Le fondateur de Sigfox inquiet d’un éventuel raid sur son groupe

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Ludovic Le Moan, le co-fondateur et patron de Sigfox.
Ludovic Le Moan, le co-fondateur et patron de Sigfox. (Crédits : Rémi Benoit)
Chef de file du pionnier français de l’Internet des objets (IoT), Ludovic Le Moan affirme avoir refusé récemment une offre « de pas loin d’un milliard » d’euros pour son groupe.

Il n'en fait pas mystère : au fil des levées de fonds, Ludovic Le Moan, le co-fondateur et dirigeant de Sigfox, a vu sa participation au capital du groupe largement diluée, au point de ne plus en avoir le contrôle comme à ses débuts. Pour développer le pionnier et champion français de l'Internet des objets, « j'ai fait cinq tours de table », et désormais, « il y a 28 actionnaires », a-t-il indiqué lors d'une « Matinale des travaux publics », organisée à la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) le 25 janvier dernier.

Dans ce contexte, à l'instar de nombreuses startups qui grandissent en ouvrant largement leur capital, Sigfox constitue une proie potentielle pour un groupe prêt à en mettre le prix. « C'est mon angoisse quotidienne », a affirmé Ludovic Le Moan, qui indique avoir « arrêté » il y a peu une offre « de pas loin de 1 milliard » d'euros. Le Pdg a refusé de dévoiler le nom du groupe intéressé. Mais la menace de voir sa société rachetée l'inquiète beaucoup. Une offre à « 1 milliard, on arrive encore à l'arrêter », poursuit-il. « Mais si demain quelqu'un proposait 2 ou 3 milliards, dans l'état actuel du capital de Sigfox, je pense que l'entreprise serait vendue », se projette le patron.

Privilégier les industriels intéressés par la solution

Selon nos informations, la direction de Sigfox souhaite ainsi, dans les mois qui viennent, restructurer le capital du groupe, en privilégiant davantage, dans son actionnariat, des industriels désireux de profiter de sa solution plutôt que par une opération purement financière lors d'une éventuelle vente du groupe. Interrogé à ce sujet par La Tribune, Ludovic Le Moan ne fait pas de commentaire.

Pour rappel, Sigfox a levé près de 280 millions d'euros depuis ses débuts en 2010. Il a notamment empoché quelque 150 millions d'euros lors de son dernier tour de table, en novembre 2016. Aujourd'hui, Sigfox compte des groupes aux profils très variés à son capital. On y trouve la banque publique Bpifrance, les fonds Idinvest Partners et Elliott management, des industriels comme Air Liquide, GDF Suez ou Total, ou encore de gros opérateurs télécoms étrangers comme l'espagnol Telefonica, le japonais NTT Docomo, ou le sud-coréen SK Telecom.

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Commentaires
a écrit le 15/02/2018 à 15:21 :
Ludovic, arrête de flipper, tu vas y arriver. Même si la boite n'a pas la bonne techno et ne fait pas de vrai revenus, que tes cadres démissionnent et que les géants des télécom sont en train de déployer des solutions standardisées qui marchent mieux et partout sur la planète sur leurs réseaux déjà en place, tu peux toujours vendre la société à temps ou la faire entrer en bourse pour toucher des sous si tu fais vite. Pas de vente = pas de sous. Mais tu peux encore le faire. Courage. On te regarde.
a écrit le 14/02/2018 à 15:32 :
le relatif anonymat d'internet pousse de trop nombreux employés de sigfox à se lâcher dans la section commentaires...
a écrit le 13/02/2018 à 23:11 :
Sa boîte va mal, les cadres s'en vont et il veut la vendre 3 milliards...

http://www.lightreading.com/iot/m2m-platforms/sigfox-cio-said-to-be-latest-senior-exec-to-depart/d/d-id/739313
a écrit le 13/02/2018 à 18:15 :
"Une offre à « 1 milliard, on arrive encore à l'arrêter », poursuit-il. « Mais si demain quelqu'un proposait 2 ou 3 milliards, dans l'état actuel du capital de Sigfox, je pense que l'entreprise serait vendue »"

LOL

Et ne me dites pas que vous n'avez pas rigolé vous non plus hein ! :-)
a écrit le 13/02/2018 à 17:32 :
"dans l'état actuel du capital de Sigfox" tout est dit....

encore un qui veut le beurre , l´argent du beurre....

il n ´a pas dit non lorsque les 28 actionnaires lui ont donné l´argent pour qu´il se développe.

donc maintenant, si les actionnaires veulent vendre au plus offrant , il fallait réfléchir avant.

toutefois dans ce milieu, il vaut mieux encaisser et créer ailleurs une nouvelle structure
a écrit le 13/02/2018 à 11:48 :
Il a fixé le prix de vente de sa société entre deux à trois milliards d'euros mais il est très angoissé. A bon entendeur salut.
Réponse de le 13/02/2018 à 13:47 :
J'ai lu exactement la même chose que vous.
Réponse de le 13/02/2018 à 15:04 :
Cela me fait penser aux présidents des clubs de foot. Tel joueur est "intransférable". Sauf bien sûr, si on recevait une offre que l'on ne pourrait pas refuser.
Réponse de le 13/02/2018 à 15:46 :
Pourquoi passer par un article dans La tribune plutôt que par une annonce dans leboncoin, gens de confiance ou Craig's list pour les Anglo-Saxons ?

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