Un e-mail de Mark Zuckerberg révèle le rendez-vous raté entre Facebook et la réalité virtuelle

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MArk Zuckerberg souhaitait que son entreprise achète Unity en 2015, mais l'accord ne se fera pas.
MArk Zuckerberg souhaitait que son entreprise achète Unity en 2015, mais l'accord ne se fera pas. (Crédits : Reuters/Stephen Lam)
TechCrunch a publié un email de Mark Zuckerberg, daté de 2015, dans lequel le dirigeant de Facebook expose une vision détaillée et ambitieuse du marché de la réalité virtuelle. Le dirigeant souhaitait acheter la plateforme de développement Unity pour "plusieurs milliards de dollars" et voyait dans la réalité virtuelle et augmentée le futur de Facebook et la prochaine grande révolution de l'informatique.

Pour 3 milliards de dollars, Facebook achetait Oculus VR, qui avait développé un des premiers casques de réalité virtuelle. C'était il y a 5 ans, et depuis, le marché de la réalité virtuelle et augmenté n'a pas récolté le succès espéré. Mais il aurait pu en être autrement. L'auteur Blake Harris, qui travaillait à l'époque sur le virage de l'entreprise de Mark Zuckerberg vers la VR, révèle que Facebook avait considéré l'achat de Unity en 2015, pour développer ce nouveau secteur. Créée en 2005, Unity propose un moteur graphique et une plateforme, très utilisée par les développeurs de jeux vidéo, mais aussi par ceux d'autres secteurs comme l'automobile ou l'architecture. L'entreprise a levé au total plus de 600 millions de dollars et est valorisée à 3 milliards de dollars.

La VR et l'AR, "prochaine révolution majeure de l'informatique"

A l'occasion de la promotion de son livre « the History of the Future », axé sur le conflit autour de l'acquisition d'Oculus, Blake Harris affirme avoir eu accès à plus de 25.000 documents de l'entreprise, parmi lesquels un mail de Mark Zuckerberg, au sujet de l'achat d'Unity. Adressé au CEO d'Oculus et à d'autres dirigeants du groupe, le message daté du 22 juin 2015 détaille la vision du patron de Facebook sur l'avenir de la réalité virtuelle et de la réalité augmentée. Harris a accepté que TechCrunch publie le message en entier sur son site.

Dans son mail, le fondateur du réseau social appuyait fortement le projet d'acquisition d'Unity. Il était prêt à y consacrer "plusieurs milliards de dollars". Et pour cause : Mark Zuckerberg estime alors que la VR et l'AR sont « la prochaine plateforme informatique majeure ». Il évalue à 10 ans leur adoption par le plus grand nombre. L'acquisition d'un acteur majeur du secteur lui apparaît d'autant plus essentielle que Zuckerberg estime Facebook "plus fragile" sur le mobile que Google et Apple, qui disposent de la maîtrise des terminaux avec leur système d'exploitation propriétaire (Android pour Google, iOS pour Apple).

Le patron de Facebook voyait donc le casque de réalité virtuelle comme un terminal à part entière, et faisait de la conquête du standard technologique pour en développer les futures applications, un enjeu crucial pour ne plus être « vulnérable » face à ses concurrents et assurer la pérennité de l'entreprise. Oculus aurait ainsi permis la maîtrise du matériel tandis qu'Unity était le chaînon manquant pour développer les applications nécessaires à l'adoption de la technologie par le plus grand nombre.

Mais tout a fini par dérailler

Le fondateur se projetait alors sur une stratégie long terme : il s'attendait à ce que son entreprise « acquiert une entreprise de réalité augmentée » dans les années suivantes, mais aussi à ce que ponctuellement elle renforce ses équipes en compétence par des rachats de startups de développement d'applications VR.

Mais finalement, le rachat ne s'est pas fait et le futur alternatif dans lequel Facebook a fait de la VR la nouvelle technologie majeure parait bien loin. Après un conflit étalé sur 3 ans avec les co-fondateurs d'Oculus, dont son sulfureux cofondateur Palmer Luckey, Facebook semble avoir revu ses ambitions à la baisse. Seuls deux des créateurs de l'entreprise de VR sont restés. Facebook a finalement produit deux nouvelles déclinaisons de leur technologie : l'Oculus Go (version low cost, déjà en vente) et l'Oculus Quest, qui sortira au printemps 2019.

Quant au marché de la VR, il se recentre autour du jeu vidéo. Certains titres, comme Beat Saber, qui s'est vendu à environ 500000 exemplaires en quelques mois,  (estimations de Steam Spy) se taillent un joli succès. Au troisième trimestre, Oculus a ainsi vendu 491000 casques (Rift et Go), et représente plus de 25% du marché d'après CSS Insight. Mais la dynamique reste à la baisse des ventes, alors que même le jeu « blockbuster » Marvel Powers United VR, n'a pas réussi à lancer le marché. On est donc loin des prévisions de Zuckerberg.

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Commentaires
a écrit le 18/02/2019 à 17:17 :
Ce n'est pas grave : ils ont inventé la virtualité réelle : tout le monde se monte grave le bourrichon sur FesseBouc.
a écrit le 18/02/2019 à 14:18 :
C'est que la technologie VR n'est pas encore au point, il faut des machines surpuissantes et la definition de l'image confine aux mosaiques romaines... Sans compter le champ de vision net, très réduit par rapport aux solutions multi ecran.
a écrit le 18/02/2019 à 14:13 :
J’ai fait le test d’un casque avec un programme personnalisé
Résultat : agréable ...mais je n’ai pas réussit à lâcher complètement
Je pense que ce genre de produit c’est du cas par cas ( ça dépend de la personne qui fait l’essai)
Et pour augmenter la sensation de réalité, le mouvement( réel - fauteuil pivotant ou autres fonctions)devrait être inclus avec le casque , son lumière et images hyper réelles en couleur ( comme du vrai )
a écrit le 18/02/2019 à 12:59 :
C'est pour cela qu'il est indispensable de maitriser toute la ligne de production quand on a un projet ambitieux de la sorte en tête, surtout qu'il en a les moyens de s'industrialiser, laissez la finance faire c'est laisser la médiocrité affligeante faire et donc espérer qu'ils se plantent et que ça fonctionne donc à savoir une attitude aberrante.

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