Tracking sur smartphone : Apple et Google s'allient pour le suivi des données

 |   |  653  mots
Des smartphones équipés du logiciel iOS d'Apple ou Android de Google pourront ainsi échanger des informations via Bluetooth, afin d'assurer le suivi des contacts humains (contact tracing) et d'alerter les autres utilisateurs. A partir de mai, les utilisateurs d'appareils iOS et Android seront en mesure de partager des contenus issus d'applications officielles d'autorités de santé publique, téléchargeables depuis les boutiques en ligne des deux groupes.
Des smartphones équipés du logiciel iOS d'Apple ou Android de Google pourront ainsi échanger des informations via Bluetooth, afin d'assurer le suivi des contacts humains ("contact tracing") et d'alerter les autres utilisateurs. A partir de mai, les utilisateurs d'appareils iOS et Android seront en mesure de partager des contenus issus d'applications officielles d'autorités de santé publique, téléchargeables depuis les boutiques en ligne des deux groupes. (Crédits : Gleb Garanich/Reuters)
Apple et Google ont annoncé vendredi un partenariat pour permettre le suivi numérique des individus ayant été à proximité des personnes infectées par le coronavirus afin de limiter la propagation de la maladie tout en préservant la confidentialité.

"Google et Apple annoncent un effort conjoint pour permettre l'utilisation de la technologie Bluetooth dans le but d'aider les gouvernements et les agences de santé à réduire la propagation du virus, en intégrant la confidentialité et la sécurité des utilisateurs au cœur de la conception", ont indiqué les deux géants technologiques dans un billet de blog.

Des smartphones équipés du logiciel iOS d'Apple ou Android de Google pourront ainsi échanger des informations via Bluetooth, afin d'assurer le suivi des contacts humains ("contact tracing") et d'alerter les autres utilisateurs. A partir de mai, les utilisateurs d'appareils iOS et Android seront en mesure de partager des contenus issus d'applications officielles d'autorités de santé publique, téléchargeables depuis les boutiques en ligne des deux groupes.

Apple et Google prévoient, dans un second temps, de développer "une plateforme de suivi des contacts plus large [...] qui permettrait à davantage de personnes d'y participer, si elles choisissent d'y adhérer."

Les systèmes d'exploitation des deux groupes rivaux sont les plus utilisés sur les smartphones à travers la planète.

"Compte tenu de l'urgence du besoin, l'objectif est de mettre en œuvre cette solution en deux étapes tout en maintenant de solides protections pour assurer le respect de la vie privée des utilisateurs", ont promis Apple et Google.

Le patron d'Apple, Tim Cook, et celui de Google, Sundar Pichai, ont tous deux réagi à ce nouveau partenariat. "Le suivi des contacts peut aider à ralentir la propagation du Covid-19 et peut se faire sans compromettre la vie privée des utilisateurs", a écrit M. Cook sur Twitter.

Contact tracing can help slow the spread of COVID-19 and can be done without compromising user privacy. We're working with @sundarpichai & @Google to help health officials harness Bluetooth technology in a way that also respects transparency & consent. https://t.co/94XlbmaGZV

— Tim Cook (@tim_cook) April 10, 2020

Quelle efficacité?

Plusieurs experts et association se montraient cependant perplexes sur l'efficacité des nouveaux outils de Google et d'Apple.

"Il est difficile de savoir quel usage ils comptent faire" des données obtenues, s'interroge ainsi Ryan Calo, chercheur à l'université de Washington et affilié au Centre pour internet et la société de Stanford. "S'ils pensent que le suivi numérique des contacts va permettre aux gens d'arrêter la distanciation sociale, je suis sceptique", indique M. Calo. "Mais s'ils créent une plateforme de recherche pour les autorités sanitaires, ça pourrait être utile", ajoute-t-il.

La puissante organisation de défense des droits civiques ACLU saluait la démarche, mais se montrait préoccupée par les inégalités économiques que cette nouvelle initiative risque, selon elle, de mettre à jour.

"De telles méthodes de suivi des contacts sont susceptibles d'exclure de nombreux membres vulnérables de notre société dont l'accès aux technologies est limité et qui sont déjà affectés de manière disproportionnée par la pandémie", avertit Jennifer Granick, chargée de la surveillance et de la cybersécurité pour l'ACLU.

D'autres experts s'interrogeaient sur l'usage des données personnelles malgré les garanties des deux entreprises.

"Si j'imagine que ces outils seront proposés sur la base du volontariat, ils finiront par devenir obligatoires une fois que les législateurs se mettront à se fier à eux pour prendre des décisions telles que qui peut quitter son domicile ou qui peut retourner au travail", s'inquiète Ashkan Soltani, chercheur en sécurité informatique. "Cela créera un précédent incroyablement dangereux", prédit-il.

Mais pour d'autres spécialistes, les dispositifs de protection sont suffisamment élevés pour ne pas donner lieu à des abus. "Les plateformes mobiles ont mis en place des garde-fous techniques pour atténuer les risques de traçage et de ré-identification, qui semblent assez solides", estime John Verdi, du Future of Privacy Forum.

Lire aussi : Tracking : pourquoi le projet d'application StopCovid est si controversé

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 13/04/2020 à 16:29 :
J'ai un vieux machin, forfait à 2 euros... c'est parfait. Au fait, les tests et les masques sont où ... les donneurs de leçons ???????
a écrit le 12/04/2020 à 17:06 :
Les flics du numérique répondent présents .
Magnifiques nous sommes foutus !
Réponse de le 13/04/2020 à 15:06 :
quand on n'a pas de smartphone, non, tout va bien. :-) On doit être plus que 20% en France à n'en pas avoir vu l'usage jusqu'à maintenant (et c'est une dépense aussi). Chez moi j'ai la fibre depuis janvier, pourquoi avoir un ordi portable pour accéder au web de partout tout le temps ? Quelle utilité ? Les jeunes ne peuvent s'en passer, sont nés avec. :-)
a écrit le 12/04/2020 à 14:32 :
Il ne manquait plus que ces deux là, dés qu'il y a moyen de pomper des données ils accourent. Il n'y a pas d'autres entreprises que celles-là?
Qu'ils paient leurs impôts et on en reparle.
a écrit le 12/04/2020 à 9:46 :
M'étonnais aussi que les GAFA ne se mêlent pas du problème. Gratuitement ? Sûrement pas.
Sans l'horizon très proche d'un vaccin, d'un médicament, le confinement tel qu'il est fait actuellement est inutile. Il ne sert qu'à sauver les fesses des gouvernants et de l'aéropage qui gravite autour. A titre personnel, je n'utiliserai jamais un système de traçage et début Juin: Je sors.
Réponse de le 13/04/2020 à 15:02 :
Un vaccin, une fois une "soupe" testée et approuvée, ça demandera du temps à fabriquer, hélas (pour ça qu'on va nous demander, quand >= 65 ans de rester sagement à la maison jusqu'au vaccin disponible en pharmacie, en 2021).

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :