Procès Uber contre Google : des SMS mettent en doute l'innocence de Travis Kalanick

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L'ex patron d'Uber Travis Kalanick a nié toute implication et complicité dans le vol de fichiers chez Waymo, une filiale de Google, lors de la suite du procès qui s'est tenu au tribunal de San Francisco.
L'ex patron d'Uber Travis Kalanick a nié toute implication et complicité dans le vol de fichiers chez Waymo, une filiale de Google, lors de la suite du procès qui s'est tenu au tribunal de San Francisco. (Crédits : Reuters)
Le contenu des SMS échangés entre l'ex patron d'Uber, Travis Kalanick et l'un de ses anciens ingénieurs, ont été mercredi 7 février, au cœur du procès. Le litige oppose la société de VTC à Waymo, une filiale d'Alphabet (maison-mère de Google).

C'était la première fois que Travis Kalanick, l'ex-patron d'Uber, s'exprimait publiquement les 6 et 7 février sur les allégations de Waymo, une filiale de la maison-mère de Google, concernant le vol de technologies clé pour le développement de véhicules autonomes.

Pour rappel, selon cette dernière, l'un de ses anciens ingénieurs, Anthony Levandowski aurait dérobé fin 2015 des milliers de documents confidentiels - plus de 14.000 - avant de fonder sa propre startup, Otto, rachetée ensuite par Uber à l'été 2016.

La filiale de Google assure que le groupe et son patron avaient tout manigancé et racheté Otto en sachant que M. Levandowski aurait, dans ses valises, des secrets technologiques volés.

Lire aussi : Voiture autonome : qui est l'ingénieur au cœur de la plainte de Google contre Uber ?

De nouveaux éléments apportés par Waymo

À l'appui de sa démonstration, l'avocat de Waymo Charles Verhoeven a produit mercredi matin à l'audience, dans un tribunal de San Francisco bondé, le contenu de SMS échangés entre MM. Kalanick et Levandowski. Smileys, évocation du film "Wall Street" avec Michael Douglas... Ces SMS étaient censés faire la démonstration de leur complicité et de leur vision sans scrupule de la course à la voiture autonome.

À la question de Me Verhoeven, "vous vouliez gagner aussi, n'est-ce pas ?" M. Kalanick, en costume cravate, loin de l'image de "bad boy" qui lui colle à la peau, a répondu :

"C'est exact."

Sur l'un des messages envoyés par l'ingénieur au dirigeant, en mars 2016, on peut voir un smiley "clin d'œil" accompagnant un lien vers un extrait du film "Wall Street", qui dépeint le monde des requins de la finance dans les années 1980.

Dans l'extrait, diffusé à l'audience, on entend le financier sans scrupule Gordon Gekko lancer à son auditoire :

"L'avidité, c'est bien (...), l'avidité, ça marche".

L'ex-patron d'Uber nie toute implication

Sur le grill pendant deux heures, après avoir déjà été auditionné mardi pendant près d'une heure, Travis Kalanick a nié avoir demandé, ou même avoir été au courant, que M. Levandowski avait dérobé des fichiers. Son recrutement visait à rattraper son retard sur le marché des voitures autonomes.

"Je voulais recruter Anthony et il voulait créer son entreprise. J'ai donc imaginé un scénario dans lequel il pourrait créer son entreprise et dans lequel je pourrai l'embaucher."

Connu pour son tempérament impétueux et des méthodes peu orthodoxes, M. Kalanick, qui a co-fondé Uber, a été poussé à la démission en juin 2017.

Dans ce procès, qui doit durer encore au moins deux semaines, il était entendu comme témoin. Waymo réclame quelque 2 milliards de dollars à Uber et la fin de son programme de voitures autonomes.

La décision devrait être mise en délibérée à une date encore indéterminée.

(Avec agences)

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