Qui va payer les pots cassés de la nouvelle politique de modération de Meta ? Les associations et entreprises qui luttent contre la haine en ligne s'attendent à une forte augmentation de leur activité après les annonces de Mark Zuckerberg. Le fondateur de Facebook, en pleine « muskisation », assouplit considérablement les règles de modération de ses plateformes au nom de la défense de la « liberté d'expression ».
Mais « ce n'est pas parce que Meta autorise ce type de propos que cela devient légal en France. L'incitation publique à la haine, à la violence ou à la discrimination est un délit », rappelle Mark Pohlmann, président de Point de Contact. Son organisation se charge de catégoriser les contenus illicites du web, puis de les faire remonter aux autorités. En 2024, Point de Contact a traité un peu plus de 40.000 signalements, soit une augmentation de plus de 65% par rapport à l'année 2023.
« On s'attend à ce que le nombre de signalements explose, puisqu'il reviendra aux utilisateurs et aux associations de signaler les contenus qui ne seront plus modérés directement par les plateformes », déplore-t-il. L'association fonctionne par ailleurs avec une équipe réduite, comprenant à peine 2,5 équivalents temps plein.