James Murdoch va-t-il être le prochain domino à tomber ?

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Le fils de Rupert Murdoch est pressé par certains actionnaires de BSkyB de quitter la présidence du groupe, par peur d'une "contagion" de l'affaire des écoutes téléphoniques.

Après l'audition parlementaire, place au conseil d'administration de BSkyB pour James Murdoch, dont il est le président. Les administrateurs du bouquet satellitaire britannique se réunissent, ce jeudi, pour approuver des comptes qui devraient afficher des résultats presque aussi bons que l'année dernière (au-delà du milliard de livres).

C'était justement pour mettre la main sur ces bénéfices florissants que News Corp, le conglomérat médiatique de Rupert Murdoch, voulait racheter les 61% de BSkyB qu'il ne possédait pas pour en prendre le contrôle total. Une opération sabordée par l'affaire des écoutes téléphoniques, qui a déjà entraîné la fermeture de l'hebdomadaire "News of the World" et la mise sous les verrous de dix personnalités, dont l'ancien directeur de la communication de David Cameron et ex-rédacteur en chef du tabloïd.

Or, James Murdoch cumule les fonctions. Numéro 3 de News Corp, il dirige aussi l'ensemble des activités en Europe et en Asie du groupe familial. Reuters rapporte que le cabinet de conseil aux actionnaires PIRC a relayé le message de certains actionnaires, qui jugent sévèrement la posture de James Murdoch, après trois semaines de crise : "Le risque de contagion est énorme. Et comment, en réalité, peut-on attendre de quelqu'un qui affronte les défis de toutes parts, une concentration suffisante pour diriger une entreprise du FTSE 100 (indice boursier londonien des 100 plus grosses capitalisations) ?" s'interroge PIRC.

L'action de BSkyB a fondu de 17%, tout comme la capitalisation boursière depuis le 4 juillet. De 14,9 milliards de livres, elle n'est plus "que" de 12,5 milliards de livres ( 14,28 milliards d'euros) au 28 juillet.

A l'abri d'une éviction, pour l'instant

En plus de ses occupations diverses dans le groupe, certaines accusent James Murdoch d'avoir menti lors de son audition par les parlementaires britanniques. Oui, il aurait été au courant de ces pratiques d'écoutes illégales, ont affirmé la semaine dernière deux anciens cadres de News of the World. Cependant, James Murdoch reste, jusque-là, à l'abri d'une éviction, tant que le fonds Odey Asset Management, autre influent actionnaire de BSkyB, le soutient.

L'affaire a d'une certaine façon déjà rejailli sur la gouvernance du groupe, puisque se pose désormais la question de la distribution des dividendes. Le conseil d'administration se verrait bien verser un dividende exceptionnel une fois les résultats publiés vendredi. Mais plusieurs analystes pointent du doigt les conséquences d'une telle décision. Ce serait en effet faire un joli cadeau à News Corp, qui détient 39% de BSkyB, et aux Murdoch père et fils, alors que l'opinion publique et le gouvernement sont vent debout contre le groupe de presse du magnat australo-américain.

Depuis les révélations effectuées par The Guardian le 4 juillet sur les pratiques journalistiques condamnables de News of The World, les événements se sont enchaînés. Depuis la chute de Rebekah Brooks, ex-directrice de News International (branche britannique de News Corp) et ex-rédactrice en chef de News of the World, l'héritier Murdoch est vulnérable. Il se trouve juste au-dessus dans la hiérarchie du groupe.

Mise à jour : 18h28 - James Murdoch reste président du bouquet satellitaire BSkyB (AFP)

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