En forte croissance, eBuzzing part à la conquête de l'Amérique

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La start up spécialisée dans la publicité vidéo a enregistré une hausse de 79% l'an passé à 52 millions de dollars. Après l'Europe, elle espère s'implanter aux New York. Un développement coûteux qui l'oblige à s'endetter.

Comment montrer que l'on vise le marché américain ? Tout d'abord communiquer en dollars et non plus en euros, même si l'on vient à peine d'ouvrir un bureau à New York. C'est la stratégie adoptée par eBuzzing, start up française créée par Pierre Chappaz, qui dévoile ce matin ses (bons) chiffres de l'année 2012. L'an passé, la société, connue un temps sous le nom de Wikio et spécialisée dans la vente d'espaces publicitaires vidéo sur Internet, a enregistré un chiffre d'affaires en hausse de 79% à 52 millions de dollars (38 millions d'euros), une croissance essentiellement « organique », assure Frédéric Montagnon, co-fondateur de la société. eBuzzing, qui emploie 200 personnes, était à l'équilibre en 2012, malgré d'importants investissements.

La course à la taille aux parts de marché aux Etats-Unis
«Si nous parlons en dollars, c'est que nous nous comparons avec des sociétés qui s'expriment en dollars, comme GoViral (AOL) ou Unruly Media, un groupe indépendant», précise Frédéric Montagnon. Après l'Europe, où une dizaine de bureaux a été ouvert, eBuzzing se lance à la conquête du marché américain. Une petite cellule de 5 personnes installée dans Chelsea, à Manhattan et dirigée par Frédéric Montagnon, a déjà lancé Overblog, la plateforme de blog d'eBuzzing, mais s'apprête surtout à commercialiser l'offre de pub vidéos.

Pourquoi vouloir si vite se développer aux Etats-Unis? Parce que «dans le numérique il faut être partout. Ce qui est valorisé, ce sont les économies d'échelle. Et puis, nous travaillons pour des marques globales comme Adidas, Heineken et L'Oréal. Il est important de pouvoir assurer des lancements de produits mondiaux», explique Frédéric Montagnon. A l'heure où le marché américain de la vidéo publicitaire est encore très fragmenté, il est capital de prendre très vite des positions.

Un gros prêt pour financer le développement
Mais ce développement coûte cher, et eBuzzing, qui avait levé 17 millions d'euros en août 2011, a déjà dû faire un important emprunt bancaire pour assurer son développement. Il faut dire qu'il a dû sortir un peu plus de 10 millions d'euros en cash (autant en actions) pour mettre la main sur BeeAd il y a un peu plus d'un an. Pour l'avenir, la société n'exclut ni augmentation de capital, ni introduction en Bourse. «Ce serait un mouvement naturel, mais nous sommes pragmatiques», précise le co-fondateur. Déjà l'an passé, la société avait songé à lever des fonds.

Overblog a généré 4 millions de dollars
Autre pan de l'activité d'eBuzzing, Overblog, la plateforme de blogs, dont la technologie a été entièrement rénovée l'an passé. «L'accueil a été bon», assure Frédéric Montagnon, qui vise les 50 millions de visiteurs uniques mensuels d'ici un an, contre 35 millions aujourd'hui. Mais cette activité ne génère que 4 millions de dollars de chiffre d'affaires, soit seulement 7,6% des revenus nets. Quel est l'intérêt pour eBuzzing? «Nous sommes dans une course à l'audience. Sur Internet, un tout petit nombre de plateformes attire l'essentiel des utilisateurs, c'est donc intéressant de réussir à avoir sa propre plateforme», justifie Frédéric Montagnon.  
 

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