Production : France Télévisions veut le même régime que M6 et TF1
Sandrine Cassini
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Rémy Pflimlin en avait fait un argument de communication fort lors de la dernière conférence de rentrée début septembre 2011. France Télévisions, déjà premier investisseur de la création audiovisuelle française largement devant les autres chaînes privées, allait encore accroître les budgets. A partir de 2012, le groupe a promis de dépenser au moins 420 millions d'euros dans les « ?uvres patrimoniales », qui incluent la fiction, le documentaire de création, l'animation et le spectacle vivant. Soit environ 20 millions d'euros de plus sur un an.
Un réaménagement des accords
Six mois après cette promesse, inscrite dans le marbre au moment de la négociation du contrat d'objectifs et de moyens, Rémy Pflimlin tente d'assouplir ses obligations, et surtout de bénéficier des mêmes règles que M6 et TF1. Le PDG de France Télévisions a pris la plume le 17 février dernier pour écrire à Pascal Rogard, le directeur général de la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques (SACD) et lui demander un réaménagement des accords. « Les accord conclus avec les ayants droit par des chaînes de télévision privées leurs sont plus favorables que l'accord signé avec France Télévisions, alors que les investissements de cette dernières dans les ?uvres sont largement supérieurs à ceux réalisés par les diffuseurs privés », écrit-il dans ce courrier que La Tribune s'est procuré.
M6 et TF1 avantagés
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De fait, France Télévisions est censé investir « au moins 20% de son chiffre d'affaires à partir de 2012 », et « 420 millions d'euros [...] à partir de 2012 et jusqu'en 2015, un niveau jamais atteint jusqu'alors », rappelle Rémy Pflimlin. En comparaison, TF1, qui doit 12,5% de son chiffre d'affaires publicitaire net à la création, était censé investir 176 millions d'euros en 2010. De son côté, M6, dont l'obligation d'investissement a été établie à 10,5% des recettes publicitaires, devait 56 millions d'euros la même année. Outre des taux plus favorables, les deux chaînes privées bénéficient également de la possibilité d'inclure dans leurs quotas certaines dépenses, comme le financement des festivals ou la promotion des ?uvres hors antenne. A chaque fois dans une limite de 0,5% de leur obligation. Ce sont ces conditions dont voudrait bénéficier France Télévisions.
Sandrine Cassini