Tracking du Covid-19 : comment font les autres pays ?

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(Crédits : Reuters)
Alors que la France planche sur l'application "StopCovid" pour "traquer" la propagation du coronavirus, de nombreux pays en Asie et en Europe ont déployé des solutions de "tracking" des individus via leur smartphone. GPS, Bluetooth ou encore reconnaissance faciale : les moyens techniques sont nombreux, pour des finalités différentes. Tour d'horizon.

Elles permettent de quantifier, de géolocaliser, de cartographier, de contrôler et parfois d'informer... Elles, ce sont les technologies de traçage numérique - le fameux "tracking" - utilisées depuis le début d'épidémie du coronavirus.

L'objectif affiché par les Etats qui y recourent : lutter contre la propagation du Covid-19. Plusieurs technologies, plus ou moins intrusives d'un point de vue du respect de la vie privée, peuvent permettre de surveiller à distance les individus.

  • Géolocaliser : antennes-relais et données GPS

Il s'agit de la technologie la plus évidente, et par conséquent, elle est très utilisée par les Etats depuis le début de la pandémie. Plusieurs dispositifs permettent d'y parvenir.

Pourquoi ? La géolocalisation permet de reconstituer à l'échelle d'une région ou d'une ville les déplacements de population ; identifier les zones à forte densité et à risque ; anticiper et adapter les capacités d'accueil dans les établissements de santé ; contrôler le respect des mesures de confinement de manière globale ou individualisée.

Comment ? Les opérateurs télécoms possèdent de nombreuses informations grâce aux données mobiles récoltées par le biais des antennes-relais. L'avantage : les données sont automatiquement générées dès lors qu'une personne utilise un mobile, et aucune activation de collecte n'est nécessaire par les utilisateurs. Par exemple, Orange fournit à l'Institut français de la recherche médicale (Inserm) des données agrégées, qui ne comportent pas d'information permettant d'identifier les personnes (âge, sexe...), selon l'opérateur. Ainsi, selon ses données de bornage, Orange a estimé qu'environ 1,2 millions de franciliens ont quitté le Grand Paris entre le 13 et le 20 mars.

La géolocalisation peut également être réalisée grâce aux réseaux sociaux (Facebook, Instagram...), aux plateformes et à la myriade d'applications mobiles (Google Maps notamment) qui disposent des données GPS de leurs utilisateurs. Par exemple, les géants américains Facebook et Google ont récemment ouvert aux chercheurs et aux autorités leurs données "agrégées et anonymisées". Celles-ci proviennent des utilisateurs ayant activé l'option "historique des positions" dans leurs applications, mais aussi sur leur système d'exploitation mobile, comme Android, géré par Google.

Certains pays, comme Taïwan et la Pologne, ont même imposé des dispositifs de géolocalisation aux personnes infectées, susceptibles de l'être ou revenant de l'étranger. Dans le cas précis de la Pologne, l'application envoie de manière aléatoire, plusieurs fois par jour, des SMS demandant aux utilisateurs de se géolocaliser grâce à un selfie. Sans réponse, la police polonaise se rend aux domiciles des personnes concernées.

Où ? Chine, Thaïlande, Corée du Sud, Taïwan, Singapour, Israël, Russie, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Italie, Pologne...

  • Cartographier : montres et bracelets connectés

Dans une logique assez similaire à la géolocalisation, il est possible de cartographier la propagation du virus à partir d'objets connectés.

Pourquoi ? Cela peut aider les autorités sanitaires à dresser un aperçu géographique et en temps réel de la propagation de l'épidémie ; contrôler de façon individualisée les mesures de confinement et de quarantaine.

Comment ? En Europe, l'Allemagne est le seul cas d'école connu, avec l'application "Corona-Datenspende" lancée mardi. Celle-ci récolte anonymement et sur la base du volontariat les données de santé issues des montres et bracelets connectés grand public : genre, taille, poids, augmentation du pouls au repos, modifications des habitudes de sommeil et d'activité... mais aussi, le code postal des utilisateurs. Les données sont ensuite analysées et traitées par l'Institut Robert-Koch, qui pilote la lutte contre l'épidémie outre-Rhin.

A Hong Kong, les autorités ont doté toutes les personnes revenant de l'étranger d'un bracelet électronique, similaire à ceux utilisés en cas de peines judiciaires. Celui-ci était ensuite relié à une application devant être téléchargée sur un smartphone. Cette appli peut  envoyer un message d'alerte en cas de sortie du périmètre programmé.

Où ? L'Allemagne, Hong Kong.

  • Détecter : Bluetooth

La technologie sans fil Bluetooth est au cœur du projet d'application "StopCovid", sur lequel le gouvernement français planche actuellement. C'est également le dispositif qui a été retenu par le consortium de chercheurs européens, baptisé PEPP-PT.

Pourquoi ? Le principal usage est de détecter et d'informer des sujets "contacts". Il s'agit d'identifier les personnes ayant été potentiellement exposées au virus suite à la rencontre de malades (avérés ou asymptomatiques).

Comment ? Recourir au Bluetooth nécessite un pré-requis : l'installation d'une application de traçage numérique, qui fournit un identifiant unique à chaque utilisateur. Une fois installée, l'application détecte par Bluetooth jusqu'à plusieurs mètres les téléphones mobiles également équipés de l'application. Cela permet d'estimer la distance entre plusieurs personnes, ainsi que le temps de contact.

Si une personne dotée de l'application se révèle être porteuse du coronavirus, alors elle se fait connaître auprès des autorités en fournissant l'historique de son application. Cela permet ensuite d'envoyer une notification via l'appli à tous les individus qu'elle a rencontré.

Où ? Singapour. Les gouvernements français et allemand développent actuellement des applications qui recourent au Bluetooth.

  •  Repérer : cartes bancaires et de transports

Le recours à ce types de données - issues de cartes à puces - est pour l'instant marginal.

Pourquoi ? L'usage principal est d'identifier les chaînes de transmission du virus à travers les magasins et les stations de transports à risque ; prévenir les personnes ayant été potentiellement exposées au Covid-19.

Comment ? Côté banque, les données issues de chaque paiement et retrait peuvent permettre de reconstituer grossièrement des itinéraires. Idem avec les titres de transports numériques. Certains systèmes utilisés dans les métros demandent de badger à l'entrée et à la sortie.

Par exemple, à l'échelle d'un magasin, si un membre du personnel se révèle être positif au coronavirus, les autorités peuvent analyser les historiques des transactions bancaires pour identifier de potentiels cas de contaminations parmi la clientèle récente.

Où ? Corée du Sud et Singapour.

  • Surveiller : vidéosurveillance et reconnaissance faciale

Il s'agit des cas les plus extrêmes en terme de "tracking" car ils sont réalisés sans consentement des utilisateurs et par nature, ils sont massivement utilisés puisque les équipements de vidéosurveillance et de reconnaissance faciale dans les espaces publics sont logiquement placés dans des endroits très fréquentés.

Pourquoi ? Surveiller les personnes infectées ou pouvant l'être, mais aussi celle revenant de l'étranger afin de les soumettre strictement à un confinement ou une quarantaine.

Comment ? Cela suppose un maillage des espaces publics avec des dispositifs de vidéosurveillance, pouvant être couplés à de la reconnaissance faciale ou à un contrôle humain.

Où ? Chine, Corée du Sud, Singapour, Russie...

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Commentaires
a écrit le 15/04/2020 à 20:57 :
On essaye de se donner bien du mal, mais on n'a pas été capables de fermer les aéroports aux arrrivants venant de chine ni bloquer les individus venant d'Italie.
Les boulettes ne seront pas gratuites,
Ce gouvernement restera celui qui aura dit :< En marche le cronavirus!>
a écrit le 10/04/2020 à 11:21 :
Quand on songe que le gouvernement ( mais ce n'est pas qu'en France) n'a pas été capable de faire un décompte pour les maisons de retraites et autres EHPADs et a prétendu chaque jour nous donner un bilan chiffré à l'unité près , on ne peut que rire .
Pourtant c'était bien dans ces lieux que le traçage devait poser le moins de problème .
Nous sommes bombardés par Castaner et J. Salomon de chiffres non seulement ridiculement précis mais totalement incomplets que c'est l'overdose .
a écrit le 10/04/2020 à 11:21 :
Quand on songe que le gouvernement ( mais ce n'est pas qu'en France) n'a pas été capable de faire un décompte pour les maisons de retraites et autres EHPADs et a prétendu chaque jour nous donner un bilan chiffré à l'unité près , on ne peut que rire .
Pourtant c'était bien dans ces lieux que le traçage devait poser le moins de problème .
Nous sommes bombardés par Castaner et J. Salomon de chiffres non seulement ridiculement précis mais totalement incomplets que c'est l'overdose .
a écrit le 10/04/2020 à 11:16 :
"Une fois installée, l'application détecte par Bluetooth jusqu'à plusieurs mètres les téléphones mobiles également équipés de l'application. Cela permet d'estimer la distance entre plusieurs personnes, ainsi que le temps de contact."
un détails technique à ce sujet semble être que le Bluetooth permet de communiquer avec un périphérique voisin, connu ou étranger mais pas fait à l'origine pour savoir(mesurer) à quelle distance est l'objet, si la distance est pas trop grande, ça passe, mais de la à savoir si y a 10cm ou 3mètres, ... Comme la TV, le signal passe ou pas, l'image est là ou pas que l'émetteur soit à 30km ou 5. Le Wifi permet-il se mesurer les distances ? Ça passe très bien, bien, ou pas. On mesure la force du signal mais il faudrait en déduire un éloignement.
Au pire on peut dire "un Bluetooth est passé dans le voisinage, pas trop loin pour avoir pu le capter".
Google maps sait que je suis chez moi, j'ignorais qu'on pouvait l'utiliser en mouvement comme 'GPS' routier, faute de smartphone pour ce faire (les cartes papiers j'aime encore ça).
a écrit le 10/04/2020 à 10:08 :
"Traquer" n'est pas le mot juste : ça fait trés REPRESSION ( bon ! , ça ne déparerait pas le pays mais ......)!
" Tracer " serait plus juste et laissons "tracking " aux snobinards et m'as-tu-vu de l'expression !
a écrit le 09/04/2020 à 23:30 :
Google et Apple ont déjà ces informations, ils nous suivent au mètre près...
Il faut les obliger à les communiquer.
Ça évite les usines à gaz.
Et tout le monde aura ces cas contacts.
Si on attend que tous les Français télécharge l'application, on peut attendre longtemps.
Par contre tous les Français ont donné a Apple et Google jusqu'à leur CB "volontairement" sinon le téléphone ne fonctionne pas... C'est ballot certains ont mis plus de 1000€ alors la vie privée vous pensez bien qu'on relativise.
Imaginons une amende de 1000€ si on n'a pas l'application stopCovid ?
Chiche !
Réponse de le 10/04/2020 à 10:03 :
""Traquer" les gens tout le temps ce sont les dictatures qui en usent et bien sûr abusent. Au fil du temps des résistances vont s'organiser pour en gripper les rouages.
Comme il est impossible de rester anonyme sur le Net, la bonne solution serait de perturber toutes les "applications" intrusives en leur faisant une guérilla permanente. Les hackers ont de beaux
jours devant eux.
a écrit le 09/04/2020 à 21:46 :
Et si on parlait Français ? Tracking, en Français, c'est Traqué et ce qui est Traqué ce sont les animaux.
Quand les hommes sont Traqués, ça renvoie à de mauvais souvenirs.
Le "Tracking" des personnes, pour toutes les meilleures intentions du monde devrait être interdit. Les risques sur la vie privée sont trop importants.
a écrit le 09/04/2020 à 17:41 :
comme pour la reforme des retraites en un mois ce gouvernement n'a pas encore envisage la sortie du confinement
alors il pare au plus simple c'est a dire le flicage des Français
une méthode dictatorial synonyme dans une démocratie comme notre pays
nous somme dirige par des incompétents
depuis les gilets jaune le refus de dialogue du 1er ministre
montre sa volonté d'imposer sa vision personnel
Réponse de le 10/04/2020 à 11:21 :
Si y a aucun moyen d'éviter des re-contaminations une fois une tentative de déconfinement faite, il faudra attendre qu'un vaccin sûr sorte, sinon y a aucune solution (sûre) permettant de sortir de chez soi, ça recommencera comme avant dès qu'on sortira sans contrainte, malades, morts, saturation des hôpitaux, etc (si 10-15% des gens ont été en contact avec C19 dont certains décédés, il reste 90-85% de gens à contaminer pour voir s'ils résistent ou décèdent, loterie infernale, n'est-il pas ?).
a écrit le 09/04/2020 à 17:29 :
Déjà nous n’avons pas le droit de sortir , de travailler de vivre simplement notre vie , ensuite ils veulent nous traquer comme des «  rats de Laboratoires « ?

Vous êtes fou ou quoi ?

La Chine c’est des communistes, j’ignorais que l’UE avait un béguin pour le «  communisme « 

Si la France oblige ce système, c’est simple je boycotterais internet complètement, télévision , téléphone, Itech , nouveautés

Chacun ses convictions ,

Si la 5G vient , nous aurons une vie infernale pire avec la 6G , notre réel n’existera plus.

Commençons le boycott du mécontentement dès ce soir :

Ne regardez pas M. Macron parler à la télévision
Regardez un «  programme de marionnettes « ...

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