «  coronavirus «  il faut être honnête la transition numérique ne passait que pour une faible «  majorité de personnes «  maintenant les masses vont y adhérer par peur de mourir du coronavirus ou de la psychose de développer une maladie.
Nous entrons dans une nouvelle phase du numérique mondiale qui va remplir les poches des usa( puisqu’ils détiennent le monopole de la l’ITEch)?

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