Ligue 1 : DAZN lance des soldes sur ses abonnements
latribune.fr
DAZN a acquis début juillet les droits de retransmission TV de huit matches de L1 par journée pour 400 millions d'euros en moyenne par an, beIN Sports diffusant de son côté une rencontre pour 100 millions d'euros annuels.
La plate-forme de streaming britannique DAZN va lancer mardi une promotion, valable du 10 au 22 septembre, baissant le tarif de son abonnement annuel Ligue 1 avec engagement de 29,99 euros à 19,99 euros par mois.
[Article publié le 9 septembre 2024 à 8h17, mis à jour à 21h45] DAZN a fini par céder à la pression des amateurs de football. Et pour cause, ils sont nombreux à protester contre les prix des abonnements impératifs pour suivre les rencontres de la Ligue 1 de football.
« Nous allons lancer une promotion autour de nos offres, valable du 10 septembre au 22 septembre. Concernant l'offre mensuelle (sans engagement, NDLR) qui est de 39,99 euros, les deux premiers mois vont être à 19,99 euros. Donc moins 50% sur les deux premiers mois. Et nous allons faire une promotion exceptionnelle sur l'offre annuelle qui est aujourd'hui à 29,99 euros (par mois), qui sera de 19,99 euros sur 12 mois », a déclaré à l'AFP Brice Daumin, le PDG de DAZN France.
«Les trois premières journées ont été cruciales pour nous. On a eu zéro bug. On est content de ce démarrage. Les retours des clubs sont positifs. Une première étape a été franchie. Maintenant, c'est important de construire dans la durée, de tirer les enseignements et de faire évoluer le produit», a-t-il ajouté.
La LFP a salué dans un communiqué la décision de DAZN, un « partenaire à l'écoute de notre public et de nos fans dans un contexte économique difficile ». « Cette offre promotionnelle de DAZN va contribuer à démocratiser l'accès à la Ligue 1 et nous travaillons en étroite collaboration avec les équipes de DAZN pour proposer à terme un vrai projet de transformation de l'image de notre championnat », a affirmé le président de la LFP, Vincent Labrune.
A l'issue d'un long feuilleton, DAZN avait acquis début juillet les droits de retransmission TV de huit matches de L1 par journée pour 400 millions d'euros en moyenne par an, beIN Sports diffusant de son côté une rencontre pour 100 millions d'euros annuels.
Enrayer le piratage
Face aux tarifs jugés prohibitifs, au moins 200.000 personnes se sont tournées vers la messagerie Telegram pour regarder le match Le Havre-PSG le 14 août, en ouverture de la saison. Les recherches sur Google concernant l'IPTV, une technologie permettant la diffusion de flux vidéo de haute qualité par Internet grâce à un boîtier branché à la télévision, ont également explosé.
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« Beaucoup d'informations convergentes laissent penser qu'il y a une augmentation du piratage, comme chaque fois qu'il y a une alternance chez les diffuseurs », a confié jeudi la directrice juridique de beIN Sports, Sarah d'Arifat.
«Ça fait quelques semaines qu'on voit le piratage être présenté comme une alternative à DAZN», a déploré Brice Daumin.
« Le piratage, c'est du vol. Derrière, il y a des organisations criminelles et mafieuses. C'est tout un écosystème qui est mis à mal. Ce n'est pas que le problème de DAZN. C'est le problème de tous les ayants droit et des distributeurs de contenu », a-t-il plaidé, assurant que « DAZN n'est pas plus cher que ce qui a pu exister dans le passé. ».
BeIN dénonce les «violences» subies par ses équipes
De son côté, le directeur de l'antenne de beIN Sports, Florent Houzot, a dénoncé jeudi les « violences » subies par ses équipes dans certains stades de Ligue 2 de la part de supporters qui s'opposent à la diffusion de matches le vendredi et non le samedi. « C'est totalement hallucinant, l'image de beIN Sports est salie, dévalorisée, et nos retransmissions de L2 sont dégradées à cause des manifestations de violence », a-t-il regretté, alors que sa chaîne, qui présentait sa rentrée à Saint-Cloud, « investit dans la Ligue 2 depuis ses débuts en 2012 ».
Florent Houzot, également directeur de la rédaction des programmes, a dénoncé « la violence, quand nos commentateurs et nos cadreurs sont agressés avec des lasers pendant 90 minutes, quand on attaque nos moyens techniques comme à Lorient, où on se retrouve avec un car régie immobilisé trois semaines ».
Depuis le début de la saison, des banderoles de protestation ont fleuri en tribunes, plusieurs matches ont été interrompus par des jets de projectiles. Le 24 août à Lorient, des dizaines de supporters cagoulés ont dégradé des cars de télévision devant assurer la diffusion du match contre Grenoble. « Lire une banderole BeIN tue le foot, outre que c'est totalement faux, c'est même l'inverse, franchement c'est limite », a repris Houzot. « On investit 40 millions d'euros par saison. » L'Association nationale des supporters (ANS) et le diffuseur ont entamé le dialogue. « La réunion de la semaine dernière était parfois tendue », a relaté le dirigeant, « on doit se revoir, mais il faut que ce soit dans un climat de sérénité et que les violences cessent ».
Des élections indécises à la Ligue de football professionnel
«Une grande majorité de l'écosystème comprend la case du vendredi. Si on décide que c'est le samedi, ce sera sans beIN Sport, et ce ne sera plus 40 millions d'euros. Le samedi ce n'est pas possible, notre catalogue (de sports à diffuser, NDLR) et très riche», a aussi souligné le directeur de l'antenne.
Florent Houzot a rappelé que « pendant huit ans le multiplex a été le vendredi soir » sur beIN Sports, jusqu'en 2020. C'est Prime Video, la chaîne d'Amazon, qui avait fixé la date du samedi, mais « elle n'a pas souhaité continuer ». C'est dans ce contexte que Vincent Labrune remet mardi son mandat de président de la Ligue de football professionnel en jeu lors de l'Assemblée générale où son duel avec Cyril Linette, ancien directeur général du PMU, pourrait s'avérer plus indécis que prévu.