Le marché de la musique en ligne est à peine à l'équilibre

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Les offres sont globalement déficitaires, selon une étude qui sera présentée par l'Hadopi la semaine prochaine. Les producteurs sortent la tête de l'eau.

La musique en ligne n'est pas encore un eldorado capable de faire vivre à la fois les artistes, les distributeurs et les producteurs. Telle est la principale conclusion de la mission de suivi des "13 engagements pour la musique en ligne", commandée par l'Hadopi, qui doit être présentée la semaine prochaine. "Le secteur de la musique entregistrée en ligne atteint tout juste l'équilibre et ne constitue pas encore un relais de croissance pour soutenir l'activité des producteurs et enrayer la baisse des investissements sur le répertoire local", tranche l'étude.

Tous les acteurs de la filière ne sont pas logés à la même enseigne, que ce soit en terme de recettes ou de rentablité. Dans leur ensemble, les éditeurs de services en ligne, qu'il s'agisse de sites de streaming, comme Deezer ou Spotify, de boutiques en ligne comme VirginMega ou des plateformes de vidéo comme YouTube ou Dailymotion, génèrent 141 millions d'euros de chiffre d'affaires, mais perdent 4,8 millions d'euros.

La faute à une taille de marché insuffisante qui rend difficile l'absoption des coûts fixes pour ceux qui ne s'adressent qu'au marché local et aux producteurs qui exigent de forts niveaux de rémunération. L'étude pointe ainsi «des tensions sur la rémunération du répertoire». A noter, de grandes différences entre les services.

Ainsi, les offres de téléchargement payantes situées ailleurs qu'en France (comme iTunes, dont le siège est au Luxembourg), qui sont soumis à une TVA de 6%, enregistrent un chiffre d'affaires de 57 millions d'euros et sont bénéficiaires.

En revanche, les plateformes installées sur le territoire, qui payent une TVA de 19,6 %, sont déficitaires. Les plates-formes de streaming gratuites sont également dans le rouge à 3,8 millions d'euros.

Même chose pour les services payants de streaming payants par abonnement, qui génèrent 6,3 millions d'euros de recettes, mais perdent de l'argent. La situation devrait s'améliorer à mesure que le marché se développe.

La tête hors de l'eau

Si les distributeurs ont des difficultés, les producteurs/éditeurs/distributeurs, autrement dit les grandes majors du disque que sont Universal Music Group (Vivendi), Sony Music et EMI, et les indépendants (Atmosphériques, Pias...) sortent la tête de l'eau.

Ils ponctionnent en effet 79 millions d'euros de revenus, soit plus de la moitié des recettes globales de la musique en ligne. Ce qui leur permet d'être légèrement rentables avec un résultat de 4,6 millions d'euros.

Pour l'avenir, l'étude suggère "une diversification des offres", afin notamment de toucher de nouveaux clients.

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Commentaires
a écrit le 28/01/2012 à 8:16 :
L'ensemble de la branche musicale à avec son obcession de piratage fini par convaincre une partie des "mélomanes" de se désintérreser de la musique payante.
Depuis la loi politique pour faire plaisir aux amis de nos politiciens , la fameuse Hadopi , alors que je ne téléchargeais pas, j'ai décidé de ne plus faire un achat au début cela était un peu difficile puis avec le temps j'ai changé mes habitudes et je me porte bien avec un gros pied de nez aux politiciens qui comme toujours freinent la liberté pour le plaisir de lobbies. Merci Hadopi et gros pieds de nez aux majors et autres gros"bonnets" qui veulent se gaver, ce qui est dommage dans cette affaire ceux qui veulent se lancer en font les frais.

a écrit le 20/01/2012 à 16:51 :
Il faudrait d'abord s'entendre sur le concept de "création musicale". Pour avoir entendu par inadvertance ce qui est diffusé par les radios périphériques, la création musicale est d'une nullité affligeante. Un battement de boîte à rythme, un fond sonore répétitif indigent et un bellâtre où une cagole au "chant". Enfin au chant... Et le pire est de regarder les "clips" qui vont avec. Aucun ne serait capable de chanter en direct avec un vrai orchestre sur une scène. Bande son et play-back obligatoire. Bashung est mort, je suis retourné voir une dernière fois Hubert Félix Thiéfaine. Un vrai plaisir, ne télécharger plus, n'achetez plus de la musique de m... Allez voir et écouter les artistes sur scène. 2Heures de bonheur valent mieux que des centaines d'heures de bruit.
a écrit le 20/01/2012 à 14:24 :
On vend la chanson dématérialisée au même prix que sur CD et on s'étonne du peu de succès et du maintien du piratage...Mais ils ont appris quoi ces gens dans leurs écoles de commerce ??? Et en plsu ils ont le soutien de l'Etat ? C'est qu'on en apprend pas plus à l'ENA...
a écrit le 20/01/2012 à 12:55 :
tout juste à l'équilibre, c'est déjà pas mal par les temps qui courent.
La cour des comptes ferait bien de s'intéresser au système tentaculaire de la sacem qui ne distribue que des miettes aux artistes.
Réponse de le 20/01/2012 à 13:29 :
"système tentaculaire de la sacem qui ne distribue que des miettes aux artistes. "

Comment pouvez-vous affirmer cela ? Sans la SACEM bcp d'artistes ne toucheraient rien.
Réponse de le 20/01/2012 à 14:03 :
ils n'ont qu'a faire comme a l'epoque...des concerts ! ! !
Réponse de le 20/01/2012 à 15:09 :
@newDeal: ce n'est pas moi qui l'invente, avec votre navigateur préféré, sélectionné sacem cour des comptes, vous aurez un aperçu.
Réponse de le 20/01/2012 à 15:37 :
@Miletis, la cour des comptes a en partie raison mais de là à dire que c'est à cause de la SACEM que les artistes ne reçoivent plus grand chose c'est une erreur croyez moi ! Je suis assez d'accord avec le commentaire de @GabAtmo sur la répartition du 1 euro , cherchez plutôt de ce côté là, y'a sûrement d'autres pistes à explorer pour les artistes pour gagner plus.
Réponse de le 20/01/2012 à 16:09 :
@newDeal: sacem galaxie, sans commentaire
Réponse de le 20/01/2012 à 18:34 :
Serait-il utile de rappeler que la SACEM gère les droits d'auteurs, compositeurs et éditeurs... Ceci ne constitue aucunement la totalité des revenus des artistes, certains artistes n'étant aucun de ces 3... Ne mélanchons pas tout ;-)
a écrit le 20/01/2012 à 12:07 :
J'ai lu l'autre jour (sais plus où sur internet) que c'était reparti aux USA, ils ont tout simplement baissé les prix. C'est tout bête le commerce, finalement....
a écrit le 20/01/2012 à 12:04 :
Tout ce qui vient de l'hadopi n'est pas fiable car c'est une agence gouvernementale pour ne pas dire élyséenne.
a écrit le 20/01/2012 à 11:27 :
Il faut juste baisser les prix et engraisser moins les producteurs et artistes... Mais aussi faire plus de concerts.
a écrit le 20/01/2012 à 11:09 :
Music, music, mais quelle music ????? La liberté, quelle liberté ????

Réponse de le 20/01/2012 à 11:25 :
C'est "musique"
a écrit le 20/01/2012 à 9:39 :
Bien sûr que les artistes touchent sur les ventes digitales. En revanche, avec les abattements, ils ne gagnent que 0,0009€ par titre. Alors 1€ le titre, finalement, c'est peu cher payé lorsque l'on sait que ce pauvre euro est dispatché entre producteurs, réalisateurs, éditeurs de contenus, etc. Et, tout au bas de la chaîne... L'artiste.
a écrit le 20/01/2012 à 8:34 :
Et à quoi servent ces "plateformes" de téléchargements? Les artistes peuvent très bien commercialiser leurs oeuvres directement sur la toile(sur leur site),et se faire payer par Paypal.
Réponse de le 22/01/2012 à 7:31 :
exactement.ce serait le bon sens.mais voila :une maison de disque a le pouvoir de faire diffuser et de promouvoir sur des radios "amies"
a écrit le 20/01/2012 à 7:43 :
'l'étude suggère "une diversification des offres"'
Une révolution !! L'offre électronique devrait être "universelle", sinon en quoi ça se différencie des galettes dans un tiroir ? Si les CD qu'on ne trouve pas chez les marchands web ne se trouvent pas non plus en dématérialisé, c'est perdu.
Je ne sais pas si ça a évolué mais 1 euro le morceau, bof. Trop cher. Il faut gérer les fichiers, éviter de les perdre (informatique = fragile).
J'avais lu quelque part, mais j'espère que c'est faux, que les artistes n'avaient dans leur contrat que la vente des CD physiques, et que la vente en ligne allait aux majors mais pas du tout aux artistes. Ça a peut-être changé, sinon, c'est plutôt anormal, donc à éviter. Les majors sont les "banques" des artistes, mais bon.......
a écrit le 20/01/2012 à 7:32 :
"Si les distributeurs ont des difficultés, les producteurs/éditeurs/distributeurs, autrement dit les grandes majors du disque que sont Universal Music Group (Vivendi), Sony Music et EMI, et les indépendants (Atmosphériques, Pias...) sortent la tête de l'eau.

Ils ponctionnent en effet 79 millions d'euros de revenus, soit plus de la moitié des recettes globales de la musique en ligne. Ce qui leur permet d'être légèrement rentables avec un résultat de 4,6 millions d'euros."

Et on se demande pourquoi le marché de l'offre légale ne décolle pas.

Il est vrai que vendre à prix d'or des albums amortis depuis plusieurs années, voire des décennies, je prendrais comme exemple la réédition de Pink Floyd en remasterisé récemment est l'avenir de la musique.

Sinon, j'achete de la musique, oui, mais directement aux auteurs, sans passer par des intermédiaires qui "parasitent" les revenus versés. Et cela permet de faire des découvertes qui constituent environ 1/3 de ma CDthèque de... 300 CDs...

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