Volodymyr, le hacker ukrainien qui sabote Moscou entre deux visioconférences

Bogdan Bodnar
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La Tribune / Unplash

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Volodymyr referme son ordinateur après une dernière visioconférence avec New York. Il observe un instant le ciel qui s'éteint lentement derrière sa fenêtre, puis allume une autre machine pour s'adonner à son activité favorite : pirater la Russie. « Ils ont tellement de fuseaux horaires qu'on peut tranquillement les attaquer sur notre temps libre pendant qu'ils dorment encore, là-bas, dans l'est du pays », ironise le jeune hacker. « Un de mes coups favoris ? Mettre en panne tout le système d'un vaste centre commercial dans une ville proche de la Sibérie », ajoute-t-il.
Comme de nombreux jeunes Ukrainiens, Volodymyr travaille à distance pour des entreprises américaines du secteur technologique, séduites par cette main-d'œuvre qualifiée et meilleur marché. À 25 ans, il forme depuis son appartement en Ukraine d'autres employés aux bases de la cybersécurité, avant de se consacrer, une fois la nuit tombée, à l'exploitation discrète de failles dans les réseaux russes.
Cette double vie, ils sont nombreux à la mener dans le pays, tiraillés entre deux impératifs : poursuivre une existence et une carrière tournée vers l'ouest et s'engager, autant que possible, pour la défense de l'Ukraine face au voisin belliqueux de l'est. Volodymyr n'agit pas en solitaire, il fait partie d'un collectif. « Nous sommes une dizaine, tous jeunes, et pour la plupart salariés de sociétés occidentales. On se coordonne pour mener nos opérations », explique-t-il.
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Leur groupe s'est constitué rapidement, par des connaissances de connaissances, peu après l'invasion à grande échelle de l'Ukraine, il y a maintenant trois ans et demi. « À ce moment-là, je venais tout juste de finir mes études de développeur. Je piratais déjà un peu à droite à gauche, j'avais quelques bases », se souvient-il. Volodymyr préfère ne pas trop s'étendre sur cette formation autodidacte. « Je savais m'introduire dans un système, contourner quelques barrières de sécurité, tester si j'avais la main, mais je ne causais pas de torts pour autant », estime-t-il.
Bogdan Bodnar