Voitures autonomes : l'ancien patron d'Uber mis en cause par Google pour espionnage industriel
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travis uber
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"Guerre", "triche", "complot"... les hostilités ont démarré fort lundi dans le procès opposant Uber à Waymo, filiale de Google qui le poursuit pour vol de technologies dans les voitures autonomes, vues comme le Graal des transports.
Waymo accuse l'un de ses anciens ingénieurs, Anthony Levandowski, d'avoir volé fin 2015 des milliers de documents confidentiels portant sur un système de lasers, technologie clé dans la conduite autonome, avant de fonder sa propre startup, Otto, rachetée ensuite par Uber en 2016.
Monsieur Kalanick a "décidé d'investir énormément dans la conduite autonome" et, en 2015, "a décidé que gagner était plus important que la loi (...) quoiqu'il en coûte", a déclaré Charles Verhoeven, l'un des avocats de Waymo qui réclame entre un et deux milliards de dollars à Uber, devant un tribunal fédéral de San Francisco (Californie, ouest des États-Unis).
"Il a pris la décision et cette décision était de tricher", a-t-il insisté, extraits d'emails et de SMS à l'appui. Selon lui, Uber s'est rendu compte qu'il était "incapable de rattraper" son retard dans la conduite autonome alors que Waymo a commencé à travailler dans la conduite autonome en 2009.
La filiale de Google assure qu'Uber avait tout manigancé et racheté Otto en sachant que Monsieur Levandowski aurait dans ses valises des secrets technologiques volés à Google. Travis Kalanick, dont l'apparition était très attendue, est souvent resté vague quant au calendrier et au contenu des rencontres avec l'ingénieur, répondant souvent par monosyllabes au feu roulant des questions de l'avocat de Waymo, Charles Verhoeven.
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Me Verhoeven a alors présenté devant la cour la copie d'un badge visiteur d'Anthony Levandowski datant du 20 décembre 2015, où l'on peut lire qu'il a rendez-vous avec M. Kalanick.
Montrant la photo d'un tableau blanc portant l'écriture de Travis Kalanick, Me Verhoeven a demandé à celui-ci de préciser ce que voulait dire ces mots manuscrits écrits pendant une réunion chez Uber :
"Est-ce que cela veut dire que c'était les choses qu'Uber voulait avec Anthony Levandowski?", a demandé l'avocat.
Uber tente depuis plusieurs mois de se défaire d'une réputation largement écornée par les scandales des années Kalanick. Connu pour son tempérament impétueux et ses méthodes peu orthodoxes, la co-fondateur d'Uber a été poussé à la démission en juin 2017.
L'enjeu est énorme pour les deux entreprises, car la voiture autonome est considérée comme l'avenir des transports. Comme beaucoup d'autres, elles investissent énormément dans ces technologies et pour s'assurer les services des meilleurs ingénieurs de la Silicon Valley.
Pendant près de six heures lundi, les deux groupes se sont accusés mutuellement d'avoir voulu nuire à l'autre, vu comme une menace dans la course effrénée à la voiture sans conducteur.
La filiale de Google assure qu'Uber avait tout manigancé en amont pour mettre la main sur ces technologies "vitales" pour la société de location de voitures avec chauffeur (VTC), qui souhaitait gagner "la guerre" de la conduite autonome, selon des termes belliqueux de Travis Kalanick rapportés par un autre ex-dirigeant d'Uber et cités par l'avocat.
Citant un email interne à Google, ces documents avaient "si peu de valeur" qu'il avait été envisagé de les retirer de l'infrastructure informatique de Google, a-t-il dit.
Selon lui, Google était "très inquiet" de la concurrence d'Uber depuis longtemps, inquiétudes renouvelées lors du rachat d'Otto en 2016 et après le départ de plusieurs ingénieurs du projet de voiture autonome du géant d'internet.
À lire également
Waymo, qui est une filiale d'Alphabet, maison mère de Google, va devoir prouver pendant les débats qu'il s'agissait bien de secrets commerciaux, qu'Uber les a récupérés indument, les a utilisés et en a tiré profit.
(avec agences)
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