Publicité ciblée : LinkedIn écope d'une amende dans l'UE, une première
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Le réseau social professionnel LinkedIn, propriété du géant américain Microsoft, a écopé ce jeudi d'une amende de 310 millions d'euros.
Robert Galbraith
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Le réseau social professionnel LinkedIn, propriété du géant américain Microsoft, a écopé ce jeudi d'une amende de 310 millions d'euros.
Robert Galbraith
[Article publié jeudi 24 octobre 2024 à 13h38, mis à jour à 15h51] Le réseau social professionnel LinkedIn, propriété du géant américain Microsoft, a écopé ce jeudi d'une amende de 310 millions d'euros de l'Union européenne. Il est notamment accusé d'avoir enfreint le règlement européen sur les données (RGPD) en matière de publicité ciblée, et a l'obligation de se mettre en conformité. C'est la première fois que LinkedIn écope d'une amende en Europe.
La Commission irlandaise pour la protection des données (DPC), qui agit pour le compte de l'UE, a notamment estimé que « le consentement obtenu par LinkedIn » auprès de ses utilisateurs pour l'utilisation de leurs données « n'a pas été donné librement, ni été suffisamment éclairé ou spécifique, ni sans ambiguïté ». Elle a ainsi enjoint le réseau social « de mettre son traitement (des données) en conformité » avec le RGPD, poursuit-elle dans un communiqué. Sa décision complète sera publiée ultérieurement.
LinkedIn « estime avoir respecté le RGPD », mais assure que l'entreprise « travaille à garantir que ses pratiques publicitaires respectent » la décision du régulateur irlandais, a réagi l'entreprise, dans une déclaration transmise à l'AFP ce jeudi.
La commission irlandaise agit après le dépôt d'une plainte en 2018 par l'association française la Quadrature du Net. Peu après la publication de cette décision, l'association « se félicite de cette décision qui rappelle une fois de plus la nocivité du modèle économique des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft, ndlr) et l'importance qui doit être accordée à la protection des données personnelles aujourd'hui », a-t-elle réagi, dans une déclaration transmise à l'AFP.
Et d'ajouter : « L'association souligne néanmoins la lenteur, probablement volontaire, de l'autorité irlandaise qui a mis plus de six ans à émettre une sanction, signe des défaillances du système européen. »
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L'organisation avait déposé cinq plaintes collectives contre LinkedIn (Microsoft), mais aussi Google, Apple, Facebook et Amazon. Elle les accuse d'exploiter de manière illégale les données personnelles de leurs usagers. Les plaintes, qui rassemblaient les noms de près de 12.000 personnes, avaient d'abord été déposées au siège de la Cnil (Commission nationale informatique et liberté), à Paris.
Le dossier visant LinkedIn avait été transmis à son homologue irlandais, compétent pour agir au nom de l'UE. De fait, le siège européen de Microsoft - sa maison-mère - se trouve en Irlande, comme ceux de nombreux géants de la Silicon Valley (Apple, TikTok, X, Meta ou Google, par exemple).
Dans sa plainte visant le réseau social professionnel, la Quadrature du Net pointait notamment les cases précochées, ou les clauses stipulant que la continuation de l'utilisation du service vaut acceptation, et demandait « l'interdiction des traitements d'analyse comportementale et de ciblage publicitaire » ainsi qu'une amende administrative « la plus élevée possible ». L'analyse comportementale et la publicité ciblée consistent à utiliser les informations fournies, déduites ou observées à propos d'un individu, pour lui proposer des annonces sur mesure.
La série de plaintes de la Quadrature du Net en 2018 avait déjà abouti à de lourdes amendes contre Google et Amazon, respectivement de 50 et 746 millions d'euros, infligées en France et au Luxembourg.
Les régulateurs du monde entier, en particulier l'UE, tentent depuis des années d'encadrer les géants de la tech en matière de concurrence déloyale ou de protection des données. Ils sont notamment régulièrement mis en cause dans l'UE pour le traitement de données personnelles contraire à la réglementation européenne RGPD, lancée en 2018 pour protéger les consommateurs européens. La guerre sans merci dans l'IA complique encore plus leur tâche, d'autant que le secteur profite de la lenteur des législations et des procédures en justice.
Mis en cause pour ses avantages fiscaux en Irlande, Apple a été définitivement condamné courant septembre par la justice européenne. Le géant est tenu de rembourser 13 milliards d'euros d'arriérés à Dublin après huit ans de procédure. Le même jour, Google a été condamné à une amende définitive de 2,4 milliards d'euros, initialement prononcée en 2017, à l'issue d'une enquête ouverte en 2010 sur son service de comparateur de prix.
Plus récemment, Meta a écopé vendredi d'une amende de 91 millions d'euros du régulateur irlandais pour avoir enfreint le RGPD en manquant de transparence après une faille de sécurité affectant les mots de passe des utilisateurs.
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Outre-Atlantique, Microsoft a déjà été sanctionné. L'agence américaine de protection des consommateurs (FTC) a imposé l'an dernier au géant américain de payer 20 millions de dollars pour mettre fin à des poursuites pour avoir récolté des données personnelles de mineurs inscrits sur la plateforme de jeux en ligne de la console Xbox, sans informer leurs parents. L'entreprise avait aussi écopé en 2022 d'une amende de 60 millions d'euros de la Cnil pour n'avoir pas permis de refuser simplement les « cookies » sur son moteur de recherche Bing.
(Avec AFP)
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