« Tyran de l'Europe » : l'affrontement continue entre Elon Musk et Thierry Breton
latribune.fr

L'entente cordiale entre Elon Musk et Thierry Breton n'est qu'un lointain souvenir.
Twitter de Thierry Breton, 2022
latribune.fr

L'entente cordiale entre Elon Musk et Thierry Breton n'est qu'un lointain souvenir.
Twitter de Thierry Breton, 2022
Qu'il semble loin le temps où Thierry Breton, alors commissaire européen au Numérique, affichait des photos d'Elon Musk et lui sur son compte Twitter (devenu X). Voilà plus d'un an et demi que le torchon brûle entre les deux hommes, depuis la tentative de Bruxelles d'imposer une régulation aux réseaux sociaux. Mais il s'est enflammé de plus belle depuis quelques semaines et les ingérences de la part du milliardaire américano-sud-africain dans la vie politique européenne.
Elon Musk a qualifié Thierry Breton de « tyran de l'Europe », ce samedi, dans un nouvel échange tendu en ligne entre les deux hommes. C'est le dernier épisode en date d'une joute verbale entamée fin décembre, lorsque le patron de X a exprimé ouvertement son soutien à l'extrême droite allemande. Elon Musk avait estimé dans un message sur son réseau social, que « seule l'AfD peut sauver l'Allemagne », à deux mois des élections législatives du pays. Le commentaire avait suscité un vif émoi en Europe. Thierry Breton avait alors qualifié la remarque « d'ingérence étrangère ».
La querelle s'est ravivée cette semaine à la suite d'une interview de l'ex-commissaire européen à la chaîne BFMTV/RMC, dans laquelle il a déclaré : « Gardons notre sang froid et faisons appliquer nos lois en Europe lorsque celles-ci risquent d'être circonvenues (...). On l'a fait en Roumanie et il faudra évidemment le faire si c'est nécessaire en Allemagne ».
Ce qui lui a valu ce message sur X d'Elon Musk, évoquant « l'absurdité stupéfiante de Thierry Breton en tyran de l'Europe ».
En réponse Thierry Breton a écrit, également sur X : « Tyran de l'Europe ? Ouah ! Mais non @elonmusk : l'UE n'a PAS de mécanisme pour annuler une élection où que ce soit dans l'UE. Pas du tout ce qui est dit dans la vidéo ci-dessous liée uniquement à l'application du DSA (règlement européen sur les services numériques, Ndlr.) et ses obligations de modération. Perdu dans la traduction ...ou une autre fake news ? »
Elon Musk critique régulièrement les réglementations européennes dans le domaine du numérique, accusant Bruxelles de censure. Pourtant, la Commission européenne fait preuve d'une grande passivité face au milliardaire qui multiplie les soutiens à l'AfD, appelle à la démission, et même à l'emprisonnement, du Premier ministre britannique et accuse le gouvernement canadien de corruption avec l'appui de son réseau social X. Et ce, alors même qu'un poste majeur lui est promis dans la future administration américaine du président élu, Donald Trump.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité tech.

Un positionnement anti-régulation qui fait des émules parmi les barons de la tech. Mark Zuckerberg, le patron de Meta, s'est aligné sur cette position, se rapprochant par là-même de Donald Trump, qui retrouvera la Maison Blanche le 20 janvier. Dans une vidéo sidérante, publiée mardi, Mark Zuckerberg a annoncé l'abandon de toute modération rigoureuse des contenus sur les réseaux sociaux de Meta (Facebook, Instagram). Ce qui constitue à la fois un signe d'allégeance à Donald Trump et Elon Musk, mais aussi un ralliement à la croisade du nouveau pouvoir américain contre la régulation de l'Union européenne.
Malgré cette passivité bruxelloise, le DSA est tout de même à l'œuvre en Europe. Se basant sur ce règlement, la Commission européenne a annoncé en décembre l'ouverture d'une enquête contre le réseau social d'origine chinoise, TikTok, accusé d'avoir manqué à ses obligations et ouvert la porte à de possibles manipulations russes dans l'élection présidentielle annulée en Roumanie par la cour constitutionnelle.
De même, le réseau X a été mis en cause formellement en juillet pour plusieurs infractions présumées. Pour chacune d'elles, et faute de mise en conformité, la Commission pourrait infliger à Elon Musk une amende allant jusqu'à 6% du chiffre d'affaires mondial annuel de l'ensemble des entreprises qu'il contrôle, soit plusieurs milliards d'euros.
(Avec AFP)
latribune.fr