La tech américaine est-elle en train d’entrer en récession ?
Guillaume Renouard
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BRENDAN MCDERMID
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Accident de parcours ou retournement conjoncturel ? Après deux années exceptionnellement fastes, notamment dues à la pandémie et à la dépendance accrue au numérique qu'elle a entraîné, la tech américaine connaît désormais un spectaculaire coup d'arrêt.
À Wall Street, les cours boursiers de l'industrie dévissent les uns après les autres. Le 9 mai dernier, le Nasdaq clôturait à son plus bas niveau depuis novembre 2020, et près de la moitié des entreprises qui y sont cotées ont perdu 50% de leur valeur. Netflix, Meta et Amazon ont tous vu leur action se déprécier de plus de 30% par rapport au début de l'année. Le S&P 500, lui, est en recul de 13%.
La situation n'est pas plus brillante sur le marché des cryptomonnaies, où 200 milliards de dollars se sont vaporisés sur la seule journée du mercredi 11 mai.
Ces contre-performances boursières font suite à l'annonce de résultats décevants par de nombreux grands acteurs technologiques au premier trimestre 2022. Netflix a vu son nombre d'utilisateurs diminuer pour la première fois en dix ans, tandis qu'Alphabet, Meta et Amazon ont tous annoncé des chiffres d'affaires inférieurs aux prédictions de Wall Street. Seul Apple se distingue, dépassant les attentes des investisseurs malgré des problèmes dans sa chaîne de valeur.
Des acteurs technologiques plus petits, mais prometteurs, connaissent également des déboires en Bourse. C'est le cas de Palantir, l'entreprise de traitement des masses de données créée par Peter Thiel, dont l'action a perdu plus de 20% de sa valeur alors que ses ventes ont moins augmenté qu'aux trimestres précédents. Ou encore de Snowflake, dont l'action s'est dépréciée de 25% en avril.
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Plusieurs entreprises ont d'ores et déjà réagi en appuyant sur la pédale de frein. Uber a promis de réduire ses dépenses, notamment en ralentissant les embauches, en abaissant ses budgets marketing et en limitant les bonus versés aux chauffeurs. Facebook a, pour sa part, annoncé un gel total des embauches jusqu'à nouvel ordre, tandis que l'application de courtage RobinHood prévoit de licencier 9% de sa main-d'œuvre. Thrasio, un agrégateur Amazon, valorisé à plus de cinq milliards de dollars, va quant à lui licencier un cinquième de son personnel et changer de PDG.
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